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Après la naissance : prendre vos congés et trouver votre place

Vous allez devenir père : la naissance bouleverse votre vie, votre couple et la place que vous occupez. Comment trouver et garder votre place auprès de votre enfant ?

Comment trouver et garder votre place auprès de votre enfant ? En quoi vos congés sont-ils un temps précieux pour la construire et pour soutenir la maman ? Et que faire si, après l’accouchement, le mal-être s’installe ? Cette page réunit l’essentiel : trouver sa place de père, les congés auxquels vous avez droit, l’équilibre du couple et la dépression post-partum qui peut, elle aussi, toucher les pères.

Homme tenant un nouveau-né emmailloté

Trouver sa place de père

La place du père ne va pas de soi. Pendant neuf mois, la mère et le bébé ont tissé un lien très fort ; à la naissance, certains pères ont pu déjà développer une relation avec leur enfant in utero, d’autres peuvent se sentir spectateurs, voire exclus du duo mère-enfant. Ce sentiment est fréquent et ne remet pas en cause votre rôle, qui est essentiel pour l’enfant comme pour l’équilibre de la famille. La bonne nouvelle, c’est que cette place se construit, jour après jour, par des gestes concrets.

Quelques repères concrets pour prendre votre place :

  • le peau à peau et le portage
    blotti contre vous, le bébé se sent rassuré et votre lien se renforce, en complément de la relation qu’il développe avec sa maman, parfois privilégiée du fait de l’allaitement naturel éventuel
  • les soins du quotidien
    le bain, le change, l’habillage, l’endormissement sont autant d’occasions de vous rendre présent et utile
  • vos propres rituels 
    une berceuse, une histoire, une ballade : votre bébé apprécie très tôt une relation toute particulière avec vous, unique, et différente de celle qu’il a avec sa maman
  • la communication dans le couple
    dire ce que vous ressentez, vous répartir les tâches et les nuits, pour que tout ne repose pas sur l’un de vous : un équilibre peut alors se mettre en place peu à peu
  • le lâcher-prise, des deux côtés
    accepter que chacun fasse à sa façon, sans chercher par exemple à faire forcément « comme la maman »

Prendre cette place demande surtout du temps de présence. C’est précisément ce que permettent les congés liés à la naissance.

Les congés, un temps pour prendre sa place

Les congés liés à la naissance ne sont pas qu’une formalité : ils vous offrent le temps de vous installer dans votre rôle, de créer le lien avec votre enfant et d’épauler la mère pendant les premières semaines. Voici les quatre dispositifs auxquels vous pouvez prétendre.

Le congé de naissance

Ce congé de naissance de 3 jours ouvrables est à prendre dès le jour de la naissance ou dès le premier jour ouvrable qui suit la naissance (le lundi qui suit la naissance si elle a lieu un dimanche, par exemple) — article L.3142-1 du code du Travail. Il est payé intégralement par votre employeur, comme si les 3 jours avaient été travaillés ; vous devrez lui remettre, comme justificatif, une copie de l’acte de naissance de votre enfant. Il est obligatoire : vous n’avez pas le droit de travailler pendant cette période.

Le congé de paternité

En France, le congé de paternité et d’accueil de l’enfant est ouvert au père de l’enfant, mais également, dans certaines situations, à la personne vivant maritalement avec la mère (conjoint, partenaire de PACS ou concubin). Il peut être pris à l’occasion de la naissance d’un enfant, quelle que soit la situation familiale des parents. Ce congé s’ajoute au congé de naissance de trois jours ouvrables rémunéré par l’employeur.

La durée du congé de paternité est de 25 jours calendaires pour la naissance d’un enfant et de 32 jours calendaires en cas de naissances multiples. Une partie de ce congé est obligatoire : les quatre premiers jours, qui doivent être pris immédiatement à la suite du congé de naissance. Le reste du congé peut être pris en une ou deux périodes distinctes dans les six mois suivant la naissance de l’enfant.

Pour en bénéficier, le salarié doit informer son employeur au moins un mois avant la date de début souhaitée, en précisant les dates de prise du congé. Pendant cette période, le contrat de travail est suspendu. Sous certaines conditions d’affiliation et d’activité, le parent peut percevoir des indemnités journalières versées par l’Assurance Maladie afin de compenser la perte de salaire. Il est possible d’évaluer ces indemnités grâce au simulateur du site ameli.fr.

Le congé de paternité est un droit protégé par la loi. L’employeur ne peut pas s’opposer à sa prise dès lors que les conditions légales sont respectées. Ce dispositif vise à favoriser l’implication des pères dès les premiers jours de la vie de l’enfant et à permettre aux familles de vivre plus sereinement l’arrivée d’un nouveau-né.

Le congé supplémentaire de naissance

Pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2026, le père comme la mère de l’enfant disposent à partir du 1er juillet 2026 d’un nouveau congé, dit congé supplémentaire de naissance, de 1 ou 2 mois, à prendre dans les 9 mois après la naissance. Plus d’informations sur la durée du congé supplémentaire de naissance, le délai de notification et son indemnisation partielle.

Congé parental

Pour les pères et mères qui ne souhaitent pas reprendre le travail directement à l’issue des congés maternité, paternité ou supplémentaire de naissance, il est possible de prendre un congé parental non indemnisé, mais ouvrant droit sous conditions à certaines aides.

Préserver l’équilibre du couple

L’arrivée d’un enfant rebat les cartes au sein du couple. Fatigue, nuits hachées, nouvelle organisation, baisse de l’intimité : autant de bouleversements qui, faute de dialogue, peuvent créer des tensions. Préserver votre relation, c’est aussi protéger votre place de père et le bien-être de toute la famille.

  • se parler vraiment
    avoir le souci d’exprimer ses doutes et sa fatigue plutôt que de les garder pour soi et être à l’écoute de ce que son conjoint peut avoir à partager et à déposer de ce qu’il vit peut aider à mieux se comprendre
  • répartir la charge
    nuits, soins, tâches du quotidien et charge mentale, un équilibre peut se trouver à deux peu à peu
  • ne pas reléguer le père au second plan
    si l’attention de l’entourage se concentre souvent sur la mère et l’enfant, le père a, lui aussi, besoin d’être soutenu et reconnu
  • retrouver son intimité pas à pas 
    la sexualité et le désir peuvent évoluer après la naissance : une communication bienveillante et respectueuse du rythme de chacun peut favoriser le retour de l’intimité et renforcer la complicité au sein du couple

Quand ces difficultés s’installent et que le mal-être domine, il peut s’agir de bien plus qu’une fatigue passagère.

La dépression post partum chez le père

L’arrivée d’un enfant est souvent décrite comme un moment de bonheur intense. Pourtant, cette période peut aussi être source de bouleversements émotionnels importants, y compris pour les pères. Longtemps ignorée ou minimisée, la dépression post-partum chez l’homme est aujourd’hui de mieux en mieux reconnue par les professionnels de santé. Contrairement aux idées reçues, les troubles psychiques liés à la naissance de l’enfant ne concernent pas uniquement les mères : on estime qu’environ un père sur dix traverse un épisode dépressif au cours de la première année de l’enfant.

Comprendre cette réalité permet de mieux accompagner les pères, de repérer les signes précoces et de favoriser une prise en charge adaptée, essentielle pour le bien-être de toute la famille.

À la différence du baby blues — passager et fréquent dans les jours qui suivent la naissance —, la dépression post-partum du père s’installe dans la durée et apparaît souvent plus tardivement, avec un pic fréquemment observé entre le troisième et le sixième mois après l’arrivée du bébé.

La dépression post-partum masculine peut se manifester par une irritabilité accrue, une perte d’intérêt pour les activités habituelles, un sentiment d’isolement, une difficulté à créer un lien avec l’enfant ou le sentiment d’être exclu de la relation mère-enfant. Certains pères peuvent également présenter des troubles du sommeil, une fatigue intense, une baisse de l’estime de soi ou des comportements d’évitement.

Chez l’homme, la naissance d’un enfant se traduit par des changements profonds : nouvelles responsabilités, fatigue liée au manque de sommeil, modification de la vie de couple, pression sociale parfois ressentie liée au rôle de père (stéréotypes de l’image du père fort et protecteur). Ces facteurs peuvent fragiliser l’équilibre émotionnel, surtout chez les hommes présentant déjà des facteurs de risque — notamment des antécédents dépressifs ou une dépression post-partum chez la mère, qui constitue l’un des principaux facteurs de risque pour le père.

Les hommes peuvent éprouver des difficultés à exprimer leur mal-être et à demander de l’aide, d’autant qu’ils ne sont pas toujours interrogés par un professionnel de santé dans le parcours de soins périnatal et que l’attention de l’entourage est souvent dirigée essentiellement vers la mère.

Demander de l’aide et du soutien

Il est important de ne pas rester seul face à ces difficultés si elles s’installent dans les premières semaines et premiers mois qui suivent la grossesse. Votre entourage peut vous aider à mettre des mots sur ce que vous ressentez, et vous apporter un soutien concret au quotidien ; un accompagnement psychologique individuel ou en couple pourra également être adapté à votre situation. Pensez au dispositif « Mon soutien psy » qui offre la possibilité d’un entretien d’évaluation puis de 11 séances de suivi psychologique aux personnes souffrant de troubles psychiques orientées par leur médecin traitant ou prenant d’elle-même rendez-vous avec un psychologue référencé par l’Assurance Maladie.

Bénéficier d’une écoute bienveillante et confidentielle peut aider certains hommes à déposer ce qu’ils vivent et ressentent pour trouver la force de poursuivre ce nouveau chemin qui s’ouvre. Le service d’écoute SOS Bébé vous offre cet espace confidentiel et gratuit d’écoute par mail, par tchat ou par téléphone.

Questions fréquentes

  • t

    Un père peut-il faire une dépression post-partum ?

    Oui. La dépression post-partum ne touche pas que les mères : on estime qu’environ un père sur dix est concerné au cours de la première année de l’enfant. Elle apparaît souvent plus tardivement que chez la mère, avec un pic fréquent entre le 3e et le 6e mois après la naissance, et nécessite une prise en charge adaptée.

  • t

    Quels sont les symptômes de la dépression post-partum chez l’homme ?

    Irritabilité, perte d’intérêt pour les activités habituelles, sentiment d’isolement ou d’exclusion, difficulté à créer un lien avec l’enfant, troubles du sommeil, fatigue intense, baisse de l’estime de soi et comportements d’évitement. Contrairement au baby blues, passager, ces signes s’installent dans la durée.

  • t

    Quelle est la durée du congé de paternité en 2026 ?

    Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant est de 25 jours calendaires pour une naissance, et de 32 jours en cas de naissances multiples. Il s’ajoute au congé de naissance de 3 jours ouvrables. Les 4 premiers jours sont obligatoires et se prennent juste après le congé de naissance ; le reste peut être pris en une ou deux fois dans les six mois.

  • t

    Qu’est-ce que le congé supplémentaire de naissance ?

    Pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2026, le père comme la mère peuvent bénéficier à partir du 1er juillet 2026, d’un nouveau congé supplémentaire de naissance de 1 ou 2 mois, à prendre dans les 9 mois suivant la naissance, avec une indemnisation partielle.

  • t

    Comment un père peut-il trouver sa place après la naissance ?

    En étant présent au quotidien : peau à peau, bain, change, endormissement, rituels qui lui sont propres. Prendre ses congés, communiquer au sein du couple et accepter de faire à sa manière aident à construire un lien fort avec l’enfant et à s’installer sereinement dans son rôle de père.

  • t

    Comment aider un papa qui ne va pas bien après la naissance ?

    Ne pas le laisser seul, l’écouter sans le juger, l’encourager à mettre des mots sur son mal-être et à consulter un professionnel si les difficultés s’installent. Un accompagnement psychologique, individuel ou en couple, peut aider. Le service d’écoute SOS Bébé propose un espace confidentiel et gratuit, par mail, par tchat ou par téléphone.

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