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Le confier à l’adoption ? > Témoignages parus dans la presse

 

 

J'AI ACCUEILLI UN ENFANT HANDICAPE

"Nous voulions accueillir un enfant difficilement adoptable"
Nolwenn et Olivier, Marie-Claire, 2003

"C'est très enrichissant pour tout le monde"
Sabine, Maxi, 2000

J'AI ACCUEILLI UN ENFANT HANDICAPE

"Nous voulions accueillir un enfant difficilement adoptable"

Nolwenn et Olivier, 35 et 30 ans, Marie-Claire, janvier 2003

« Nous sommes tous les deux issus d’une famille nombreuse, avoir des enfants était notre projet de vie. Quand on a compris que ce serait impossible de manière naturelle, nous nous sommes très vite tournés vers l’adoption. Nous étions ouverts à toute proposition, même à celle d’un enfant "à particularité", mais les psys le déconseillent pour une première adoption.
Deux ans après l’obtention de notre agrément, Laëtitia, une petite Métisse née sous le secret, nous a été confiée. Nous étions fous de joie.

Elle avait 18 mois quand nous avons reçu notre deuxième agrément. Cette fois, nous avons bien précisé que nous voulions accueillir un enfant difficilement adoptable. Grégoire est le premier qui nous a été proposé, deux mois plus tard. On nous l’a présenté comme 'un petit garçon de 7 mois, né sous X, avec une grave malformation, qui ne pourra pas survivre sans greffe du foie." Il était depuis cinq mois dans une famille d’accueil, car certains intervenants sociaux freinaient son adoption.
C’est vrai que Grégoire était dans un état assez pitoyable. Nous avons pris le risque. Je me suis arrêtée de travailler afin de pouvoir être disponible à 100%. Là encore, nous avons eu beaucoup de chance. Il a été opéré un an après son arrivée dans notre foyer, et aujourd’hui, Grégoire est un petit bonhomme de 4 ans qui, à l’exception de son régime sans sel, vit comme tous les autres enfants.

En 2001, nous avons obtenu notre troisième agrément, pour un enfant ou deux. On a tout de suite parlé de deux jumelles réunionnaises, Anaïs et Amélie, placées en pouponnière. Leur psy et Enfants en recherche de famille étaient partants pour les faire adopter, mais pas les services de l’Aide sociale à l’enfance. Leur motif : "Abandonnées sur décision judiciaire, elles ont deux ans, un passé compliqué et un retard psychomoteur."
Nous avons réfléchi mais, comme d’habitude, pas très longtemps. Elles avaient besoin de nous, nous avons répondu présents et nous sommes tous les deux partis à La Réunion. La première rencontre dans une pouponnière est certes émouvante, mais ce n’est jamais le plus beau souvenir : trop de stress, d’angoisse et de larmes.
Le plus beau moment, c’est maintenant, c’est la vie de tous les jours, notre complicité, nos rires et nos colères aussi. Anaïs et Amélie ont deux années d’affection à rattraper. Les premières nuits ont été difficiles, mais elles se sont adaptées à vitesse grand V. Elles ont déjà compensé leur retard de langage et de motricité.

Aujourd’hui, nous essayons de partager notre expérience, nous conseillons des adoptants en attente. Nous n’avons pas plus de courage que les autres, c’est notre projet de vie. Nous sommes certes de culture catholique, mais sans être à cheval sur les traditions. Nous avons été élevés dans l’idée de partage. Nous sommes très heureux, nous espérons que nos enfants le sont aussi, nous ne nous arrêtons pas à ce que pensent les autres… »


"C'est très enrichissant pour tout le monde"

Sabine, Maxi, avril 2000

« Nous sommes famille d'accueil d'un petit garçon trisomique de 16 mois. (…). Je m'appelle Sabine, j'ai 37 ans et je suis mariée à Luc (42 ans) depuis seize ans. Mon mari travaille avec des adultes handicapés mentaux. Nous avons quatre enfants (deux garçons biologiques de 15 et 13 ans et deux filles adoptées du Rwanda, de 10 ans.) Depuis décembre 1998, nous sommes la famille d'accueil de Jean, né le 23 octobre 1998, pupille de l'Etat, puisqu'il a été abandonné par ses parents à cause de sa trisomie et d'une grave cardiopathie dont il souffrait. (…).

Maintenant, il grandit et grossit bien. C'est un petit garçon super sympa qui a une envie de vivre pas possible et plein de volonté. Comme tout enfant trisomique, il a besoin d'être stimulé mais, à la maison, pas de problème, car nous sommes six à nous occuper de lui.

Il est chez nous en attendant une famille adoptive mais si cela ne se présente pas, nous voulons bien rester sa famille d'accueil à vie. Je ne peux que vous encourager à devenir famille d'accueil d'un enfant handicapé. C'est très enrichissant pour tout le monde, pour l'enfant mais aussi pour votre famille. »