Accueil

 

 

 

 

 


 

 

Etre aidée pendant ma grossesse > Témoignages presse > Vos témoignages mail

 

JE L'AI GARDE

"Mon père voulait m'obliger à avorter"Nouveau !
Caroline, janvier 2007

"Trop vieille pour avoir mon cinquième enfant"
Jeanne, février 2006

"J’ai refusé de me faire encore avorter"
Perrine, septembre 2005

"Je ne pouvais pas faire cette IVG "
Audrey, janvier 2004

"Mon ami a finalement décidé de rester "
Séverine, octobre 2003

"Je l’ai gardé, malgré mon cancer "
Yvonne, septembre 2003

"J’allais avorter, mais ma mère m’a ouvert les yeux"
Nadège, janvier 2003

"Mon fils a 3 ans aujourd’hui"
Laure, avril 2003

JE L'AI GARDE ET JE SUIS MINEURE

"Je suis tombée enceinte à 15 ans ½ , si c'était à refaire, je le referais sans les erreurs..."Nouveau !
Cynthia , juin 2007

" Si votre décision vous pousse à ne pas avorter, battez-vous !"
Sophie, 17 ans et demi, novembre 2005

" Le plus dur a été de l’annoncer"
Marie, 16 ans, mars 2005

"Là vraiment, je ne regrette pas mon choix "
Alexia, 16 ans, octobre 2003

 

JE L'AI GARDE

"Mon père voulait m'obliger à avorter"

Caroline, janvier 2007

« J’avais 21 ans et j'étais en couple depuis 3 ans. Mon père voulait m'obliger à avorter mais le temps des 14 semaines d'aménorrhée était bien passé déjà ! Malgré tout le mal qu’il s'est donné pour trouver un gynécologue qui accepte de me faire avorter, il n'y en a pas eu.

Maintenant ma fille est née, elle a 7 ans déjà et a un frère et une sœur et je suis toujours avec le papa devenu mon mari que j'aime si fort si fort.»

 

"Trop vieille pour avoir mon cinquième enfant"

Jeanne, février 2006

« Je suis une maman de cinq enfants ; mon petit dernier a 6 mois, mon ainée a 17 ans et moi j'ai 36 ans. Trop vieille pour avoir un cinquième ? Je le pensais, mais voilà c'est fait ; ça n'était pas du tout prévu puisque je n'en voulais plus.

Quand j'ai su que j'attendais un cinquième, j'ai beaucoup pleuré, j'ai eu beaucoup de mal à l'accepter. Que faire ? L'IVG, j'y ai pensé, mais je m'en voulais de vouloir supprimer mon bébé. J'en ai parlé avec mon mari, lui voulait garder le bébé, pas question d'avorter pour lui. Il l'a mal pris, ce qui n'arrangeait pas les choses. Pendant 3 jours, j'ai été très mal, j'en ai parlé à ma maman qui elle aussi m'a déconseillé l'IVG. J'ai donc gardé mon bébé mais sans l'accepter vraiment, puis au trois mois de grossesse, à la première échographie, tout a changé dans ma tête et dans mon corps, j'ai vu ce petit embryon dans mon ventre, j'ai pleuré et je l'ai aimé, je n'ai plus du tout pensé que je n'en voulais pas. Enfin, j’ai accepté cette grossesse et je l’ai très bien vécue les 6 derniers mois.

Aujourd'hui, mon bébé a 6 mois, il s'appelle Marc, il est trop mignon.

Alors si vous vivez cette situation, j'espère que vous ferez le bon choix et que quelqu'un de proche comme le père du bébé saura vous aider afin, pour vous, de vivre une belle grossesse. Si vous décidez l'IVG, alors faites-vous accompagner pour un soutien moral qui, je pense, vous aidera beaucoup à ne pas vous sentir coupable psychologiquement. Voila, j'espère pouvoir vous aider par mon vécu.

Bonne chance.»

 

"J’ai refusé de me faire encore avorter"

Perrine, septembre 2005

« Je vivais une histoire avec un homme divorcé, père de deux enfants. Moi, j'ai déjà un petit garçon de six ans. Tout se passait bien avec mon fils et cet homme qui donnait l'air d'adorer les enfants. Il disait m'aimer.

Quand je lui ai annoncé que j'était enceinte, il a pris la fuite et ne veut plus entendre parler de moi et du bébé qui sera là dans quelques mois.

J'ai refusé de me faire avorter : j'ai déjà vécu cette expérience et c'est terriblement traumatisant. Je peux avoir des enfants, d'autres femmes n'auront jamais cette chance. Quoi de plus magnifique que d'avoir un enfant ! Mon fils et moi l'attendons avec impatience. »



"Je ne pouvais pas faire cette IVG"

Audrey, janvier 2004 (audreyk94@hotmail.com)

« J’ai aujourd'hui 21 ans. Je me sens un peu concernée par vos témoignages sur l’IVG, car moi aussi j'ai voulu faire cet acte si traumatisant. Mon ami, aujourd'hui mon mari, et moi voulions profiter de notre vie à deux mais inconsciemment nous voulions un bébé car j’avais arrêté ma pilule et que nous ne prenions plus aucune précaution.

Donc voilà, je me suis retrouvée avec un test de grossesse positif entre les mains au bout de 2 mois… Que faire ? Moi la première j'ai voulu avorter alors que, je vous assure, j’adore les enfants… Seulement, je voyais que mon ami était réticent… Puis, je n'ai plus voulu mais c’est lui qui s’y est mis : "comment allons nous faire, nous sommes jeunes, faut qu'on profite etc." (il avait 23 ans quand même).
Et voilà qu’un soir j’ai fait un cauchemar, je voyais des mains toucher mon ventre. Le lendemain, j'ai téléphoné à mon ami et je lui ai dit en pleurant que je ne pouvais pas faire cette IVG, que c'était à lui de choisir "moi et mon bébé ou rien".

Heureusement, il m'a compris, et nous avons eu un petit garçon, qui a aujourd’hui 1 an et ressemble énormément à son papa. Je suis la plus heureuse du monde ! Je vous souhaite donc beaucoup de courage dans votre vie. Et n'oubliez pas : tout le monde a le droit au bonheur. Bonne chance à toutes... »

 

"Mon ami a finalement décidé de rester"

Séverine, octobre 2003 (06 63 41 30 39)

« Mon ami et moi, nous sommes ensembles depuis février 2003, donc depuis peu. Cependant, le 9 octobre, j’ai appris que j’étais enceinte de 3 mois. La terre s’écroulait sous mes pieds. J’étais perdue. Il a seulement 21 ans. C’était trop tôt…
Alors nous en avons parlé pendant tout un week-end et avons décidé de ne pas le garder. La seule solution : avorter en Espagne.

Seulement, plus les jours passaient et s’approchaient du rendez-vous, et plus je pleurais, plus je me rendais malade. Je ne pouvais pas le tuer. J’avais vu son cœur battre.

Finalement, j’ai annoncé à mon ami que je ne pouvais pas faire ce geste. Et il l’a mal pris. Pendant 2 semaines, cela a été difficile, car lui ne savait pas s’il devait rester ou nous quitter. Mais moi je suis restée sur mes positions, je devais le garder.
Aujourd’hui, mon ami a décidé de rester, après avoir vu son enfant lors d’une échographie. Et nous préparons ensemble sa naissance : c’est un bonheur inégalable. A ce jour, il me regarde comme la 7ème merveille du monde.
Alors à toutes celles qui liront ce message d’espoir et qui doutent : gardez votre enfant, s’il a été conçu dans l’amour et même si c’est un accident. Bon courage à toutes, merci pour ce site.
»

 

"Je l’ai gardé, malgré mon cancer "

Yvonne, septembre 2003 (LONGATP@aol.com)

« Tout a commencé il y a douze ans. Un coup de massue. Abasourdie, j’apprends que je suis atteinte d’un cancer de la thyroïde. Moi, 24 ans, sans antécédent ! J’assume difficilement.
Commencent alors les examens. Prise de sang afin de déterminer si je suis enceinte. Pas de raison de s’inquiéter, depuis deux ans nous n’y arrivons pas. 2ème coup de massue : je suis enceinte de trois semaines. J’en rêvais tellement… Et là, un médecin -être suprême- me dit sans hésitation " il faut avorter ". Des larmes à n’en plus finir. Moi qui rêvais de cette grossesse, il faut maintenant que je l’arrache de mon ventre.
Alors là, je réfléchis. Pourrais-je accepter cette décision et risquer de ne jamais avoir d’enfant suite au traitement ? Je prends la décision sans aucun avis extérieur de garder ce bébé et grâce à ma gynécologue, j’arrive à persuader un 2ème médecin. Opération à 5 mois de grossesse pour ne pas risquer une fausse couche et que ma maladie ne s’aggrave trop. Quelques jours d’angoisse mais finalement mon bébé s’accroche.
Aujourd’hui, mon garçon a 11 ans. Il se porte bien et nous sommes heureux qu’il soit là. Le bonheur, c’est qu’il a une petite sœur de 9 mois, après quelques années d’attente.
La morale est qu’il ne faut jamais désespérer, même si la grossesse se fait attendre ou que la maladie vous prend par surprise. Ma devise est que dans toute chose négative il y a quelque chose de positif. On accepte mieux les coups du sort.
»

"J’allais avorter, mais ma mère m’a ouvert les yeux"

Nadège, janvier 2003

« J'ai appris ma grossesse, le 24 décembre au soir : ce qui aurait dû être un merveilleux cadeau de Noël a été pour moi une désolation. Je me sentais trop jeune (20 ans tout juste) et pas assez engagée avec mon ami (cela faisait 4 mois que nous étions ensemble).
Lorsque je lui ai annoncé, il n'a pas hésité une seule seconde : il fallait que j'avorte. Il ne se sentait pas d’assumer si tôt son rôle de père, étant encore lui-même très jeune (22 ans). Nous avions donc décidé de pratiquer une IVG.
J'ai voulu qu'il m'accompagne chez le médecin. Il est venu. Une échographie et un test de grossesse m’ont été prescrits. J'ai ramené les papiers chez moi et les ai laissés sur mon bureau. Puis, nous sommes allés réveillonner. Pendant mon absence, ma mère est tombée sur les papiers, les a lus, et a tout deviné.

A mon retour, quand elle m'a demandé si je n'avais rien à lui annoncer, j'ai tout de suite compris et lui ai assuré qu’elle n’avait pas d’inquiétude à se faire, puisque j’allais avorter. C'est alors qu'elle a arrêté la voiture, m'a regardée dans les yeux, et m'a demandé si c'était vraiment ce que je voulais... Elle m'a rassurée sur le fait que je pouvais compter sur son soutien et celui de mon père, m'a rappelé qu'il existait des aides financières pour les mères célibataires démunies (ce que j'allais devenir) et que j'avais terminé mes études avec succès (j'avais mon diplôme depuis 6 mois, et effectuais des petit boulots ou des remplacements). Bref, elle m'a ouvert les yeux.

J'ai pris m'a décision définitive sans l'avis du papa. Je lui ai dit dès le lendemain. Je n’aurais pas le cran de supporter tout le reste de ma vie d'avoir tuer mon enfant. En tout cas, c'est comme ça que je le ressentais.
Il a été catégorique : il n'était pas question pour lui d'assumer un enfant maintenant, d'autant qu'il démarrait une formation de 2 ans, à 200 kms de là. Pour lui, l'enfant n'était encore qu'un "amas de cellules".
Il m'a fallu 2 mois et demi pour le convaincre qu'il ferait un bon père, qu'il avait quelques mois pour se préparer à cette idée, que s'il m'obligeait à avorter, je n'arriverais plus à l'aimer, que pour moi, c'était un enfant à part entière, et qu'on ferait face financièrement grâce à l’allocation de parent isolé et à sa demi paye.
Le problème, c’est que ses parents n'étaient pas au courant de notre relation et que mon ami n'était pas encore prêt à la leur révéler, surtout vu la situation. Finalement ils l'ont su en février, et, bien qu'un peu angoissés par cette grossesse trop précoce, ils ont été heureux d'apprendre qu'ils allaient devenir grand parents.

Au cours de ma grossesse, j'ai vécu chez mes parents. Le papa venait les week-ends. En septembre 2001, Benjamin est né, pour le bonheur de tous. Mais il restait la question du logement : pas question de vivre chez papa-maman en tant que maman ! J'ai donc loué un appartement près de l'endroit où travaillait mon ami, toujours en tant que mère isolée. Ensuite ce dernier a été embauché chez EDF et m'a accueillie avec le bébé. Aujourd’hui, je suis soulagée et heureuse. Notre famille est merveilleuse, nous parlons mariage et petite sœur… »

N.B : Nadège nous écrit, en septembre 2004, pour nous donner de ses nouvelles : elle s'est mariée avec le papa de Benjamin, en juillet 2003, et attend une petite Justine ! Nous lui présentons tous nos voeux de bonheur...

 


 

"Mon fils a 3 ans aujourd’hui"

Laure, avril 2003 (famillepetit2002@yahoo.fr)

« Je suis Laure, celle du témoignage paru dans "le Nouvel Observateur"... J’ai maintenant 21 ans, et mon fils en a 3. Je me suis mariée avec quelqu’un qui a accepté mon pitchoune... Pourtant, on me regarde toujours autant dans la rue... Les gens doivent s’imaginer des tas de choses, ça se voit dans leur regards posés sur nous quand je suis seule avec Enzo…
J’aimerais aider des jeunes mamans comme moi qui sont seules, ou en tout cas qui ont envie de dialoguer ou d’échanger des idées...
Je souhaite aussi remercier publiquement du plus profond de mon cœur le centre maternel Anjorrant qui m’a accueillie avec mon fils pendant 2 ans et demi et qui m’a permis à la fois de me reconstruire sur le plan familial mais aussi de résoudre les problèmes du quotidien, et de faire face à tous ces obstacles qui nous barrent la route quand on a une allure de gamine qui porte la vie... Un grand merci et un grand bravo à tous ces gens : éducatrices, puéricultrices qui passent beaucoup de temps à nous écouter et nous conseiller... Malheureusement il n'y a pas assez de place pour répondre à toutes les demandes... N’hésitez pas à me contacter.
»

 

 

JE L'AI GARDE ET JE SUIS MINEURE

 

"Je suis tombée enceinte à 15 ans ½ , si c'était à refaire, je le referais sans les erreurs..."

Cynthia , juin 2005

«Je suis tombée enceinte à 15 ans et demi. Le garçon avec qui j'étais depuis un an m'a quittée, mais ne savait pas que j'étais enceinte. Les premiers mois, j'ai été réglé, pas toujours régulièrement car les règles ne sont jamais très régulières à cet âge, mais je ne pensais pas être enceinte. Mes règles se sont tout de même arrêtées et j'ai commencé à paniquer. Quelques temps plus tard, mes seins prenaient beaucoup de volume, plus que mon ventre je dois dire ; de mon 75 A, j'ai terminé ma grossesse avec un 105 D ! Mes proches se disaient que je grandissais, car avec mes 38 kg et mon mètre 45, il était temps que je grandisse disaient-ils sans se douter... J'ai commencé à sentir ce petit bout bouger en moi, j'étais alors sûre !

J'ai, comme toute, pensé a l'avortement. Chez moi, en Belgique, le Planning familial peut nous aider mais, à cette époque, il nous fallait 200 euros et l'accord d'un membre majeur de ma famille, ce qui était inconcevable pour moi ! Je vivais seule avec mon papa depuis le départ de maman et j'étais encore sa petite fille pour lui. Lui dire était trop dur ! Le soir dans mon lit, je me répétais le discours que j'allais lui faire le lendemain pour le lui annoncer, mais les journées commençaient toujours sans que j'arrive à le lui dire et ensuite je me disais que je n'allais pas lui gâcher sa journée ; alors je me taisais. Mon ventre s'arrondissait très peu et j'ai continué à vivre sans y penser. J'ai pensé au suicide et me disais chaque jour que ça ne servait a rien de se tracasser puisque ce bébé, je ne l'aurai jamais, j'allais mourir avant, mais ça non plus je n'en ai jamais eu le courage.

A mon école, on commençait à me charrier avec ma poitrine et j'étais très mal à l'aise. Ma meilleure amie était enceinte elle aussi, mais c'étais une grossesse désirée avec son ami bien plus âgé qu'elle. Je ne lui avais pas fait part de mon état et elle était bien trop occupée par son ventre rond pour voir mon petit bidou à moi. Je n'avais pas envie qu'on dise que j'avais voulu faire comme elle car ce n'était vraiment pas le cas, alors je n'ai jamais rien dit ! J'ai changé d'école quand mon amie a accouché, prétextant à mon papa que je n'aimais plus cette école et que sans mon amie je ne voulais plus y aller. Je suis allée dans une école ou personne ne me connaissait, je passais mes récréations toute seule dans les couloirs et je ne parlais à personne. Au cours de gym, la prof me poussait toujours car je n'allais pas aussi vite que les autres, mais j'avais dur... Pour finir, j'ai bossé les cours préférant aller chez une amie de mon papa qui n'habitait pas loin de l'école.

Je prenais des cours du soir d'anglais et ce soir-là, du 13 novembre, j'ai senti des douleurs, elles ont continuées toute la nuit, j'avais mal et je pleurais, je n'osais pas aller réveiller mon papa. Le lendemain, j'avais toujours mal mais j'ai pris le bus pour me rendre à l'école, je suis allée chez l'amie de mon papa. Les douleurs étaient de plus en plus forte et je criais de douleur, je lui ai demandé d'appeler une ambulance, ce qu'elle à fait, leur disant que j'avais très mal au ventre. Quand le médecin est arrivé, je lui ai hurlé que j'allais accoucher, j'avais peur, je pleurais, mon amie ne comprenait pas, les médecins ont dit : « il est la, c'est trop tard pour l'emmener ». Ils m'ont demandé de pousser, j'avais si peur... Mon petit garçon est né comme ça, dans le salon... Ils l'ont emballé dans un drap de lit pour retourner à l'hôpital, je l'ai appelé Joachim, prénom qui m'avait interpellée durant ma grossesse. Ma maman est venue me voir et a pleuré de ne pas avoir été là, mon papa n'est pas venu pendant trois jours...

A l'hôpital, j'étais un peu perdue, certaines infirmières ne voulaient pas que je lave mon bébé en me disant que je ne saurais pas... Je me suis sentie misérable. Mon papa est venu et après avoir beaucoup pleuré, il m'a pris dans ses bras et m'a dit que si ma décision était de le garder, il allait falloir que je sois forte et que je me donne corps et âme pour cet enfant car j'étais tout ce qu'il avait pour le diriger dans la vie. Le gynécologue est arrivé dans la chambre et a insulté mon père en lui disant que ce n'était pas possible de faire aussi peu attention à son enfant. Je l'avais si bien caché, jamais il n'aurait pu le voir ! Ce qui me fait rire, c'est que la fille de ce gyné est tombée enceinte quelques années après... à 16ans, comme quoi, il savait de quoi il parlait ! Quand je suis rentrée à la maison avec Joachim, mon papa avait fait une magnifique chambre pour lui. Les années qui ont suivies n'ont pas toujours été facile et je me suis sentie souvent dévisagée, aujourd'hui encore d'ailleurs.

Mon petit garçon a presque 12 ans et devient un jeune homme, son papa a pris contact quelques fois mais n'a jamais pris part dans sa vie. Joachim sait tout de ses origines et de sa venue au monde, il travaille très bien à l'école et a trois frères et sœurs. Je me suis mariée il y a deux ans avec son beau père et nous construisons notre foyer.

Tout ce que je peux dire, c'est que si c'était à refaire, je le referais mais sans les erreurs... Je ne le cacherai plus car j'ai eu de la chance que tout se soit bien passé, j'aurais pu accoucher seule chez moi ! Je ne laisserai plus ces infirmières me prendre mon bébé comme si je ne pouvais pas le toucher, je ne laisserai plus ce gyné me dicter ma conduite. Je ne laisserai plus les voisines venir sonner chez moi pour "voir" la petite fille qui a eu un bébé... Il faut être forte pour avoir un enfant et cela à n'importe quel âge mais, quand on est jeune, on doit en plus prouver aux autres qu'on en est capable ! Bon courage à toutes les filles mères, ne baissez pas les bras et ne vous laissez pas humilier.»

"Si votre décision vous pousse à ne pas avorter, battez-vous !"

Sophie, 17 ans et demi, novembre 2005

« Moi, je suis tombée enceinte à l’âge de 17 ans et demi. Je vivais encore chez mes parents. Mon père est très affectueux mais aussi très très sévère. Je suis issue d'une famille de 6 enfants, 4 filles et 2 garçons. Je suis la dernière.

A ce moment-là, je suivais ma première année de bac. Je trouvais que j'avais un comportement un peu bizarre, je dormais énormément, j'avais envie de manger des choses que je n'aime pas beaucoup d'habitude. Puis, il y a un mois, j'ai vu que mes règles ne sont pas arrivées. Ca m'a inquiétée mais j'ai dit : bon, la semaine prochaine si elles ne sont toujours pas là, je fais un test de grossesse. Mais dans ma tête pour moi ça allait être négatif. Et ce vendredi, ensuite, j'ai fait le test qui s'est révélé positif, j'étais vraiment heureuse sur le coup, mais la réalité m'a vite rattrapée. Comment dire ça à mes parents ?

Le soir, en rentrant à la maison, j'avais vraiment très peur, je tournais en rond, je ne parlais pas, ce qui n'était pas mon habitude. Puis j'ai attendu que ma mère soit seule et je lui ai tout avoué. Ce n'était pas facile pour moi car je ressentais un peu de culpabilité car ils m'accordaient toute leur confiance, je pouvais sortir librement. Ensuite, ma mère n'a pas pleuré mais j'ai vu l'expression de son visage qui s'était tout à coup assombri et j'ai vu qu'elle n'était pas tout à fait d'accord. En fait, elle avait peur pour moi. Alors deux jours après, elle a pris l'initiative de le dire à mon père. Alors là, c'était la catastrophe, il ne voulait pas que je sois enceinte. Ils m'ont emmené voir des gynécologues, puis un anesthésiste afin de procéder rapidement à un avortement.

Mais moi je hurlais au fond de moi. Je ne voulais pas enlever mon bébé. Il est à moi et à mon copain, qui lui était tout a fait d'accord avec moi. Je me suis battue pour garder mon bébé, je ne pouvais plus regarder mon père en face, je me suis dit que si j'arrivais à l'avortement, jamais plus de ma vie je voudrais revoir mes parents.

Puis arrivée deux jours avant l'avortement, j’étais chez ma sœur lorsque mon père et ma mère m'ont pris dans leurs bras et m'ont dit : nous voulons que tu gardes ton bébé. Mon père a déchiré le papier qui était destiné à l'avortement. Ce fut un jour inoubliable pour moi.

Aujourd'hui, mon fils a 2 ans et 2 mois, et son père et moi nous sommes fiers de lui, ainsi que ses grands-parents. Alors je voudrais éclairer un peu les femmes qui pensent à l'avortement. Moi aussi j'y ai pensé pour pouvoir avoir la paix, mais en fait ça n'arrange rien. Pour votre entourage, surtout quand vous êtes jeune, cette nouvelle est vraiment une mauvaise nouvelle.

Une petite astuce que j'ai utilisée pour vraiment savoir si je voulais me battre contre cet avortement, c'est à la première échographie lorsque vous entendez son petit cœur qui bat à l'intérieur de vous...

Moi je dis que la décision n'appartient qu'à vous seule et au père de l'enfant. Mais si votre décision vous pousse à ne pas avorter, eh bien battez-vous pour ce petit être innocent qui ne vous demande qu’à voir le jour. »


 

"Le plus dur a été de l’annoncer"

Marie, 16 ans, mars 2005

« Je m'appelle Marie, j'ai 16 ans et, en mai 2004, j'apprends que je suis enceinte. Ma première réaction était l'étonnement car, bien sûr, je ne m'y attendais pas et le doute car je ne voulais pas un enfant si jeune. Dès la nouvelle apprise, le courageux papa a pris la fuite, je ne l'ai jamais revu. J'ai dû me débrouiller toute seule, ce qui n'a pas été toujours facile.

Les 4 premiers mois, je me cachais, personne ne le savait. Au début, je détestais cet enfant, je n'en voulais pas, j'ai pensé à tout (avortement, suicide, etc.)

Mais, peu à peu, mon ventre a commencé à grossir, j'ai dû prendre une décision : soit tout avouer, soit continuer à me cacher. Cela a pris plusieurs semaines. Pour être à l'aise dans mes fringues, j'allais faire du shopping dans les centres de bébé (Bébé 9, Aubert, etc.). Au début, j'y allais pour moi, pour trouver des pantalons à ma taille (spécial femme enceinte) mais peu à peu, en traversant les rayons avec des biberons, sucettes, petits vêtements… cela m'a fait très envie ! Je suis alors venue sur Internet pour trouver quelqu'un pour m'aider et je suis tombée sur le site de sosbébé. J'ai alors envoyé un mail et on m'a gentiment répondu. Grâce à l'équipe, je suis une jeune maman très heureuse !

Le plus dur a été de l'annoncer. Au début, j'avais l'impression que tout le monde me détestait mais au fur et à mesure, mes amies sont revenues vers moi ainsi que ma mère. Mais avec mon père, c'est plus compliqué, il ne m'a plus supportée, ne me parlait plus... Mais j'ai su résister car je faisais ça pour mon bébé, je n'allais pas le perdre pour lui, je ne voulais pas être égoïste. A présent, je vis chez mes parents avec ma petite fille, les rapports sont encore tendus avec mon père mais je fais face !

Sachez que vous portez un être humain et qu'il ne faut pas en faire n'importe quoi. Prenez du recul. Vous n'oublierez jamais des moments inoubliables : le premier coup dans le ventre, la naissance, la première tétée. Cette petite frimousse qui vous dévisage avec de grands yeux ! Ce sont des moments uniques qui sont très précieux.

Aujourd'hui, je suis maman d'une petite fille qui est vraiment
adorable ! Je sais que si vous êtes dans la même situation que moi, c'est sûrement la décision la plus difficile que vous avez à prendre, mais je vous en prie, ne soyez pas égoïste ! Pensez au bébé !
»

 

 

"Là vraiment, je ne regrette pas mon choix"

Alexia, 16 ans, octobre 2003 (candyce.lardy@laposte.net)

« Bonjour, moi je suis tombée enceinte il y a un an, j'avais 16 ans !! Au départ, je ne voulais pas de lui car le père a renié ma grossesse en me disant que c’était de ma faute, qu'il était trop jeune pour en assumer la responsabilité !!
Et j’ai donc dû assumer ma grossesse toute seule puisque pour moi, il était hors de question d’avorter !!!
J’ai donc eu une petite fille qui s’appelle Candyce !!
Dès que je l'ai vue, j’ai eu tout de suite le sourire et je me suis dit "là vraiment, je ne regrette pas mon choix" !!!
En plus, aujourd'hui, j’ai retrouvé l’amour avec un mec qui a 19 ans !!
»