|

Revivre
après l'IVG > Témoignages

"L'avortement
est une expérience traumatisante"
Nouveau !
Diane, Lolie, janvier 2005
"J'ai
enterré trois fleurs en souvenir des trois enfants
que je n'ai su garder"
Sabine, dans "Le b.a.-ba
du livre de bébé" d'Edmée Gaubert,
avril 2003
"Ces
jumeaux que je n'ai pas gardés m'ont donné une
leçon de vie..."
Laetitia, mail de juillet 2004
Une victoire sur
la culpabilité, la solitude et la désespérance"
Véronique, psychothérapeute,
mail d'octobre 2003

"L'avortement est une expérience
traumatisante"
Diane, "Lolie", janvier 2005
«
Je ne me voyais pas
du tout avec un enfant. J’avais 16 ans, je rentrais
en 1ère, j’étais bien trop jeune. Au Planning
Familial, on m’a expliqué les démarches
à suivre pour faire une IVG. Je ne voulais pas que
mes parents l’apprennent : ils ne supportaient pas mon
copain, et m’avaient déjà mise en garde.
C’est donc ma sœur, majeure,
qui s’est portée tutrice et a signé les
autorisations. Quelques jours plus tard, on me faisait une
aspiration. Je suis sortie de l’hôpital trois
heures après l’opération. Tout est allé
très vite. Ce n’est qu’à mon retour
que je l’ai dit à mes parents. Ils m’ont
beaucoup aidée, car l’avortement est une expérience
traumatisante. Comme pour un deuil, il faut du temps pour
l’accepter. Je me suis souvent demandé si je
n’avais pas sacrifié cet enfant pour pouvoir
vivre ma vie (…). »

"J'ai enterré trois
fleurs en souvenir des trois enfants que je n'ai su garder"
Sabine, dans "Le b.a.-ba du livre de bébé"
d'Edmée Gaubert, psychothérapeute,
édition
Le Souffle d'Or, avril 2003
«
Autrefois et ailleurs,
Dans des brumes étranges
J’ai arrêté vos vies.
Pour la première fois, j’ose m’ouvrir
A la culpabilité que je porte
Et à tout cet amour
Qu’aujourd’hui seulement je pourrais vous donner.
Il a fallu la Suisse, lieu, clin d’œil
de l’histoire, de mon premier avortement
Pour que mes portes s’ouvrent ainsi.
Il a fallu les ingrédients d’une alchimie subtile
Il a fallu ce long chemin de recherche sur lequel je navigue
au fil des vents
Il a fallu sur le chemin le choc d’une rencontre essentielle
en ma vie.
Il a fallu, symbole de votre éphémère
passage,
Trois fleurs que j’ai cueillies.
Oh, pas n’importe lesquelles
Avec délicatesse, je les ai choisies
Une violette, une rose et une blanche
Cueillies comme je vous ai cueillis
En coupant leur vie.
Le geste a son importance
Dans ces instants où je vous ai portés
Palpitantes et fragiles
Cherchant le lieu qui pourrait vous garder.
Mère Terre, terre mère, ma terre,
C’est à toi que je les ai confiées
Ces fleurs de mes fœtus tués
Il fallait un espace fécond
Rempli de fleurs vivantes, de fleurs soleil qui s’ouvrent
En toute innocence
Il fallait un espace d’âme d’enfant
L’amour de la terre pour ses graines,
Portées, élevées, nourries, épanouies
Que l’on peut admirer.
Heureusement, il avait plu,
La terre s’est laissé creuser. Chacune des fleurs,
séparément, j’y ai enterrée.
Alors seulement les voiles se sont levées
Sur mes propres blessures violences.
Je reconnais mon incapacité et mon impuissance
A vous accueillir pour vous élever
Oui, j’ai été toutes ces femmes-là,
à ces époques-là,
Avec ces hommes-là.
Je reconnais mon chagrin et mes larmes
En me séparant de vous que j’ai portés
Pendant toutes ces années. (…) »

"Ces jumeaux que je
n'ai pas gardés m'ont donné une leçon
de vie..."
Laetitia, 36 ans, juillet 2004
«
J'avais toujours
rêvé d'avoir des jumeaux et ce avant 35 ans...
Je suis maman d'une fille adorable qui a aujourd'hui 15 ans
1/2, je me sens bien dans mon rôle de mère.
Et voilà qu'à 35 ans mon rêve se réalise,
j'étais enceinte de jumeaux !! J'avais rencontré
le papa 1 an 1/2 avant et notre relation était très
difficile à vivre, assez instable, et cahotique. Je
lui annonce ma grossesse et il a eu deux réactions
: la joie et la peur, la vie et la mort. Moi, j'aimais cet
homme "enfant", mes réactions furent très
violentes. Je voulais ces enfants, je voulais partager ce
bonheur mais je n'étais pas assez sereine, ni rassurée
ni rassurante...
S'ensuit une grande confusion dans ma tête,
je ne voulais pas imposer ces enfants, je voulais enfanter
dans l'amour pour qu'ils arrivent dans les meilleures conditions
possibles, mais j'ai oublié mon rêve. (…)
Mon compagnon était à la fois gentil et autoritaire,
décidé à ne pas les avoir (ou à
avoir le dessus sur moi ?). Tous ces mots qui disaient qu'il
ne m'aimait pas, qu'il n'en voulait pas résonnaient
comme des violences en moi et faisaient ressurgir le sentiment
d'abandon et la peur d'être rejetée... Mais il
disait aussi "j'espère qu'ils n'auront pas mon
nez !" et aussi "si tu les gardes, alors ça
veut dire que je n'existe plus pour toi?".
Au final, c'est moi qui ai abandonné
ces bébés, c'est moi qui ai rejeté la
vie, (…) parce que je me suis sentie rejetée
par le papa... J'ai préféré la mort à
la vie parce que j'ai eu peur de trop de choses... J'ai pleuré
mes bébés et je pleure encore (…) surtout
qu'il y a trois personnes dont je dois faire le deuil car
je ne vois plus le papa, qui lui culpabilise de son côté
et a peur de mes réactions et de mes mots. Il ne veut
pas faire face à ma souffrance et à la sienne
car il m'a dit après qu'au fond de lui il avait envie
de ces bébés et qu'en plus il avait toujours
eu envie d'avoir des jumeaux ! Quel gâchis !
Aujourd'hui, mes enfants vivent en moi, ils
m'ont donné la plus grande leçon de vie... C'est
le respect de tout ce qui est vivant qui est en nous, on a
beaucoup plus de forces que l'on croit et il faut arrêter
d'avoir peur de la vie, car la vie c'est l'amour et la mort,
c'est la peur aussi. J'ai compris le sens sacré de
la vie, et c'est à mes jumeaux que je le dois.
Ne croyez surtout pas que
je ne comprends pas ce que sont la culpabilité, la
honte, la tristesse, la colère, la haine parce que
moi aussi je les ai vécues... Je prie régulièrement
pour me pardonner, pour que mes enfants me pardonnent, mais
je veux oublier mes plaintes pour faire surgir de ma faiblesse
une force que je ne connaissais pas, me convaincre chaque
jour qui passe que si on est fort pour détruire alors
on est fort pour construire du bonheur.
(…) A nous de choisir et non pas de subir, à
nous de nous ouvrir à notre capacité de nous
aimer nous-même et l'amour des autres viendra de façon
très fluide. A vous toutes et à moi, qui avons
mal de notre avortement, (…) pardonnons-nous d'avoir
été ignorantes…
»

"Une victoire sur la culpabilité,
la solitude et la désespérance "
Véronique, psychothérapeute, octobre 2003
«
Bonjour, je m'appelle Véronique...
Il paraît que ce prénom veut dire Victoire...
Il y a encore peu de temps, je n'aurais pas écrit cela
! J'ai 50 ans et aujourd’hui je peux dire que je vis
plutôt mieux. En cela, c'est une victoire sur la culpabilité,
sur le manque, la solitude voire la désespérance...
J'avais 16 ans lorsque j'ai vécu un avortement, à
l'époque clandestin, chez "une faiseuse d'anges".
Elle habitait rue "des bons enfants" ! Véridique
!!!
Combien de fois me suis-je dit que j'écrirais un livre
et aujourd’hui le hasard m'amène à vous
! Une victoire encore sur la honte de pouvoir dire... non
pas pour la première fois car j'ai suivi des années
de thérapie, pendant lesquelles j'ai donc dit combien
mon corps, mon âme avaient souffert... J'ai découvert
enfin l'amour, après avoir "réparé"
pendant des années en devenant sage-femme, puis conseillère
conjugale et familiale.
Retrouver l'estime de soi après
une telle épreuve n'est pas facile. En tous les cas,
c'est possible petit à petit. Je ne raconterai pas
ici les détails sordides de ce que j'ai vécus,
ce n'est pas mon but. Aujourd’hui, j'ai un "ange
gardien " qui m'a pardonné et qui me guide dans
ma vie car j'ai pu lui dire que je l'avais aimé...
»
|