|

Etre aidée pendant ma grossesse

De vous à nous : les services
que nous vous proposons
Par l'équipe de Sos Bébé
"Ce bébé pas
tout à fait voulu…"
Parents, juin 2003

De vous à nous : les
services que nous vous proposons
« Ce
nétait pas prévu
Je me sens seule
et jai peur
Vous vous sentez seule
qui ne le serait
pas devant un événement imprévu de cette
importance ? Cela ne peut que vous angoisser. Mais justement,
le risque serait de vous enfermer dans cette solitude. Nous
sommes là pour vous écouter, vous aider à
faire le point, vous informer, vous orienter, si besoin est,
vers les personnes compétentes. Sans vous juger. Nous
répondons à vos messages dans les 48 heures.
Personne ne doit savoir…
Une grossesse, cest une réalité
intime quune situation personnelle peut pousser à
garder secrète. Nous nous engageons, nous et les professionnels
que nous pouvons être amenés à vous recommander,
à respecter votre anonymat. Rien ne vous sera demandé
: notre rôle est simplement de vous épauler.
Cet enfant, je n’ai pas les moyens financiers
de le garder…
Inutile de se voiler la face, un enfant représente
une charge financière importante : mais savez-vous
que vous pouvez bénéficier, en fonction de votre
situation de diverses prestations, notamment par la CAF
(Caisse dallocations familiales) ? Nous vous renseignons
sur les aides auxquelles vous avez droit, et qui sont répertoriées
dans notre Guide
grossesse.
Et si je me retrouve à la rue ?
Votre premier besoin, cest dêtre
assurée de disposer dun logement, qui vous permette
daccueillir votre bébé en toute sécurité.
Si vous n'avez pu obtenir de place dans les centres
maternels,ou si cette solution ne vous convient pas, vous
trouverez chez nous les adresses de plusieurs maisons daccueil
réservées exclusivement à des femmes
enceintes. On y prendra soin de vous. Vous avez déjà
un enfant ? Il y a aussi de la place pour lui !
Alors, je vais devoir arrêter mes études
ou mon travail ?
Attendre un enfant quand on a un diplôme
à décrocher ou un emploi quon craint de
perdre, bien sûr, ce n'est pas simple, mais c'est possible.
Nous vous donnons toutes les informations utiles.
Qui maidera à faire les démarches
administratives ?
La PMI
(Protection Maternelle et Infantile) peut vous y aider.
Nous pouvons aussi vous informer, si vous n'avez pas trouvé
toutes les réponses à vos questions dans notre
guide
grossesse. Certaines associations,
dont nous pouvons vous communiquer les coordonnées
peuvent vous accompagner.
Et si mon bébé est anormal
?
Cette question, toutes les futures mères
se la posent un jour ou lautre, souvent avec anxiété.
Personne nest à même dapaiser complètement
une telle angoisse, mais, si le risque dun handicap
est décelé, nous pouvons vous mettre en contact
avec ceux qui, à travers des associations expérimentées,
savent expliquer, rassurer et soutenir.
Jaimerais quil vive mon bébé,
mais moi, je ne peux pas lassumer.
Il est des situations où une femme, tout
en voulant garder son bébé, peut sentir qu'il
lui est impossible de l'élever ; et personne ne doit
la juger. Elle a la possibilité de confier cette vie
à un couple prêt à l'accueillir avec la
consolation que naîtra de cette épreuve beaucoup
d'amour ! Cependant, cette décision doit être
mûrie : SOS BEBE peut vous aider à la vivre aussi
sereinement que possible. »

"Ce bébé
pas tout à fait voulu…"
Parents, juin 2003
«
"Une catastrophe ! " Le jour
où son test de grossesse s'est révélé
positif, Delphine a cru que le ciel lui tombait sur la tête.
A 44 ans, elle avait fait depuis longtemps le choix d'une
vie sans enfant. "Ma liberté, c'est sacré,
explique-t-elle. Alors, un bébé ! J'ai ruminé
la nouvelle pendant trois jours, et pleuré, pleuré…
Si mon ami ne m'avait pas dit "On le garde", j'aurais
envisagé une IVG." Aujourd'hui, maman d'un petit
François de 11 mois, Delphine n'est toujours pas revenue
de sa métamorphose. "Un bébé, c'est
fabuleux, ça apporte un équilibre incroyable,
s'enthousiasme-t-elle. J'ai arrêté le nombrilisme,
j'ai construit quelque chose." Et de conclure, pensive
: "C'est ce qui s'appelle un heureux accident."
Si Delphine est venue involontairement rejoindre
le clan des mamans quadras, Blandine, de son côté,
a rejoint malgré elle le bataillon des toutes jeunes
mères. Celle que l'on prend encore souvent, à
25 ans, pour la baby-sitter de son fils Gabriel (6 ans ce
mois-ci) s'est retrouvée enceinte alors qu'elle vivait
encore chez ses parents. "J'étais en 2ème
année de droit, je connaissais le papa depuis 9 mois,
on était jeunes, amoureux… Mais on n'avait évidemment
pas prévu d'être parents si tôt ! Et pour
Thibaut et moi, garder ce bébé, c'était
comme un challenge. Car, passer des examens de licence une
semaine après avoir accouché, ça n'a
rien d'évident !"
Toutes concernées
! (*)
Trop tôt, trop tard, ou simplement "en trop",
parce qu'il y a déjà plusieurs enfants à
la maison : la caractéristique du bébé
surprise, c'est précisément d'être le
grain de sable qui vient gripper la mécanique bien
huilée de nos projets.
Contrairement aux idées reçues, ces grossesses
inopinées sont loin d'être réservées
aux adolescentes mal informées (à peine 2% des
naissances), mais surviennent dans tous les milieux et à
tous les âges de la vie. Même chez des mères
de familles nombreuses a priori averties ! "Je sais,
se laisser surprendre après 3 enfants, ça paraît
complètement fou, convient Claire, 38 ans. Mais j'en
avais assez de la pilule (…). Je suis restée
ainsi un an à jouer au "pas vu, pas pris".
Jusqu'au jour où…"
Même quand, a priori, on est ouvert à l'arrivée
d'un enfant supplémentaire, le choix d'accueillir le
trouble-fête reste une décision difficile à
assumer. "Je m'étais toujours dit : si le Bon
Dieu me donne un enfant que je n'attends pas, je le garde.
Mais quand Raphaël s'est annoncé six mois après
son grand frère, raconte Anaïs, ça m'a
fait un choc. Moi qui voulais évoluer dans mon métier
d'infirmière, j'étais bonne pour un nouveau
congé de maternité ! Le plus partant, finalement,
c'était mon mari."
Affronter le regard des autres
Du côté de l'entourage, la nouvelle fait souvent
l'effet d'une petite bombe. "Pour ma mère, ça
a été très dur de se retrouver grand-mère
à 42 ans. Nos amis, eux, flippaient à l'idée
qu'on ne serait plus disponibles", se souvient Blandine.
Sortir de la norme du bébé programmé
au "bon" moment, c'est effectivement s'exposer à
des regards surpris, voire à une franche incompréhension.
(…)
Bébé-cadeau
ou bébé programmé ?
"Depuis l'avènement de la contraception, nous
vivons dans l'illusion d'une maîtrise totale de la procréation.
Or le désir d'enfant garde une dimension irrationnelle.
A côté du bébé dû, programmé,
le bébé "don", celui dont on disait
justement autrefois qu'il était "l'enfant du désir",
n'a pas disparu. Chez certains couples, il peut même
y avoir une satisfaction à ne pas tout maîtriser",
observe Liliane F. , psychanalyste au service maternité
obstétrique de l'hôpital franco-britannique (Levallois).
Blandine, à sa façon, illustre bien cette attitude
paradoxale qui consiste à … choisir de ne pas
choisir : "Je suis quelqu'un de très organisée
par ailleurs, mais je trouve sympa de prendre son bébé
comme un cadeau, sans se dire "voilà, il va arriver
à tel moment. D'ailleurs, le frère de Gabriel,
Vincent, est lui aussi arrivé un peu en avance…"
témoigne-t-elle, un peu gênée tout de
même de passer pour une récidiviste !
L'expression d'un désir
inconscient ?
De fait, il est sans doute des enfants non "attendus"
qui sont, de façon inconsciente, profondément
désirés. "Si j'ai tellement tardé
à reprendre une contraception, c'est peut-être
parce que je voulais laisser une porte ouverte, analyse aujourd'hui
Claire. Mayalène, qui s'est emmêlée dans
ses cycles, alors qu'elle les connaît parfaitement,
avance une explication voisine : "Je suis tombée
enceinte la semaine où ma nouvelle chef est arrivée.
Une chef avec qui, comme par hasard, je n'avais aucune envie
de travailler."
Souvent un happy-end
Comme des passagers clandestins, les bébés surprises
embarquent ainsi dans la vie de leurs parents à la
faveur d'un accroc du destin. Et s'ils contrarient sur le
moment les trajectoires bien tracées, nombreux sont
ceux qui, en définitive, savent prendre toute leur
place dans le cœur de ceux qui n'avaient pas choisi de
les mettre au monde. "Certains enfants non désirés
peuvent être, par la suite, aimés autant, voire
plus que les autres. A l'inverse, être très désiré
n'est nullement une garantie de bonheur pour un enfant."
note la psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval
(…). Anaïs, elle, a déjà son idée
sur le sujet : "Quand je pense que j'aurais pu passer
à côté de Raphaël ! C'est vraiment
une chance qu'il soit là, raconte-t-elle en souriant.
D'ailleurs, il est né un vendredi 13. Sûrement
pas un hasard." »
(*) Les
sous-titres sont de l'équipe de Sos bébé.
|