"J'ai
mis du temps à apprivoiser ma fille, mais aujourd'hui,
je l'adore"
Janique,
octobre 2004 (Janique.dauchy@wanadoo.fr)
«
Je suis tombée enceinte à 19 ans, mais ne
l'ai appris qu'à 6 mois de grossesse : le choc. Trop
tard pour l'avortement : je devais assumer. J'étais
avec mon ami depuis 2 ans et nous venions de nous séparer
: et, bien sûr, lorsque que je lui ai dit que j'attendais
un enfant, il n'a rien voulu savoir.
Mes parents n'ont pas cessé de pleurer
: ils n'étaient pas vraiment fiers de moi. J'ai donc
accouché seule et ai élevé seule ma
fille, qui a aujourd'hui 2 ans. Ça a été
très dur, tout ce temps seule avec un bébé
qui ne cesse de pleurer… J'ai pas arrêté
de pleurer moi aussi, pendant des mois. En fait, je m'occupais
de ma fille un peu comme si ce n'était pas la mienne.
Comme si je faisais du baby-sitting 24/24h.
Puis, vers 3 mois, elle m'a fait son premier
sourire et là ce fut le coup de foudre : je me suis
rendu compte que j'étais maman et fière de
l'être. J'en ai mis du temps, mais c'était
tellement inattendu cette grossesse que j'avais énormément
de mal…
Enfin, quand elle a eu 8 mois environ, j'ai
rencontré un homme qui, deux mois plus tard, l'a
reconnue comme sa propre fille (il a eu le coup de foudre
aussi, pour ce petit bout). Maintenant, ça fait 2
ans qu'on est ensemble, Maeva a eu une petite sœur
qui a 3 mois et tout se passe à merveille. On compte
déjà mettre le 3ème en route pour cet
été.
Avec mes parents, la pilule a été
dure à avaler mais ça va mieux. Ils ont un
peu de mal quand Maeva les appelle papi et mamie, mais ça
passera…
Aujourd'hui, Maeva est superbe et je ne regrette rien. Je
l'aime plus que tout…»
"Mes
parents l'ont su quand j'ai accouché"
Gwendoline,
18 ans, "C'est mon choix", 2004
«
La naissance de son fils a été une sacrée
surprise pour son entourage, car ses parents ont découvert
qu'elle était enceinte le jour de son accouchement.
Ça ne se voyait pas, elle l'avait caché. Le
père du bébé, Gaylor, n'a jamais été
présent pendant la grossesse.
- Son père
: "J'ai eu un appel de ma fille, pleurant au téléphone,
disant "papa, ça ne va pas". J'ai dit :
"qu'est-ce qui passe ? ". Et la docteresse me
dit : "voilà, elle est enceinte"."
- Gwendoline (elle pleure)
: "J'avais peur de la réaction de mes parents".
Gwendoline a vécu seule sa grossesse.
Gaylor, le père de son enfant, l'a quitté
en apprenant qu'elle était enceinte. Elle vit toujours
chez ses parents, avec son enfant, Frédéric.
Il a aujourd'hui deux ans.
- Gwendoline : "Quand
je suis avec mon enfant, faut que je mûrisse d'un
coup, comme si j'avais 25 ans… Et quand je suis au
lycée, je suis la petite gamine… J'essaye de
concilier les deux." »
"Après
six mois, je n’avais pas de ventre"
Caroline,
Le Figaro, 2002
« Il
y a un peu plus de deux ans que Caroline s’est enfuie
de la maison familiale, un beau matin, de peur d’avouer
la vérité à sa mère : elle,
si sérieuse petite dernière de cette famille
de neuf enfants, celle qui réussissait ses études,
attendait un enfant à seize ans à peine.
Jusqu’au sixième mois, elle a dérobé
sa grossesse aux yeux de ses proches : "Au bout de
tout ce temps, je n’avais pas de ventre. Le gynécologue
m’a expliqué ensuite que ma fille s’était
"cachée" en reculant vers mes reins…
Mais quand je suis arrivée au foyer, mon ventre s’est
mis à gonfler d’un coup, et j’ai pris
dix kilos…"
Caroline, jolie rousse au visage parsemé
de taches de rousseur, refuse toujours de partager son toit
avec Frédéric, le papa : "On est toujours
ensemble, et, je l’espère, pour la vie, dit-elle.
Mais aujourd’hui, j’ai beaucoup changé,
il a parfois du mal à suivre : il faut qu’il
mûrisse. Ce qui compte, désormais, c’est
ma fille, et puis mes études. Je n’ai plus
de temps pour les distractions. Et financièrement,
c’est vraiment très dur…"
Aujourd’hui, Caroline vit de l’aide
aux parents isolés, et elle a dû provisoirement
réviser ses ambitions : celle qui se voyait biologiste
sera pour l’instant aide-soignante, une formation
plus courte. (…) "Ma fille, je l’adore,
c’est ma vie, mais j’étais vraiment jeune.
Si c’était à refaire, je reprendrais
dans l’ordre ce que nous avons fait dans le désordre."
»