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Fausse-couche
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"Il
n'avait que 3 mois, mais je sentais sa présence en
moi"
Magali, août 2004
"Mon
conjoint n'en parle pas et fuit le sujet"
Audrey, août 2004
"Je
n'oublierai jamais cette ligne droite sur l'écran"
Marine, mai 2004
"Nous
étions si heureux d'attendre ce bébé"
Mélanie, janvier 2004
"Je l'imaginais déjà dans mes bras..."
Aurélie, janvier 2004
"Je
ne retournerai jamais dans cet hôpital"
Angélique, janvier 2004
"Merci de permettre
aux femmes de s'exprimer sur ce tabou"
Béatrice, janvier 2004
"Je ne supporte
plus qu'on me dise que ce n'est pas grave"
Julie, décembre 2003
"J'ai revu mes
priorités"
Fabienne, août 2003
" Pas un mot
de soutien, rien..."
Sylviane, juin 2003
"Je n'ai pas ressenti
de réconfort de la part de mon entourage"
Julia, août 2003
""Mon bébé,
juste un caillot, un débris !"
Stéph', novembre 2002
"J'avais
l'impression que je n'étais qu'un numéro"
Nathalie, décembre 2003
"Je
n’en parle jamais ou presque"
Delphine, septembre 2003
"Cet
enfant était pour moi un cadeau de la vie"
Valentine, août 2003
"J'aurais
aimé la prénommer Violette"
Maryline, juin 2003
"Qu’on
me donne le droit de faire mon deuil !"
Julie, février 2003
"On
nous a traités de manière inhumaine"
Aude, janvier 2003
"Il
faisait déjà partie de notre vie"
Guillaume, janvier 2003
"Un
mois après, je me sens encore mal"
Evangéline, janvier 2003
"La fausse-couche,
c'est très difficile à vivre"
Anne-Lise, novembre 2001

"Il
n'avait que 3 mois, mais je sentais sa présence en
moi"
Magali,
août 2004
«
Bonjour,
je m'appelle Magali et j'ai 22 ans. J'étais enceinte
de 3 mois lorsqu'en plein magasin, j'ai eu une hémorragie
importante. On a dû me porter jusqu'à la voiture
pour m'emmener à l'hôpital. Arrivée aux
urgences, j'ai eu la chance d'avoir devant moi des personnes
très compréhensives : me voyant en pleurs et
paniquée, ils m'ont laissé passer devant. Mais
c'était trop tard. Arrivée à l'examen
gynécologique, le médecin après avoir
fait l'échographie m'a dit : "madame, le bébé
est mort."
Depuis c'est la souffrance. J'en veux à
mon job et à mes patrons qui me stressent trop, je
suis persuadée que c'est leur faute. Aujourd'hui, ça
va faire deux mois que ça s'est produit et je reprends
à peine le boulot. Mais c'est dur. Il n'avait que 3
mois, mais je le connaissais, je sentais sa présence
en moi. Aujourd'hui, il n'est plus là, je suis vide...
C'est ma 2ème fausse couche de
2 grossesses non désirées (…), mais pour
finir, cet enfant était tellement aimé…On
ne nous comprend pas, on ne comprend pas ma souffrance. (…)
J'attends avec impatience de pouvoir tomber de nouveau enceinte
et croyez-moi, cette fois, ça sera voulu.
»

"Mon
conjoint n'en parle pas et fuit le sujet"
Audrey,
août 2004
«
Il y
a à peine 15 jours que j'ai vécu la perte de
mon bébé de six semaines, je n'ai rien auquel
me rattacher, rien.
Tellement de souffrance, je pleure en silence le soir dans
mon lit, en espérant pouvoir dormir paisiblement sans
en rêver. J'ai mal, j'essaye de ne plus y penser, mais
il y a toujours quelque chose pour vous le rappeler…
On se demande pourquoi tant d'autres en sont capables et pas
nous. Mon conjoint n'en parle pas et fuit le sujet.
Il y a déjà deux ans que
nous avons entrepris d'avoir un enfant, tant de déceptions
chaque mois quand nous constations que je n'étais pas
enceinte. La joie était tellement grande quand c'est
arrivé et maintenant la douleur est tellement forte…
Je refuse d'en parler parce que ça fait toujours plus
mal, je laisse le temps passer en espérant que la douleur
se panse. Merci pour les précieuse informations que
votre site fournit, vous faites du beau travail.
»
"Je
n'oublierai jamais cette ligne droite sur l'écran"
Marine,
mai 2004
«
Bonjour,
je vous écris car il y a 15 jours je me suis mise tout
à coup à pleurer en disant à mon mari
que je sentais que le bébé que je portais dans
mon ventre depuis déjà 8 semaines était
mort. Il m'a regardée et m'a dit d'arrêter de
penser à des mauvaises choses. Pourtant je le sentais
très fort.
Pour me rassurer, je décide d'aller le lendemain voir
mon gynéco. Il m'a fait une écho (…) et
là, l'horreur, je n'oublierai jamais de toute ma vie
cette ligne droite sur l'écran : son cœur ne battait
plus et le mien allait sortir de ma poitrine tellement il
battait vite.
Je n'oublierai jamais la
souffrance, la lassitude, la colère et l'impuissance
que j'ai ressenties. Je ne voulais plus voir personne et j'en
voulais (et j'en veux toujours) aux femmes enceintes qui sont
au même stade que celui où j'aurais dû
être.
Deux jours ont passé et j'ai subi
un curetage : j'ai ressenti cette opération comme une
amputation d'une partie de moi, comme si on m'avait coupé
un bras. En me réveillant de l'anesthésie, j'ai
beaucoup pleuré, je me sentais vide, complètement
vide. Pourtant, je fais croire à tout le monde que
je vais très bien. (…)
Depuis, ça va mieux, même si je pense tout le
temps à mon bébé. J'ai un tiroir où
j'ai rangé tout ce qui concerne ma grossesse (livres,
crème...) et je n'ose pas l'ouvrir, je le regarde du
coin des yeux, je ne comprends pas pourquoi. J'attends avec
impatience de retomber enceinte.
»

"Nous
étions si heureux d'attendre ce bébé"
Mélanie,
janvier 2004
«
Porter
pour une deuxième fois la vie et la perdre encore...
Nous étions si heureux d'attendre ce bébé,
j'étais tellement surprise d'être enceinte au
bout de 15 jours, alors qu'il m'arrive toujours des problèmes
sur le plan médical…
J'avais songé à l'éventualité
d'une fausse couche car on dit que c'est fréquent,
surtout avant trois mois... Et puis, un jour, j'ai perdu du
sang… Le médecin m'a dit : "attendez, ce
n'est pas forcément une fausse couche." Une semaine
d'attente, les urgences, et l'échographie révélant
que le cœur du bébé avait cessé
de battre…
J'étais enceinte de huit semaines, c'est tellement
dur, comment faire pour ne plus y penser, ne plus pleurer
? »

"Je
l'imaginais déjà dans mes bras..."
Aurélie,
janvier 2004
«
C'est
difficile de l'accepter. Je m'appelle Aurélie et j'ai
22 ans. Aujourd'hui, mercredi 28 janvier, j'ai fait un curetage.
En fait hier, lors de ma première échographie,
le médecin a fait la grimace, et j'ai compris tout
de suite… Il m'a dit : "il n'y a aucune activité
cardiaque, je vous mets d'urgence à la clinique demain
matin" sans me donner d'autres explications.
Alors depuis je pleure, j'ai mal, actuellement
mon bébé n'est plus en moi, il me manque. Beaucoup
m'ont dit : "t'inquiètes pas, tu en auras d'autres,
et c'est très courant", même mon copain
avec qui je vis m'a dit cela.
Je souffre, cela faisait 2 ans 1/2 que j'essayais d'en avoir
un, il était là, et il faisait déjà
partie de la famille, je l'imaginais déjà dans
mes bras... Mon copain m'a dit aussi: "Aurélie,
moi je veux tourner la page, et je ne veux plus parler de
ce bébé, on en fera un autre, c'est pas dramatique."
Ce sont ses propres mots qui m'ont blessée, c'est pour
cette raison que je vous écris car cela me réconforte,
je suis pas la première qui ai vécu cela et
ces témoignages me font comprendre que je ne dramatise
pas, car nous savons tous que c'est douloureux, que nous souffrons
terriblement.»

"Je
ne retournerai jamais dans cet hôpital"
Angélique,
janvier 2004
«
Maman
de deux adorables enfants de 3 ans et 10 mois, nous décidons
avec mon mari de mettre un petit troisième en route.
Deux mois plus tard, je suis enceinte. Nous mesurons très
bien la part de boulot qui nous attend, mais nous trouvons
cela génial.
(…) Fin du deuxième mois, j'ai quelques saignements
mais je ne m'inquiète pas car, n'ayant jamais fait
de fausse couche, je ne pense pas que cela puisse m'arriver.
Les jours passent, les saignements persistent, je décide
donc en début de semaine suivante de me rendre à
la maternité pour une échographie de contrôle.
Et là, le verdict tombe : le gynéco m'annonce
qu'effectivement la grossesse est arrêtée et
qu'il va falloir me faire un curetage. Je ne comprends pas
tout ce qui se passe.
Je tente d'appeler mon mari pour le prévenir
mais quand il décroche, je pleure tellement que je
suis incapable de parler. Ensuite, tout s'enchaîne :
visite avec l'anesthésiste à qui je demande
ce qu'est un curetage et qui me répond: "Votre
gosse est mort, y'a des débris, faut les enlever sinon
vous pouvez attraper un cancer." Je ne réponds
même pas tellement cette phrase m'assomme. Ils m'ont
ensuite fait le curetage dans l'après-midi et je suis
ressortie le soir. Le gynéco n'est même pas revenu
me voir avant ma sortie. Je n'ai eu aucun soutien ou proposition
de voir un psy. (…) Pour l'instant, je suis encore très
déprimée et sûre d'une seule chose, c'est
que je ne retournerai jamais dans cet hôpital.»
"Merci
de permettre aux femmes de s'exprimer sur ce tabou"
Béatrice,
janvier 2004
«
J'ai
31 ans et j'ai fait 3 fausses couches. La première
était avant mes deux enfants et je viens d'en faire
deux de suite, la dernière datant du mois d'août,
à 11 semaines. Ce qui est le plus difficile, c'est
d'entendre dire "vous saviez les risques, puisque vous
êtes dans le milieu". Je suis en effet infirmière
mais ce n'est pas pour autant que je ne souffre pas, au contraire,
car j'ai dû affronter seule l'hospitalisation, et ensuite
l'expliquer à mes deux autres enfants.
Aujourd'hui je suis en congé maternité
car, la déclaration de grossesse étant faite,
j'ai dû prendre les congés pré et post-nataux
ce qui est difficile à expliquer à tout le monde
: être en congé maternité sans bébé…
Je suis de nouveau enceinte de 11 semaines mais je redoute
la prochaine échographie… Je ne veux plus entendre
"vous devez aller aux urgences car il n'y a plus d'activité
cardiaque". Merci de pouvoir enfin permettre aux femmes
de s'exprimer sur ce tabou.»

"Je
ne supporte plus qu'on me dise que ce n'est pas grave"
Julie,
décembre 2003
«
Bonjour
à toutes : d'abord, je voulais vous dire que vos témoignages
m'ont beaucoup touchée. J'ai fait une fausse couche
à 6 semaines de grossesse, mon conjoint et moi désirions
cet enfant depuis près de 3 ans. Le grand jour est
arrivé mais ce bonheur a été de courte
durée.
Cette épreuve est la plus difficile qui me soit arrivée.
Je n'arrive pas à remonter la pente, je me dis des
fois que c'est un mauvais rêve et qu'il est toujours
là, mais je sais au fond de moi que j'ai perdu ce petit
être qui était là.
Je n'ai plus goût à la vie
et je ne supporte plus d'entendre ces gens qui disent que
ce n'était qu'un œuf, que ce n'est pas grave,
que ça me passera. Personne ne peut me réconforter,
j'ai l'impression d'avoir perdu une partie de moi et je ne
m'en remettrai jamais. Pour moi, ce bébé était
là et du jour au lendemain il s'en est allé.»

"J'ai
revu mes priorités"
Fabienne,
août 2003 (purchasing@tempolec.be)
«
Je suis âgée
de 30 ans et j'ai une petite fille de 2 ans 1/2. Au début
du mois de mai, j'ai appris que j'étais à nouveau
enceinte. Quelle joie ! (…) Tout se passait à
merveille, du moins, c'est ce que je pensais. En effet, mi-juin,
mon gynécologue a constaté lors de l'échographie
que mon bébé de 13 semaines ne vivait plus.
Passé le premier moment de stupeur, je me suis effondrée.
J'en voulais à la terre entière et quand je
l'ai annoncé à mon mari, lui aussi s'est effondré.
On a toutefois décidé de prévenir
immédiatement tous ceux qui étaient déjà
au courant de cette grossesse pour éviter toute question
malheureuse par la suite. Je n'ai pas ressenti de honte ou
de gêne à parler de cette situation. Après
tout, si les autres peuvent partager ma joie, ils peuvent
aussi m'aider à surmonter mes peines...
Au point de vue médical, le gynécologue
me laissait deux semaines pour que la fausse couche se déclare
toute seule. Je ne comprenais pas pourquoi je devais continuer
à porter ce bébé dont le cœur ne
battait plus ! Mais ses explications m'ont rassurée
et j'ai donc accepté cette situation.
J'ai vécu les deux semaines les plus horribles et longues
de ma vie, pensant chaque instant à mon bébé...
Je ne souffrais pas physiquement, mais moralement, c'était
dur.
Quand, après deux semaines, la fausse-couche
s'est déclarée, j'ai été très
rapidement prise en charge aux urgences et, en fin de compte,
tout s'est bien passé. Dès le lendemain, je
me sentais bien physiquement. Moralement, j'ai vécu
une deuxième fois la perte de ce bébé.
Mais grâce à mon mari et
mon entourage, mon moral va de mieux en mieux. Ce qui n'arrive
qu'aux autres m'est arrivé... Il faut que je vive avec...
Il n'y a pas à en avoir honte, ça fait partie
de la vie, même si c'est dur, très dur. (…)
Je profite de chaque instant de notre vie de famille, j'ai
revu mes priorités : la vie est trop courte pour ne
pas essayer d'en tirer le meilleur. Je reste positive et optimiste,
je m'accroche.»

""Pas
un mot de soutien, rien..."
Sylviane,
juin 2003 (calimero5@sympatico.ca)
«
"J'ai
perdu mon rêve, mon espoir, cet être tant désiré
dans un bain de sang et une douleur intolérable...
Mon corps réagissait comme si on arrachait mon bébé
à moi... Pourquoi moi ? C'est la question que je me
pose, pourquoi me faire traverser cette épreuve alors
que je le désire tant cet enfant et l'aime déjà
tellement !
"Cela arrive au 2/3 de mes patientes, me dit la gynécologue,
avec froideur et empressement. Faites un test sanguin dans
quelques jours et une échographie dans 15 jours pour
voir si tout est revenu dans l'ordre". Pas un mot de
soutien, rien... "C'est comme cela, attendez trois mois
avant de recommencer" et au revoir... au suivant !
Compassion, écoute, réconfort, conseil... Qu'est
devenue la médecine moderne ?»

"Je
n'ai pas ressenti de réconfort de la part de mon entourage"
Julia,
août 2003
«
J'étais
enceinte pour la première fois de 9 semaines, et très
heureuse de l'être évidemment. Tout se passait
peut-être trop bien. Pour ma première échographie,
j'étais un peu inquiète mais aussi très
impatiente et toute heureuse, car j'attendais cette écho
pour le voir enfin.
Face à l'écran, le gynéco nous dit sans
ménagement que son petit cœur ne bat plus depuis
à peu près 10 jours. Je suis restée figée
devant l'écran, comme si j'attendais un signe de mon
petit bout.
J'ai été hospitalisée de
suite pour un curetage. Tout s'est passé très
vite. Je n'ai jamais versé autant de larmes. C'était
la semaine dernière. Mille choses me passent par la
tête, je suis même allée jusqu'à
me dire qu'il avait dû se tromper, qu'on me l'avait
enlevé...
Je n'ai pas vraiment ressenti de réconfort
de la part de mon entourage. Les gens ne savent pas trop quoi
dire, je sais bien, mais... Mon ami, lui, a été
et est toujours à mes petits soins. J'ai de la chance
par rapport à ça.
Aujourd'hui, j'ai repris le travail et
du coup, mes larmes se sont un peu dissipées mais je
me sens vidée.»

"Mon
bébé, juste un caillot, un débris !"
Stéph',
novembre 2002
«
J'ai
fait une fausse couche il y a quelques mois. Oh, je ne savais
pas ce qu'il se passait, un peu de sang un matin au réveil…
J'étais enceinte de 3 mois.
J'ai patienté, assise dans une salle d'attente pendant
des heures, avant que l'on daigne s'intéresser à
moi.
Je remercie la jeune interne qui s'est occupée de moi,
j'ai lu la panique et le désarroi dans ses yeux quand
elle m'a annoncé que le cœur du bébé
ne battait plus.
L'échographe, lui, ne m'a même pas regardée
pour me dire que le fœtus était mort.
Hospitalisée le soir même, pour
un curetage le lendemain matin, j'ai souffert toute la nuit.
Le matin, en essayant de me préparer pour l'intervention,
le fœtus m'est tombé sur les pieds. L'infirmière
s'est précipitée et m'a dit "Ce n'est rien,
juste un gros caillot de sang".
Lorsque j'ai voulu connaître le
résultat de l'analyse du fœtus, l'on m'a annoncé
que rien n'avait pu être analysé, que lors du
curetage il n'y avait plus de fœtus -juste des débris
!
Le médecin gynécologue n'a jamais daigné
me parler. Seules les infirmières et sages-femmes m'ont
accordé quelques instants à mon réveil
pour me dire qu'il fallait que je reprenne la pilule pendant
deux mois.
Voilà, le caillot c'était mon BEBE, il m'est
tombé sur les pieds.
Mon BEBE, juste un caillot, un débris !
Le débris c'est moi maintenant, la rage au ventre.
»

"J'avais
l'impression que je n'étais qu'un numéro"
Nathalie,
décembre 2003 (nathalie.chevtchenko@caramail.com)
«
Je voudrais
rassurer toutes les femmes qui ont eu la douleur de perdre
leur bébé, de faire une fausse couche.
J'étais enceinte de 10 semaines. Mon conjoint et moi
avions fait plein de projets pour l'arrivée de notre
bébé, et un jour de mars 2001, le 19, j'ai perdu
du sang, senti mon corps changer et mon bébé
descendre... Tout de suite, je me suis rendue aux urgences.
J'ai attendu plus de deux heures dans la salle d'attente de
la maternité. Autour de moi, je voyais des femmes enceintes
et des bébés... C'était horrible à
supporter... Ensuite le médecin m’a fait passer
une échographie et ma dit : "l'œuf est vide,
on va pratiquer un curetage, ne pleurez pas, l'enfant n'était
pas viable, c'est mieux comme cela..."
Là, j'avais l'impression que je n'étais qu'un
numéro, qu’un client de ce docteur, ça
été atroce.
Je m'en suis voulue pendant plusieurs mois...
Je croyais que c'était de ma faute, mon conjoint aussi
s'en est voulu....
Je suis tombée de nouveau enceinte cette année,
au mois de janvier, j'ai alors changé de gynécologue
et je suis tombée sur une femme qui a su me rassurer
tout au long de ma grossesse. A partir de ce moment, j'ai
pu faire le deuil de mon bébé et vivre ma grossesse
pleinement (même si l'angoisse ne disparaît pas
totalement).
Aujourd'hui, je suis maman d'une petite
fille, Laura, qui aura 2 mois le 28 décembre.
Même si j'ai eu un accouchement difficile qui a dû
se terminer par une césarienne en urgence, j'étais
tellement fière de ma fille quand on me l’a mise
sur le ventre… A ce moment, j'ai tout oublié
et j'ai pleuré de joie...C'était magique...
Alors je tiens à dire à toutes les femmes de
ne pas avoir peur, de changer de gynéco et parler,
poser des questions... Bon courage à toutes !
»

"Je
n’en parle jamais ou presque"
Delphine,
septembre 2003
«
Agée de 20 ans, je suis avec mon
ami depuis 2 ans. J’ai arrêté la pilule
au mois de janvier pour avoir un bébé, mais
le 16 mai je me trouvais au lycée, une douleur affreuse
au bas du ventre m’alerta immédiatement. Inconsciemment,
je savais mais je me cachais la vérité.
Je me rendis au toilette et là... malheur, je perdais
du sang.
En urgence, je me rends à la maternité la plus
proche et là j’attend 2 heures, à côté
bien sûr des femmes qui venaient faire leurs échographies...
Mon état me paraissait urgent mais pas pour les bonnes
femmes de là-bas, elles en avaient réellement
rien à foutre. J’avais mal au ventre comme jamais,
mais j’attendais, j’avais toujours l’espoir...
Mon tour arriva et voilà, fausse couche...
Je n’en parle jamais ou presque, j’ai honte de
moi et de mon ventre. J’ai peur que cela recommence…
»

"Cet
enfant était pour moi un cadeau de la vie"
Valentine,
août 2003
«
J'ai 21 ans et j'ai
fait une fausse couche à 3 mois de grossesse, il y
a 2 mois et demi. A l'époque, mon copain voulait me
forcer à subir une IVG mais j'ai pris conscience que
j'avais la liberté de choisir. Malgré la pression
de mon entourage, j'avais décidé de mener cette
grossesse à terme et d'élever seule cet enfant
qui était pour moi un cadeau de la vie.
Malheureusement, le jour de la fête des mères,
on m'a appris brutalement que la grossesse était arrêtée.
Mon cauchemar a commencé à ce moment précis,
je me suis retrouvée seule, sans copain et sans bébé.
Depuis, je porte cette douleur en moi tous les jours, cette
souffrance que rien ne soulage… »

"J'aurais
aimé la prénommer Violette"
Maryline,
juin 2003
«
Au regard des témoignages,
je me dis qu'en cet instant présent, je ne suis plus
seule, je me reconnais dans les sentiments exprimés...
Un bébé qui nous quitte alors qu’il était
en moi, qui nous donnait déjà une force vive,
de l'espoir.
Je viens également de vivre une fausse couche, il y
a un mois. La tristesse est toujours en moi.
J'ai besoin de l'imaginer, de l'identifier
pour reprendre espoir. C'est pourquoi, j'aime à m'imaginer
que c'était une deuxième petite fille qui grandissait
en moi, que j'aurais aimé la prénommer "Violette".
Je veux qu'elle vive en moi, dans mes pensées et qu'elle
ne soit pas quelque chose de "banal" ainsi que certain
médecin qualifie la fausse couche.
Je sais que cet événement me fera grandir et
m'est et me sera porteur d’encore plus d'amour pour
ma fille Aline de 3 ans et demi et pour un prochain heureux
événement, qui j'espère ne saurait tarder.
»
"Qu’on
me donne le droit de faire mon deuil !"
Julie,
février 2003 (julieroberge29@videotron.ca)
«
Je suis une jeune femme de
25 ans et je viens de faire ma deuxième fausse-couche
: cette fois-ci j'ai perdu des jumeaux.
Le plus dur, c’est de ne pas comprendre, et aussi d’être
traitée comme un numéro… Je souffre, j'ai
mal en dedans et je suis en colère : imaginez qu’une
infirmière est allée jusqu’à me
dire : "vous allez avoir deux semaines de congé,
c'est super !"… Comment voulez-vous que je digère
ça ?
J'essaie de m'en remettre mais, j’ai du mal, car j’ai
l’impression que médecins et infirmières
ne me donnent pas le droit de faire mon deuil... »
"On
nous a traités de manière inhumaine"
Aude,
janvier 2003 (alectard@yahoo.fr)
«
Voilà un mois
que j’ai perdu notre bébé (ou "produit
biologique" comme on nous l’a dit)… Le choc
a été brutal : tout se passait pour le mieux,
jusqu’à la 1ère échographie, au
cours de laquelle on nous a annoncé très durement
: "Il n'y a pas d'activité cardiaque, rhabillez-vous,
ça fera 50 euros 30..." sans plus d'explications...
Un seul mot pour qualifier pareille attitude : inhumain !
Réussissant malgré tout à
nous ressaisir, nous avons appris que la grossesse s'était
interrompue depuis la 8ème semaine (j'en étais
à la 12ème). L'échographe, une femme
pourtant, n’a rien trouvé d’autre à
nous dire que d'attendre que le bébé parte...
Et puis on nous a mis dehors, sans plus d'explication, comme
des pestiférés.
Heureusement, notre généraliste a su, elle,
nous conseiller, nous orienter.
C'est une période affreuse à vivre
: comment faire comprendre sa souffrance aux autres puisque
pour eux cet enfant n’était pas encore là,
ne bougeait pas et que je ne l’ai pas connu ?... La
plupart des gens qui nous entourent ont nié ma douleur,
notre douleur.
Alors mon mari et moi avons pris le parti d'en parler autour
de nous : nous avons reçu plein de témoignages
de gens de tous âges nous disant être aussi passés
par là. Même si ça ne change rien aux
faits, nous somme compris...et ça change tout.
Puisqu’il est si fréquent
de faire une fausse couche, pourquoi ne pas en avertir les
futures mères : on vit mieux ce à quoi l'on
est préparé... »
"Il
faisait déjà partie de notre vie"
Guillaume,
janvier 2003
«
Ma femme, 27 ans, a fait une fausse
couche cette nuit. Le cœur de notre bébé
a cessé de battre à 10 semaines de grossesse.
Je parle volontairement de bébé et non de fœtus
ou d'embryon, car il était en nous, parmi nous, il
faisait déjà partie de notre vie.
Je ne peux m’empêcher de culpabiliser : et si
c’était de ma faute ? Et si j'avais donné
à ma femme les moyens de se reposer un peu plus ? Et
si…
La douleur est là, elle est dans mon ventre, dans ma
gorge, dans mes yeux, sur mes joues. Les gens se trompent.
Ils croient que l'on souffre parce que le bébé
ne viendra pas. Au contraire, on pleure parce qu'il nous a
quittés. »

"Un
mois après, je me sens encore mal"
Evangéline,
janvier 2003 (evangeline.matura@wanadoo.fr)
«
J'ai 22 ans, jusqu'à maintenant
tout me réussissait : boulot, santé, amis...
Mon ami et moi souhaitions un enfant et avons décidé
de sauter le pas. Au bout de trois mois, je suis tombée
enceinte. C'était super.
Et puis, au bout de 10 semaines, j'ai perdu du sang. Mon médecin
m'a fait passer une écho et là le verdict est
tombé : "grossesse non évolutive".
Le bébé avait cessé de se développer
après 6 semaines. Ça a été horrible,
d’autant que j'ai réalisé que mon corps
ne l'avait pas rejeté immédiatement à
sa mort. A partir de là, je me suis effondrée.
Le plus dur c'est qu’en ce triste
mois de décembre, je n’arrêtais pas de
voir les pubs pour des cadeaux de bébés. Quand
je sortais, je tombais sans arrêt sur des femmes enceintes
et des bébés. Aujourd'hui, ça fait un
mois que ça m'est arrivé, je me sens encore
mal. Je crois que je ne pourrai jamais oublier cette épreuve.
Je souhaite retomber enceinte mais ça me fait si peur
! Pourtant je sais que rien ne prédit que je ne puisse
être maman un jour. Je souhaite de tout cœur que
ça ne tarde pas trop… »

"La
fausse-couche, c'est très difficile à vivre"
Anne-Lise,
novembre 2001
«
J'ai fait une fausse-couche et je trouve
ça très difficile à vivre. J'ai 22 ans
et cela faisait deux mois que mon conjoint et moi essayions
d'avoir un enfant. Je souffre d'endométriose... Deux
ans d'essai et voilà qu'on perd notre enfant.
Je comprends les femmes qui souffrent, car moi-même
je souffre énormément. Ma vie ne sera plus jamais
la même. Nous allons essayer encore et j'espère
que nous réussirons très rapidement.
J'en étais à
ma dixième semaine de grossesse... C'est la vie mais
c'est douloureux de perdre un bébé, car pour
moi c'en était déjà un. »
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