Grossesse imprévue et incitation à l’avortement

L’incitation à l’avortement : une violence faite aux femmes

Les violences contre les femmes sont  la violation la plus répandue des droits de la femme dans le monde et dans notre pays et constituent la manifestation la plus aigüe de l’inégalité homme-femme.

Confrontées à une grossesse imprévue, non désirée, nombre de femmes subissent harcèlement et pressions pour les conduire à avorter. L’incitation à l’avortement est   une réelle violence faite aux femmes qui la subissent et est  reconnues comme telle par la justice.
L’avortement  est trop souvent  imposée par les hommes sous le prétexte qu’ « un enfant ça se fait à deux ». Or les hommes ne portent pas les enfants, ils ne ressentent pas les symptômes de la grossesse comme les femmes. Pour certains hommes, confrontés à une grossesse imprévue,  l’avortement est une solution d’autant plus facile que ce n’est pas eux qui le subissent.

Les pressions exercées sur la femme enceinte pour exiger d’elle une IVG peuvent prendre des formes multiples. Elles vont du conseil appuyé au harcèlement,  en passant par le chantage (« je vais te quitter »,  « cet enfant n’aura pas de père»…),  les menaces et parfois les  coups.

Il est extrêmement difficile pour une femme, fragilisée par le début d’une grossesse, de résister  à la volonté et aux pressions de son compagnon,  de sa famille, de son employeur ou des services sociaux. Elle peut alors se résigner à avorter pour avoir la paix, pour que pressions et harcèlement cessent et donne son consentement alors qu’elle voudrait tellement faire autrement !

Les structures d’aides et d’accueil pour les femmes victimes de violences sont une ressource efficace, présente sur tout le territoire, quand on est enceinte et victime de harcèlement et de pressions pour avorter.
1650 places supplémentaires d’hébergement d’urgence, sécurisées et adaptées à l’accueil de femmes accompagnées d’enfants, vont être crées d’ici 2017.
L’accès au logement social sera aussi favorisé pour les femmes victimes de violences.

Victime d’incitation à l’avortement ? Comment se défendre et se protéger ?

La loi affirme que « l’IVG doit être pratiquée sous l’unique volonté de la mère»

L’IVG ne doit, en aucun cas,  être pratiqué sous la contrainte ou pour répondre aux pressions et à la volonté du  compagnon ou de la famille.
Si vous êtes victime de harcèlement, de menaces, de chantage ou de toutes sortes de violences, ne restez pas seule mais adressez-vous aux structures et aux services spécialisés qui existent partout en France.

Les tribunaux condamnent régulièrement des hommes pour des délits de harcèlement et de violences en lien avec la grossesse. des mesures d’éloignement et d’interdiction d’entrer en contact avec la victime sont prononcées pour protéger la mère et l’enfant à naître.

Un dispositif de téléphones portables d’urgence est en cours d’implantation en France. Il permet à des femmes en danger de se voir confier un appareil par le procureur, ce qui leur permet d’alerter et de faire intervenir la police en quelques minutes en cas de menaces. Ce dispositif existe en Seine Saint Denis, dans le bas Rhin, dans le Nord,  à Paris, dans Les Yvelines et dans l’Essonne. Il doit être généralisé dans toute la France en 2014.

Porter plainte

Pour accueillir les femmes victimes de violence : des assistantes sociales dans les commissariats et les gendarmeries

Pour se protéger, les femmes sont encouragées à porter plainte au commissariat ou à la gendarmerie (et non pas déposer une simple main courante qui n’entraîne aucune conséquence , immédiate en tous cas). D’ici à 2017, les assistantes sociales seront deux fois plus nombreuses dans les commissariats et les gendarmerie pour accueillir et accompagner les femmes venues porter plainte.
Déjà aujourd’hui, elles sont 350 en France et sont des interlocutrices et des intermédiaires  privilégiées pour des femmes  venues faire  cette démarche difficile et qui ont  besoin d’être prises en charge avec délicatesse et protégées avec efficacité.