Les accidents de contraception

Malgré un taux record de recours à la contraception par les Françaises, le nombre d’IVG demeure élevé. Les 2/3 des femmes qui vivent une IVG disent utiliser un mode de contraception.

Différence entre l’efficacité théorique et  l’efficacité pratique  de la contraception :

La réalité, c’est qu’il existe une différence entre l’efficacité théorique et l’efficacité pratique de la contraception. C’est particulièrement vérifié en France. On parle de paradoxe contraceptif français. Que ce soit par défaut d’utilisation ou de fonctionnement, le constat est que la maitrise totale de la fertilité par la contraception est une illusion qui peut conduire à de grands malentendus et de graves désillusions.

Les accidents de contraception les plus fréquents sont les oublis de pilule, son rejet pour cause de maladie et  la rupture ou la mauvaise utilisation du préservatif.  Parfois des grossesses sont possibles sous stérilet. Le stérilet a un double effet possible : bloquer l’ovulation en empêchant la conception ou s’il y a conception, empêcher la nidation de l’embryon dans l’utérus. Parfois des embryons arrivent à s’implanter malgré tout. Plus rarement, des dysfonctionnements de pilule ou d’implant (qui peuvent aussi être dus à des interactions avec d’autres traitement médicamenteux).

Signes d’un désir ambivalent de grossesse ?

Certains avancent que ce type « d’accidents » pourrait être parfois le résultat d’un désir ambivalent de grossesse pour vérifier inconsciemment sa propre fécondité, en décalage avec un désir réel de maternité.

Quelle que soit la cause réelle ou inconsciente, la survenue d’une grossesse non prévue peut être appréhendée par celles et ceux qui la vivent de manière différente : une surprise que l’on accueille finalement ou un questionnement douloureux.

Comment réagir ?

Comme pour tout évènement imprévu, cela demande du temps et de la réflexion pour s’adapter à une situation nouvelle. (lire aussi : grossesse imprévue)

En tant que femmes, nous pouvons nous sentir culpabilisées par un échec de contraception. « Ai-je droit à l’erreur ? Une grossesse non programmée est-elle si insurmontable ? » Catherine Bergeret-Amselek, psychanalyste, dans un débat organisé en Juillet 2011 par la revue Parents, notait que  » Le bébé désiré n’est pas le bébé décidé. Aujourd’hui, on « met en route » un bébé, on le prévoit. La vie, ça ne marche pas  toujours comme ça. » On observe une grande confusion dans la perception et la compréhension de ces termes : les choses sont souvent plus compliquées et un bébé imprévu peut tout à fait être ou devenir un bébé désiré.

Pour certaines femmes le recours à l’IVG peut être vécu comme une fatalité sous la pression d’un compagnon ou de leur entourage.

Dans cette situation, il est important de pouvoir exprimer ses questionnements, ses doutes, ses allers-retours. Le désir de grossesse peut évoluer après la découverte d’une grossesse imprévue, spécialement pour la femme qui la vit dans son corps et dans sa psychologie. Bien souvent, même si les conditions ne sont pas idéales, les femmes seraient prêtes à accueillir une grossesse. Mais ce désir fragile peut être entravé par des obstacles (peurs de perdre un compagnon, difficultés matérielles, et  pour les plus  jeunes la pression des parents ou de l’entourage, etc…)

Prendre le temps du recul et de l’écoute :

Pour ne pas se laisser déborder dans ce moment qui peut occasionner des conflits, pouvoir en parler et prendre un temps de recul est souvent nécessaire pour y voir clair en soi .

Être écoutée peut aider  à laisser émerger son désir profond, à appréhender les différences psychologiques masculines et féminines qui peuvent se révéler dans ces moments-là, à être respectée, à connaître aussi les aides qui existent ou encore à exprimer ses craintes par rapport à l’IVG.