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Le déni de grossesse > Témoignages

 

"J'ai mis du temps à apprivoiser ma fille, mais aujourd'hui, je l'adore"
Janique, mail d'octobre 2004

"Mes parents l'ont su quand j'ai accouché"
Gwendoline, "Jour après jour", 2004

"Après six mois, je n’avais pas de ventre"
Caroline, Le Figaro, 2002

"J'ai mis du temps à apprivoiser ma fille, mais aujourd'hui, je l'adore"

Janique, octobre 2004 (Janique.dauchy@wanadoo.fr)

« Je suis tombée enceinte à 19 ans, mais ne l'ai appris qu'à 6 mois de grossesse : le choc. Trop tard pour l'avortement : je devais assumer. J'étais avec mon ami depuis 2 ans et nous venions de nous séparer : et, bien sûr, lorsque que je lui ai dit que j'attendais un enfant, il n'a rien voulu savoir.

Mes parents n'ont pas cessé de pleurer : ils n'étaient pas vraiment fiers de moi. J'ai donc accouché seule et ai élevé seule ma fille, qui a aujourd'hui 2 ans. Ça a été très dur, tout ce temps seule avec un bébé qui ne cesse de pleurer… J'ai pas arrêté de pleurer moi aussi, pendant des mois. En fait, je m'occupais de ma fille un peu comme si ce n'était pas la mienne. Comme si je faisais du baby-sitting 24/24h.

Puis, vers 3 mois, elle m'a fait son premier sourire et là ce fut le coup de foudre : je me suis rendu compte que j'étais maman et fière de l'être. J'en ai mis du temps, mais c'était tellement inattendu cette grossesse que j'avais énormément de mal…

Enfin, quand elle a eu 8 mois environ, j'ai rencontré un homme qui, deux mois plus tard, l'a reconnue comme sa propre fille (il a eu le coup de foudre aussi, pour ce petit bout). Maintenant, ça fait 2 ans qu'on est ensemble, Maeva a eu une petite sœur qui a 3 mois et tout se passe à merveille. On compte déjà mettre le 3ème en route pour cet été.

Avec mes parents, la pilule a été dure à avaler mais ça va mieux. Ils ont un peu de mal quand Maeva les appelle papi et mamie, mais ça passera…
Aujourd'hui, Maeva est superbe et je ne regrette rien. Je l'aime plus que tout…
»


 

 

"Mes parents l'ont su quand j'ai accouché"

Gwendoline, 18 ans, "C'est mon choix", 2004

« La naissance de son fils a été une sacrée surprise pour son entourage, car ses parents ont découvert qu'elle était enceinte le jour de son accouchement. Ça ne se voyait pas, elle l'avait caché. Le père du bébé, Gaylor, n'a jamais été présent pendant la grossesse.

- Son père : "J'ai eu un appel de ma fille, pleurant au téléphone, disant "papa, ça ne va pas". J'ai dit : "qu'est-ce qui passe ? ". Et la docteresse me dit : "voilà, elle est enceinte"."

- Gwendoline (elle pleure) : "J'avais peur de la réaction de mes parents".

Gwendoline a vécu seule sa grossesse. Gaylor, le père de son enfant, l'a quitté en apprenant qu'elle était enceinte. Elle vit toujours chez ses parents, avec son enfant, Frédéric. Il a aujourd'hui deux ans.


- Gwendoline : "Quand je suis avec mon enfant, faut que je mûrisse d'un coup, comme si j'avais 25 ans… Et quand je suis au lycée, je suis la petite gamine… J'essaye de concilier les deux." »

 

 

 

"Après six mois, je n’avais pas de ventre"

Caroline, Le Figaro, 2002

« Il y a un peu plus de deux ans que Caroline s’est enfuie de la maison familiale, un beau matin, de peur d’avouer la vérité à sa mère : elle, si sérieuse petite dernière de cette famille de neuf enfants, celle qui réussissait ses études, attendait un enfant à seize ans à peine.
Jusqu’au sixième mois, elle a dérobé sa grossesse aux yeux de ses proches : "Au bout de tout ce temps, je n’avais pas de ventre. Le gynécologue m’a expliqué ensuite que ma fille s’était "cachée" en reculant vers mes reins… Mais quand je suis arrivée au foyer, mon ventre s’est mis à gonfler d’un coup, et j’ai pris dix kilos…"

Caroline, jolie rousse au visage parsemé de taches de rousseur, refuse toujours de partager son toit avec Frédéric, le papa : "On est toujours ensemble, et, je l’espère, pour la vie, dit-elle. Mais aujourd’hui, j’ai beaucoup changé, il a parfois du mal à suivre : il faut qu’il mûrisse. Ce qui compte, désormais, c’est ma fille, et puis mes études. Je n’ai plus de temps pour les distractions. Et financièrement, c’est vraiment très dur…"

Aujourd’hui, Caroline vit de l’aide aux parents isolés, et elle a dû provisoirement réviser ses ambitions : celle qui se voyait biologiste sera pour l’instant aide-soignante, une formation plus courte. (…) "Ma fille, je l’adore, c’est ma vie, mais j’étais vraiment jeune. Si c’était à refaire, je reprendrais dans l’ordre ce que nous avons fait dans le désordre." »