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Avorter ou non : prendre le temps de réfléchir

Bonjour à tous, et merci de lire mon témoignage.
Si certaines d’entre vous sont ici car elles ont un choix à faire, avorter ou non, prenez le temps de réfléchir… Pesez le pour et le contre, envisagez toutes les solutions, pour ne pas avoir à le regretter…

Dans un 1 mois et 2 jours, mon bébé aurait du être là, contre moi… Il respirerait pour la première fois, prêt à vivre sa vie, à recevoir tout mon amour… Si seulement je pouvais revenir en arrière, et ne jamais prendre cette décision…

Le jour de mes 20 ans je me rends compte que j’ai une semaine de retard de règles, je sais au fond de moi que je suis enceinte. Je suis étudiante, ce n’était pas sérieux avec le père, mes parents n’accepteront jamais ça… Je fais quelques recherches sur le net le soir, pour moi ce sera l’avortement si le test est positif.
(En y repensant, j’avais soigneusement évité tous les témoignages négatifs sur l’IVG). Mais à ce moment là, ça me parait tellement simple d’avorter! Anonymement, gratuitement, si ça c’est pas la solution idéale !

Le lendemain matin, je passe à la pharmacie acheter un test de grossesse. Quand les deux barres apparaissent j’ai l’impression de rêver, ce n’est pas à moi que ça arrive…
Mais si, j’ai vraiment un bébé à l’intérieur de moi, mon enfant… Le monde s’écroule autour de moi… Je m’imagine déjà avec lui, mais je reviens à la réalité : ça ne change rien à ma situation financière. Je préviens le père, pour lui il est hors de question de le garder.

J’ai pris rendez-vous pour dans 2 semaines à l’hôpital, en attendant je me fais à l’idée de porter la vie. Machinalement, je mange mieux, je ne fume plus, je surveille la partie « Grossesse et Allaitement » sur les notices des médicaments… Mais je pense que le mieux reste d’avorter, je ne pourrais pas lui offrir ce dont il a besoin, je dois d’abord aller au bout de mes études, même si j’ai déjà des diplômes et donc du travail potentiel… Mais c’est pas l’idée que je me faisais de ma vie …

Le rendez-vous arrive, je peux enfin te voir mon bébé, on me montre ton cœur qui bat déjà, tu es à peine arrivé ! J’ai une boule au ventre en sachant qu’on va bientôt se quitter, mais dans ma tête ce sera comme ça.

Seuls ton papa et quelques amis savent que tu es là, ils tiennent tous le même discours : je fais le bon choix, je ne pourrais pas t’élever convenablement. Je commence à avoir quelques doutes…

Beaucoup de filles ont des enfants très jeunes, pourquoi pas moi?

Après tout, c’est toujours ceux qui n’ont jamais été dans cette situation qui donne des conseils… Comment peut-on savoir ce qu’on ferait si on a jamais ressenti ce que c’est que de porter la vie ?!

Deuxième visite à l’hôpital pour prendre les médicaments qui arrêteront la grossesse, la gynéco me demande si je suis toujours sûre de moi, j’ai toujours su mentir…

10 Avril… le jour J… Le jour où je vais faire la plus grosse erreur de ma p’tite vie… J’y vais seule, pas un seul SMS de soutien de mes amis ou du père, je me sens tellement mal… Je reste la journée à l’hôpital, les sages femmes attendent que je t' »expulse ».

En rentrant chez moi, je me sens terriblement vide, le père me propose de venir, je refuse, je lui en veux. Mais c’est fini, maintenant il faut oublier et reprendre sa vie d’avant.

Je doute de pouvoir la retrouver un jour… Trois jours après avoir avorter je n’ai plus ce fameux sentiment de soulagement ressenti en sortant de l’hôpital, je me sens juste coupable, pleine de regrets, depuis 6 mois. Je n’avance plus dans ma vie, les jours passent, lentement, et moi je les compte… J’aurais du me battre pour mon enfant, c’est le rôle d’une mère. J’aurais pu y arriver, et même si ça n’aurait pas été facile tous les jours, la douleur qu’il faut porter chaque matin n’est pas une partie de plaisir! Il y avait tellement d’autres solutions plutôt que d’avorter… Mais je ne me suis jamais vraiment penchée là dessus …

Il parait qu’une mère peut ressentir le sexe de son bébé… Je suis persuadée que tu es un garçon… Morgan, je veux croire que tu veilles sur moi de là haut, et que tu me pardonnes d’avoir été si faible… Tu étais certainement le cadeau de ma vie… Je me souviens de chaque jour passé avec toi, chaque nuit… Tu sera toujours mon premier bébé.

Un jour on se retrouvera, en attendant je ne t’oublie pas…

Camille, posté sur www.sosbebe.org

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