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Fausse-couche
> Témoignages parus dans la presse

"Personne ne mesure
combien on souffre"
Monique, Maxi, avril 2004
"J'avais
besoin d'exprimer ma colère et ma souffrance"
Sandrine, Maxi, février
2004
"On ma annoncée
sans ménagement quil ne vivait plus."
Hortense, Santé Magazine, 2001
"Javais
limpression quon ne me comprenait pas"
Eugénie, Santé Magazine, 2001
"Un phénomène
rarissime, si douloureux : mes 8 grossesses inachevées
avant l’adoption de Matthieu"
Marie-Christine, "Tu m’aurais appelée "Maman"
", 2002

"Personne
ne mesure combien on souffre"
Monique,
Maxi n° 910, 5-11 avril 2004
«
J'ai 22 ans et, il y a peu, j'attendais
un heureux événement. Enceinte de 12 semaines,
tout allait bien, c'est du moins ce que je croyais. Tout a
basculé le jour où je me suis rendue à
l'hôpital pour une visite de contrôle. Le médecin
constate que le cœur du bébé s'est arrêté
à 8 semaines.
Mon ami et mon entourage ont essayé de me réconforter,
mais on ne peut pas se rendre compte de la douleur qu'on éprouve
psychologiquement lorsqu'on n'a pas vécu la perte d'un
bébé.
»
"J'avais
besoin d'exprimer ma colère et ma souffrance"
Sandrine,
26 ans, un bébé de 9 mois, Maxi n°901, 2-8
février 2004
«
Quand mon mari et moi avons décidé
d'avoir un bébé, j'étais persuadée
que je serais enceinte "du premier coup". (…)
Mais, trois mois après l'arrêt de ma contraception,
je n'étais toujours pas enceinte. Je suis donc allée
voir ma gynéco qui, après quelques examens de
routine, m'a dit que j'étais "désespérément
normale". Cette façon de me l'annoncer m'a un
peu blessée, mais, en même temps, j'étais
folle de joie.
Je suis tombée enceinte quelques jours après.
Malheureusement, mon bonheur a été de courte
durée : j'ai fait une fausse couche à deux mois
de grossesse. Et là, tout mon univers s'est écroulé.
Je me suis dit que je n'étais pas capable d'avoir un
bébé. Je me suis renfermée sur moi-même.
Etre à nouveau enceinte est devenu obsessionnel. Je
faisais l'amour avec mon mari, mais de manière mécanique.
En fait, mon désir pour lui avait disparu. Plusieurs
mois ont passé, pendant lesquels aucun bébé
n'a pointé le bout de son nez. Finalement, quelques
entretiens avec une psychologue m'ont permis d'exprimer ma
colère et ma souffrance d'avoir fait une fausse couche.
A partir de ce moment-là, j'ai pu décider de
m'occuper de moi et de mon mari. Un mois après, j'étais
enfin enceinte… »
"On
ma annoncée sans ménagement quil
ne vivait plus"
Hortense,
Santé Magazine n°311, novembre 2001
«
Quand je vois mes élèves, je me
dis que leurs mères ont réussi là où
jai échoué. Pourtant, cette grossesse
était un vrai bonheur, cette vie qui se développait
en moi me donnait une force extraordinaire. Et puis tout sest
passé très vite. Une nuit, sans la moindre alerte,
jai commencé à perdre du sang. Cest
le liquide gluant dans les draps qui ma réveillée.
Jétais effrayée den voir autant.
Quand je suis arrivée aux urgences, jétais
en proie à la panique. Une infirmière ma
dit que jaccouchais. Ensuite, les médecins se
sont succédés autour de moi sans rien me dire.
Je nosais pas les questionner, jétais effondrée.
Jécoutais, jinspectais mon corps, mon ventre,
à la recherche du moindre signe de vie. A léchographie,
on ma annoncé sans ménagement quil
ne vivait plus. »
"Javais
limpression quon ne me comprenait pas"
Eugénie,
Santé Magazine, n° 311, novembre 2001
«
Jai mal vécu ma première
fausse couche, mais la deuxième a été
plus dure encore. A six semaines de grossesse, le petit cur
sest arrêté de battre. Au lieu de porter
la vie pendant neuf mois, jai porté la mort pendant
neuf jours, le temps que le ftus sexpulse. Autour
de moi [
] javais limpression quon
ne me comprenait pas. Cétait dur. On me disait
que je navais pas perdu denfants puisquils
nétaient jamais nés.
»
"Un
phénomène rarissime et si douloureux : mes 8
grossesses inachevées avant l’adoption de notre
petit Matthieu"
Marie-Christine
du Ranquet, extraits de "Tu m’aurais appelée
"Maman" ", éd. Saint-Paul, 2002
«
Je rêvais d’une famille
nombreuse. (…) Et c’est à vous, mes chers
enfants, que je dédie cet ouvrage. Vous occupez un
si grand espace dans ma vie que je ne peux vous oublier :
vous faites partie intégrante de ma famille.
J’ai appris à vous découvrir, à
vous ressentir chacun comme un trésor infini, à
vous choyer dans mon cœur, à vous aimer du mieux
possible, avec les moyens limités qui m’étaient
donnés. J’ai suivi votre développement,
vibré à chaque échographie, chaque nouvelle
étape.
Que d’émotions dans tout ce cheminement : un
espoir toujours renouvelé, à chaque nouvelle
grossesse pendant dix bonnes années.
(…) Nous avons tissé ensemble des
liens invisibles mais indestructibles. Quand la réalité
est là et que seul le cœur parle, je ne sais pourquoi
tant de personnes proches n’osent encore vous regarder
comme nos enfants ?
Stupeur et incompréhension la première
fois
Janvier 1992 : alors toute jeune mariée,
depuis juin 1991, l’avenir de notre famille était
ouvert, plein de sérénité. (…)
Vous, les deux premiers, m’avez fait la surprise d’arriver
ensemble, sans presque prévenir. Je ne m’y attendais
pas et quelle surprise ! A deux ! (…)
Vous êtes partis si vite, et l’un de vous, si
soudainement. Sur le moment, je n’y ai rien compris.
C’était, pour moi, la toute première fois,
et mon esprit est resté vide, sans aucune compréhension
de ce qui se passait en moi à l’instant même.
(…)
Cependant, la consultation médicale qui suivit valida
ce que je pressentais et une nouvelle échographie indiqua
en plus que le cœur du second jumeau ne battait plus.
(…) Le médecin me dit qu’il fallait intervenir
et m’opérer. (…) A la déception
du départ s’ajouta le choc de l’intervention
médicale. (…)
Il est vrai qu’à votre départ, je n’ai
pas réalisé toutes les dimensions que cette
séparation représentait et représentera
par la suite. (…)
"La deuxième fois, j’expérimentais
vraiment la séparation et la mort"
Septembre 1992 : avec ma deuxième grossesse,
curieusement, tu étais notre troisième enfant.
Tu as grandi jusqu’à trois mois environ, étapes
après étapes. (…) Quelle joie ton arrivée
! Quelle émotion de voir ton cœur battre si précocement
! Nous étions émerveillés. (…)
Je me souviens très nettement encore de la tristesse
et de la douleur qui s’est emparée de moi à
ton départ. Je pleurais un peu partout. J’avais
caressé l’espoir, la vie, et j’expérimentais
vraiment la séparation et la mort, cette si grande
inconnue. (…) 90 jours de présence quotidienne,
heure par heure, minute par minute, seconde par seconde, ne
s’effacent pas si facilement. (…)
Au lieu de répondre à mes interrogations sur
les causes de ton départ, [les médecins] en
ajoutaient une nouvelle : pourquoi nous avais-tu quitté,
puisqu’il n’y avait aucune raison évidente
? (…) Mais alors pourquoi, pourquoi me disais-je en
moi-même : il y a bien une raison… autrement cela
ne serait pas arrivé ! (…)
Peut-être aurais-je mieux compris s’ils m’avaient
expliqué que la nature était et resterait toujours
mystérieuse, un mystère qui dépasse l’homme.
(…)
Troisième grossesse inachevée
: l’immense déception
Janvier 1995 : pour ma troisième grossesse,
vous vous êtes présentés de nouveau à
deux. Vous avez été ceux que j’ai espérés
le plus longtemps. Deux ans d’espoirs et de déceptions
(…). Je ne garde pas d’images précises
des sept semaines de vos présences. Pour moi, ces souvenirs
sont masqués complètement par la déception
immense devant tous mes efforts déployés. (…)
Vous avez marqué le début de longues démarches
médicales auprès de spécialistes (…).
Chaque adresse, chaque spécialiste réputé
était un fil à tirer. (…) Tous les médecins
que nous avons vus, et que nous verrons, se prononceront d’un
commun accord sur nos chances de réussite.
Ma quatrième grossesse, la spirale
de la tristesse
Juillet 1995 : le fait est que six mois plus
tard, pour ma quatrième grossesse, vous vous êtes
encore donné le mot, pour vous annoncer à deux.
(…) Dès la première alerte, l’échographie
décidée en toute hâte dans les Hautes
Pyrénées, m’apprit alors que vous étiez
deux et que malheureusement l’un de vous s’était
déjà arrêté de vivre. La tristesse
et le chagrin ont prédominé, même si mes
soins se sont concentrés sur ce petit cœur qui
continuait à battre malgré tout, en mon sein.
J’ai vécu avec toi, le deuxième jumeau,
des moments inoubliables pour moi (…). Ta vie s’est
arrêtée quelques jours plus tard, inexorablement.
A nouveau, je vous ai, tous les deux, longtemps portés
sans vie, avant que la nature ne fasse les choses. Ce fut
de longs moments pénibles pendants lesquels je me suis
sentie désemparée puisque mon propre corps était
momentanément devenu "une tombe". Ce mois
m’a semblé tellement long…
5ème grossesse : ces chaussons tricotés
en vain…
Novembre 1995 : sans attendre, trois mois plus
tard, nous avons désiré un nouveau bébé,
notre cinquième grossesse. C’était un
peu rapide mais mon médecin m’avait suggéré
de ne pas trop tarder (…).
Je suis restée allongée 24h/24 pendant plusieurs
semaines. (…) Ma vie était toute consacrée
à toi : mes journées s’égrenaient
lentement, dans cette solitude animée de ta présence
discrète. (…) Pour t’accueillir, j’ai
commencé à te tricoter des petites paires de
chaussons. Mais là encore, tu ne m’as pas laissé
le temps de les terminer. Je suis restée avec un pied
tout seul, orphelin… (…). Cette fois-ci, vraiment
rien de plus ne pouvait être fait (…) toutes les
conditions avaient été réunies. (…)
Les efforts, la volonté, le désir immense ne
peuvent modifier le cours des choses qui nous dépasse…
6ème grossesse inachevée et
premier accouchement
Juillet 1996 : six mois se sont écoulés.
La préparation de la sixième grossesse a alors
concentré tous nos soins. (…) Tu t’es présenté
au mois de juillet et tes premiers jours ont été
suivis pas à pas pour savoir si tu poussais bien (…).
Puis, l’échographie de trois mois est enfin arrivée.
(…) Soudain, le visage anxieux du médecin (…).
Tu avais une malformation du nom d’omphalocèle
: c’était grave. (…) A la sortie de l’échographie,
sur le trottoir, une voix intérieure m’avait
affirmé avec une force inouïe, contre toute attente
de ma part : "Tu peux le supporter !" (…)
Nous avons pris, à deux, la décision
de renoncer à l’amniocentèse, d’accepter
l’avenir sans condition, et de te recevoir comme un
cadeau, tel que tu étais. Avoir à convaincre
notre médecin fut un exercice difficile. (…)
Nous avons eu la chance d’oser exprimer notre liberté
de parents, de la défendre, mais aussi d’être
respectés. (…)
Nous avons choisi non pas de jouer les héros, mais
de respecter l’ordre des choses, la vie et la nature.
Cette approche primait sur notre confort et le désir
du bébé parfait. Nous prenions le risque de
ne pas nous simplifier la vie. (…)
Tu gigotais et j’aurais voulu te sentir déjà
davantage. Je guettais, espérais, m’inquiétais
quand je ne te sentais plus. (…)
Puis vint le jour de l’accident : une
chute accidentelle dans les escaliers et plusieurs marches
dégringolées. (…) Ai-je été
la cause de ton décès ? Le fait est que quelques
semaines plus tard, une visite chez le médecin décela
que ton petit cœur ne battait plus. (…)
Compte tenu des cinq mois de grossesse, je devais accoucher.
(…) Les préparatifs médicaux me parurent
interminables : trois longs jours à l’hôpital
pour absorber les substances chimiques qui permettraient de
déclencher l’accouchement. (…) Je ne les
regrette pas, si éprouvants furent-ils, puisqu’ils
nous ont permis d’entendre et d’accueillir cette
question que la psychologue me formula : "Voulez-vous
voir votre bébé ?" (…) J’étais
un peu dépassée au début par cette question
à laquelle je n’avais osé penser. (…)
Mais soudain, je me heurtais à ta malformation.
Aurais-je le courage de te regarder ? Etait-ce effrayant ?
Pourrait-on me la cacher pour que je ne voie qu’un joli
bébé ? (…) Puis, après la réflexion,
vient ma décision, que je partageais avec Benoît
: si des parents n’ont même pas le courage de
regarder leur enfant, de l’admirer, qui alors pourrait
le faire ? (…)
Tu nous fus présenté, avec beaucoup de respect
par la sage-femme, ce qui me réchauffa instantanément
le cœur. Le personnel médical te respectait enfin
comme un bébé, comme une personne alors que
jamais les mots "naissance", "mise au monde",
n’avaient été prononcés jusque-là.
Il n’avait été question que de ton "expulsion",
de ton "rejet" en somme, et voilà que soudainement,
tout le monde t’accueillait dans la plus grande admiration.
Je pouvais enfin oser dire que tu étais mon bébé
(…).
Ce moment intense de découverte fut pour
toi, tout à toi. La sage-femme souleva le drap qui
t’enveloppait et nous te découvrîmes comme
un joli bébé dont nous pouvions être fiers.
Tu étais joliment formé, harmonieux et plein
de finesse. Tes pieds et tes mains étaient admirablement
façonnés. Nous étions émerveillés
de tant de minutie. (…) Nous t’avons trouvé
merveilleux et si finement ciselé. Tu étais
adorable et ton anomalie nous a semblé alors minuscule
(…).
Nous n’avons pas osé te toucher spontanément,
(…) mais nous aurions pu au moins te prendre dans nos
bras (…). Personne ne nous l’a proposé
et je n’ai ni pensé ni osé le demander.
(…) J’ai appris, depuis, que j’aurais pu
demander à te revoir autant que je le souhaitais.
(…) Cet instant fait partie et restera comme un des
plus grands moments de notre vie.
(…) Nous nous retrouvâmes chez nous,
désemparés, face à ton absence. (…)
Ton enterrement fut un grand moment, entourés de notre
famille parisienne et de nos amis, qui s’étaient
gentiment donnés le mot pour être là alors
que nous avions joué la discrétion.
(…) Nous savons ton petit corps enterré dans
un cimetière de la région parisienne : le cimetière
de Thiais, avec tous les enfants de ton âge (…).
Depuis, j’ai appris que nous aurions pu récupérer
ton petit corps pour te laisser reposer dans une tombe familiale.
Cet irrésistible besoin d’écrire
Je mesure aujourd’hui ô combien
j’ai besoin de temps pour me situer vis-à-vis
de vous tous ! Je veux vous donner la place qui vous revient
et que j’ai tant de mal à trouver. J’ai
besoin de vous inscrire dans notre histoire par des signes,
par des gestes (…). Nous avons vécu une histoire
ensemble et j’ai eu besoin de l’écrire,
de dire mon amour maternel, de dire la joie que vous m’avez
procurée tout comme les peines qui jalonnent ma vie
aujourd’hui encore. (…)
Vous avez, chacun à votre tour, été signe
de notre Amour et don mystérieux et ô combien
respectable ! (…) J’ai eu besoin d’expliquer
votre histoire, notre histoire, mon histoire. (…)
Deux grossesses, deux échecs encore…
Depuis, ma route s’est poursuivie, sans
plus aucune recherche médicale. J’y ai rencontré
récemment les mêmes déceptions (en mai
1999 et en février 2001), mais (…) j’ai
vécu ces grossesses plus dans le moment présent,
que comme une course contre la montre à gagner jour
après jour, étape par étape, jusqu’à
votre naissance. Je m’en suis trouvée plus sereine
(…).
L’adoption enfin, un immense bonheur
J’ai cherché dans toutes
les directions, aveuglée par la douleur et la révolte
de la séparation (…). Le 15 octobre 1997 marqua
le début d’une nouvelle orientation avec le dépôt
de notre demande d’adoption. Ce fut le départ
d’un long parcours d’attente, d’interrogation,
de maturation et de développement dans notre cœur.
En février 2000, nous avons eu la grande chance d’adopter
un petit garçon âgé de 18 mois, Matthieu.
Il est notre plus grand bonheur et même si nous ne sommes
pas ses parents de naissance, nous sommes ses vrais parents
pour la vie. Il est né dans notre cœur et nous
apporte un bonheur permanent. »
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