telephone@4x

email@4x

01 42 47 08 67
  1. Accueil
  2. Grossesse et maternité
  3. Solitude en début de grossesse

Solitude en début de grossesse

Traverser le début de la grossesse ne devrait jamais se faire dans l’isolement. Des soutiens existent, et il est possible, pas à pas, de rompre le silence.

Enceinte, et parfois le sentiment d’être seule …

Cette solitude est éprouvée par près de 37% des femmes au cours de leur grossesse, il peut être réconfortant de mieux comprendre ce sentiment partagé par d’autres femmes et de savoir comment trouver du soutien.

La découverte de la grossesse : une surprise ou parfois un choc

La femme vit souvent seule la découverte de sa grossesse. Elle décèle des signes qu’une grossesse est peut-être en train de débuter. Vient ensuite le temps de confirmer cette grossesse par un test. Ce temps de la découverte est vécu avec ambivalence et avec une intensité émotionnelle forte, d’autant plus si la grossesse n’était pas prévue. Certaines femmes décrivent « un immense bouleversement », « une surprise et un chamboulement ». « Il y a d’abord eu le cœur qui a accepté cette réalité. Le flot d’émotions et les peurs sont venus ensuite. »

Et cette réalité intense et ambivalente est souvent traversée dans une grande solitude, avec la peur aussi d’en parler à son partenaire et à son entourage. Peur de leurs réactions souvent.

Le premier trimestre, un temps de profonds bouleversements

Le premier trimestre de grossesse marque une période de transformations intenses. Le corps change, les hormones s’activent, et les émotions — souvent ambivalentes — sont vécues avec une grande intensité. À cette étape, la femme peut ressentir de nombreux symptômes, qui sont d’ailleurs des signes pour elle qu’une grossesse débute ; ces symptômes sont fréquemment regroupés sous une expression consacrée : « les petits maux de la grossesse ».
Une formule largement utilisée, presque anodine en apparence, mais qui ne rend pas toujours justice à la réalité vécue par de nombreuses femmes.

Car derrière ces mots se cachent parfois une fatigue extrême, des nausées persistantes, des douleurs, une hypersensibilité émotionnelle, voire une dépression prénatale. Ces manifestations sont bien réelles et peuvent profondément impacter le quotidien.

Des « petits maux » éprouvants, souvent vécus dans la solitude et le silence

Paradoxalement, ce premier trimestre, pourtant éprouvant, se vit le plus souvent dans le silence et la solitude.
Par peur de « porter malheur », par appréhension de la fausse couche, par inquiétude quant aux réactions dans le cadre professionnel, ou parce que la grossesse n’est pas reconnue officiellement avant la 10ème semaine de grossesse (12ᵉ SA), beaucoup de femmes choisissent — ou se sentent contraintes — de ne rien dire.

En France, socialement comme administrativement, la grossesse n’est officialisée qu’à partir de 12 semaines d’aménorrhée, après l’échographie du premier trimestre. C’est généralement à partir de ce moment que l’on se sent « autorisée » à l’annoncer à son employeur et à son entourage, et cela renforce l’invisibilisation de la période qui précède pourtant déterminante.

Le poids du secret au quotidien

Dans la vie quotidienne, cette solitude peut devenir pesante.

« J’étais obligée de contenir ma joie alors que j’avais envie de le dire à tout le monde ; c’est quand même bizarre. »
Rester debout dans les transports malgré l’épuisement, sans oser demander une place. Cacher ses nausées ou sa fatigue au travail. Prendre sur soi, continuer comme avant, parfois au prix de sa santé.

Il faut parfois « tricher » pour masquer ses symptômes — taire ses nausées, annuler des sorties — ou justifier les précautions prises pour sa santé et celle de son enfant, comme refuser un verre d’alcool. Vivre seule avec ses peurs, ses joies, ses maux.

Entre silence, secret et besoin de soutien

Certaines femmes ressentent le besoin d’en parler dès le départ. Elles ont envie de partager la nouvelle autour d’elles. Quel que soit le déroulé de la suite de la grossesse, cela leur offre la possibilité d’être soutenues et accompagnées par leurs proches. Pour les femmes qui font ce choix, la vie quotidienne peut devenir plus sereine, sans nécessité des fausses excuses pour justifier la fatigue ou les nausées.

Garder la nouvelle pour soi peut aussi être un choix vécu positivement, et permettre un moment de complicité précieux avec son compagnon, une parenthèse intime à deux.
Mais pour beaucoup de femmes, aujourd’hui, ce premier trimestre est traversé dans l’ambivalence de la joie et de la peur et dans une certaine solitude, alors même que c’est un moment où le besoin d’être accompagnée et écoutée est particulièrement fort. Trouver une écoute bienveillante peut alors s’avérer précieux.

À ce titre, le service SOS Bébé propose une écoute confidentielle et gratuite pour les femmes qui en ressentent le besoin.

Comment surmonter le sentiment de solitude pendant la grossesse ?

Attendre un enfant est souvent associé à la joie, mais la grossesse est aussi un processus émotionnel complexe, particulièrement lors des premiers mois. Il est fréquent de se sentir dépassée, vulnérable, parfois triste, et surtout seule. Ce sentiment d’isolement peut exister même lorsque l’on est entourée, y compris par sa famille ou ses amis. Il ne remet ni en cause l’amour pour cet enfant à venir, ni la légitimité de cette grossesse : il fait partie des réalités possibles de ce moment de vie.

Accueillir ses émotions

La première étape pour traverser cette solitude consiste souvent à reconnaître ce que l’on ressent. Accueillir ses émotions — même lorsqu’elles sont contradictoires — permet déjà de mieux comprendre ce qui se joue intérieurement et d’alléger le poids du silence.

Partager ses émotions avec son entourage lorsque cela est possible

  • Partager ses émotions avec son compagnon peut également être un soutien précieux. Même s’il ne vit pas la grossesse dans son corps et peut l’appréhender différemment, lui exprimer sa fatigue, ses peurs ou ses besoins lui permet de mieux comprendre ce que vous traversez et de vous accompagner plus justement.
  • Parfois, en particulier si la grossesse n’était pas prévue, la femme se sent incomprise par son compagnon dont la réaction peut même être vécue douloureusement voire brutalement.
  • Prendre soin de soi est aussi une manière de se soutenir : s’accorder du repos, veiller à une alimentation adaptée, pratiquer une activité physique douce lorsque cela est possible, ou s’offrir des moments réconfortants qui apportent apaisement et sécurité.

Trouver des ressources

  • Lorsque le sentiment de solitude devient trop lourd, demander de l’aide est une ressource, non un aveu de faiblesse. S’appuyer sur des proches de confiance, sur des professionnels de santé ou sur des associations peut faire une réelle différence. Il existe, par exemple, des groupes de soutien périnatal au sein de certaines maternités comme à l’hôpital Necker, ou des associations telles que Marraine et Vous, qui créent des liens chaleureux entre des familles bénévoles et des femmes enceintes isolées, afin de leur apporter présence, joie et confiance. Enfin des lieux d’accueil enfants -parents « LAEP » permettent d’être accueillis gratuitement et soutenus dans sa parentalité dès le temps de la grossesse.
  • Enfin, la solitude pendant la grossesse peut favoriser une détresse psychologique: il est important de ne pas rester seule face à cette difficulté. Parler à son médecin, à sa sage-femme ou à un professionnel de santé permet d’être orientée vers un accompagnement adapté.
    Des dispositifs d’écoute, comme le service SOS Bébé, proposent également une écoute confidentielle et gratuite pour les femmes qui en ressentent le besoin.

Traverser le début de la grossesse ne devrait jamais se faire dans l’isolement. Des soutiens existent, et il est possible, pas à pas, de rompre le silence.

 

 Pour aller plus loin :

Une écoute confidentielle et gratuite

Outils

fichier 13@2x

Je suis enceinte
Guide des aides

fichier 16@2x

Calendrier de grossesse

fichier 14@2x

Aides financières de grossesse

fichier 15@2x

Suivi médical de grossesse