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Les questions qui se posent

Vous attendez un bébé, et
votre médecin vous annonce que votre
enfant risque d'être handicapé
Une telle annonce entraîne une très
grande inquiétude, c'est bien compréhensible.
Elle provoque en vous toutes sortes de questions sans réponses
pour le moment. D'ailleurs, méfiez-vous
des réponses un peu trop précises et
définitives de votre entourage
(même de certains médecins mal à l'aise
qui s'en sortent comme ils peuvent…). Il faut généralement
attendre pour en savoir plus. Même si un handicap a
pu être décelé avec certitude.
De toute façon, l'annonce fait l'effet
d'un coup de massue, au point que votre imagination galope
et sort complètement du rationnel. Votre
enfant n'est pas devant vous (et pour cause !) et risque
de se résumer à "un problème".
Essayez toujours de vous rappeler qu'il est simplement
votre enfant et que rien, ni personne ne peut le résumer
au problème qui est décelé. Et si on
vous donne des exemples, dites-vous bien qu'il n'y a pas deux
personnes semblables, y compris parmi celles qui sont handicapées.
Ne rien pouvoir faire vous pousse à imaginer
l'avenir plein de situations angoissantes, avec en fond des
images de personnes handicapées qui vous ont marqué.
Alors que faire ?
Votre couple ?
Il est d'abord essentiel de revenir aux faits,
à la réalité telle qu'elle est connue
ou estimée par les médecins, sans en tirer trop
vite des conséquences. Il faut essayer, en couple,
de distinguer cette réalité
(le diagnostic qui a commencé d'être estimé
et qui sera peut-être précisé progressivement
avant la naissance) de ce que tout cela provoque en
nous. Ne restez donc surtout pas seule avec vos angoisses
: il faut parler. Il est normal
que, dans un couple, l'homme et la femme ne réagissent
pas de la même façon et au même moment.
Parfois, apparaît une forme de culpabilité, particulièrement
chez le père qui se sent appelé à "protéger".
Qu'ai-je donc fait pour que mon bébé ait des
problèmes ? La maman peut se poser la même
question. C'est un premier réflexe de parent que de
se sentir responsable de ce qui arrive à celui que
vous portez, mais, dans ce cas, vous n'y êtes vraiment
pour rien. Tant mieux si l'un peut ainsi réconforter
l'autre, lui redire qu'il l'aime et qu'il est là pour
l'aider à porter ce qu'il porte. De
nombreux couples ont partagé un amour plus grand lorsqu'ils
ont découvert que leur enfant était handicapé.
Mais si votre compagnon ne comprend visiblement pas votre
désarroi ou se montre incapable de communiquer, de
partager avec vous ses sentiments, vous avez le droit, tout
en respectant son silence, de trouver une personne pour livrer
vos sentiments (amie, médecin, association…).
Votre relation avec le bébé
?
Il est même bon pour vous de partager
avec le bébé que vous attendez vos angoisses
et vos questions : y compris des larmes ou un sentiment de
rejet bien compréhensible. Parlez-lui
! L'essentiel est d'entrer en communication avec lui
plutôt que d'imaginer un être qui vous serait
comme étranger parce qu'il ne correspond pas au rêve
légitime que vous pouviez avoir d'un enfant en parfaite
santé. De nombreux parents en ont témoigné,
l'enfant handicapé est celui qui soigne le mieux la
"blessure" que cause chez les parents la découverte
d'un handicap. Alors, en attendant de le tenir enfin
dans vos bras pour le connaître, l'aider à vivre
et vous faire consoler par lui, commencez à éprouver
pour lui cet amour maternel que mérite tout enfant,
particulièrement s'il a une fragilité. Le
handicap, c'est un rêve brisé, mais l'essentiel
qu'est l'amour n'est pas effacé : rien ne peut vous
interdire de l'échanger avec le bébé
que vous attendez.

Les frères et soeurs ?
Si vous avez déjà un ou plusieurs
enfants, il est généralement bon de les tenir
au courant de votre inquiétude, dès que vous
avez pu "encaisser" un peu la mauvaise nouvelle. En effet,
les enfants ressentent fortement ce que sentent leurs parents.
Il est impossible de leur cacher cela. En "verbalisant" (mettre
des mots sur ce qu'ils ressentent), vous les rassurez, vous
les aidez à surmonter cette crise et à faire
également leur chemin.
Et vous ?
C'est de vous qu'il faut prendre soin de façon
particulière. Si vous avez besoin d'informations pour
en savoir plus, vous pouvez trouver
des associations,
notamment de parents, pour vous aider. Mais ne vous
sentez pas obligée : le chemin de votre enfant est
unique, vous avez tout votre temps pour le découvrir.
Ne brûlez pas les étapes. Une des clés
pour bien vivre une grossesse difficile, c'est de vous attacher
au temps présent. A chaque jour suffit sa peine. C'est
simplement si vous voyez tout en noir que des témoignages
positifs pourront s'avérer utiles pour vous soulager.
Dès le moindre doute d'handicap, certaines
équipes médicales, voire l'entourage familial,
ont tendance à proposer des examens complémentaires
(comme l'amniocentèse) et, dès la certitude
d'un handicap décelé, l'interruption de grossesse
qu'ils nomment alors "médicale". Attention ! Ne vous
laissez surtout pas imposer ces démarches. Il faut
savoir que l'amniocentèse est
un examen qui comporte un risque réel pour votre bébé,
qu'il soit ou non handicapé (taux d'avortement
spontané de 1 à 2% selon les établissements).
Or, cet examen ne permet généralement pas de
s'orienter vers des perspectives thérapeutiques mais
simplement de confirmer ou infirmer le handicap.
Il faut savoir aussi que certaines personnes
peuvent tenter de vous faire croire que l'avortement est un
"devoir" pour des parents lorsqu'ils attendent un enfant handicapé.
C'est une pression difficile à supporter. Sans doute
est-ce la peur du handicap qui les fait réagir ainsi,
mais ne vous laissez pas manipuler,
gardez votre liberté. Dans de telles situations,
il est essentiel de trouver d'autres voix, d'autres soutiens
si vous voulez résister. Les
enfants ou adultes handicapés apportent beaucoup à
leur famille et à toute la société.
Dans certains cas, après mûre réflexion,
une femme peut conclure qu'elle n'est vraiment pas capable
de donner de l'amour à cet enfant si ce n'est en le
confiant à l'adoption.
Cette situation exceptionnelle est possible. C'est un geste
d'amour, toujours douloureux à faire, mais qui peut
aussi faire le bonheur d'une famille qui accueillera votre
enfant. Il faut prendre son temps, et trouver à qui
parler
pour ne pas porter un sentiment de culpabilité. Car
on a choisi de donner sa chance à cette vie fragile.
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