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ma grossesse > Témoignages
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JE L'AI GARDE
"Mon père voulait
m'obliger à avorter"
Caroline
"Trop vieille pour avoir
mon cinquième enfant"
Jeanne
"J’ai refusé
de me faire encore avorter"
Perrine
"Je ne
pouvais pas faire cette IVG "
Audrey
"Mon
ami a finalement décidé de rester "
Séverine
"Je l’ai
gardé, malgré mon cancer "
Yvonne
"J’allais
avorter, mais ma mère m’a ouvert les yeux"
Nadège
"Mon fils
a 3 ans aujourd’hui"
Laure
JE L'AI GARDE ET JE SUIS MINEURE
"Je suis tombée enceinte
à 15 ans ½ , si c'était à refaire, je le referais sans les
erreurs..."
Cynthia
" Si votre décision
vous pousse à ne pas avorter, battez-vous !"
Sophie, 17 ans et demi
" Le plus dur a été
de l’annoncer"
Marie, 16 ans
"Là
vraiment, je ne regrette pas mon choix "
Alexia, 16 ans
JE L'AI GARDE
"Mon
père voulait m'obliger à avorter"
Caroline
«
J’avais 21 ans et j'étais en couple depuis 3 ans. Mon père
voulait m'obliger à avorter mais le temps des 14 semaines
d'aménorrhée était bien passé déjà ! Malgré tout le mal qu’il
s'est donné pour trouver un gynécologue qui accepte de me
faire avorter, il n'y en a pas eu.
Maintenant ma fille est née, elle a 7 ans déjà
et a un frère et une sœur et je suis toujours avec le papa
devenu mon mari que j'aime si fort si fort.»

"Trop
vieille pour avoir mon cinquième enfant"
Jeanne
«
Je suis une maman de cinq enfants ; mon petit dernier a 6
mois, mon ainée a 17 ans et moi j'ai 36 ans. Trop vieille
pour avoir un cinquième ? Je le pensais, mais voilà
c'est fait ; ça n'était pas du tout prévu
puisque je n'en voulais plus.
Quand j'ai su que j'attendais un cinquième,
j'ai beaucoup pleuré, j'ai eu beaucoup de mal à
l'accepter. Que faire ? L'IVG, j'y ai pensé, mais je
m'en voulais de vouloir supprimer mon bébé.
J'en ai parlé avec mon mari, lui voulait garder le
bébé, pas question d'avorter pour lui. Il l'a
mal pris, ce qui n'arrangeait pas les choses. Pendant 3 jours,
j'ai été très mal, j'en ai parlé
à ma maman qui elle aussi m'a déconseillé
l'IVG. J'ai donc gardé mon bébé mais
sans l'accepter vraiment, puis au trois mois de grossesse,
à la première échographie, tout a changé
dans ma tête et dans mon corps, j'ai vu ce petit embryon
dans mon ventre, j'ai pleuré et je l'ai aimé,
je n'ai plus du tout pensé que je n'en voulais pas.
Enfin, j’ai accepté cette grossesse et je l’ai
très bien vécue les 6 derniers mois.
Aujourd'hui, mon bébé a 6 mois,
il s'appelle Marc, il est trop mignon.
Alors si vous vivez cette situation, j'espère
que vous ferez le bon choix et que quelqu'un de proche comme
le père du bébé saura vous aider afin,
pour vous, de vivre une belle grossesse. Si vous décidez
l'IVG, alors faites-vous accompagner pour un soutien moral
qui, je pense, vous aidera beaucoup à ne pas vous sentir
coupable psychologiquement. Voila, j'espère pouvoir
vous aider par mon vécu.
Bonne chance.»

"J’ai refusé de me faire encore avorter"
Perrine
«
Je vivais une histoire avec un homme divorcé, père
de deux enfants. Moi, j'ai déjà un petit garçon
de six ans. Tout se passait bien avec mon fils et cet homme
qui donnait l'air d'adorer les enfants. Il disait m'aimer.
Quand je lui ai annoncé que j'était
enceinte, il a pris la fuite et ne veut plus entendre parler
de moi et du bébé qui sera là dans quelques
mois.
J'ai refusé de me faire avorter : j'ai
déjà vécu cette expérience et
c'est terriblement traumatisant. Je
peux avoir des enfants, d'autres femmes n'auront jamais cette
chance. Quoi de plus magnifique que d'avoir un enfant ! Mon
fils et moi l'attendons avec impatience.
»

"Je
ne pouvais pas faire cette IVG"
Audrey
«
J’ai aujourd'hui 21 ans. Je me sens un peu concernée
par vos témoignages sur l’IVG, car moi aussi
j'ai voulu faire cet acte si traumatisant. Mon ami, aujourd'hui
mon mari, et moi voulions profiter de notre vie à deux
mais inconsciemment nous voulions un bébé car
j’avais arrêté ma pilule et que nous ne
prenions plus aucune précaution.
Donc voilà, je me suis retrouvée
avec un test de grossesse positif entre les mains au bout
de 2 mois… Que faire ? Moi la première j'ai voulu
avorter alors que, je vous assure, j’adore les enfants…
Seulement, je voyais que mon ami était réticent…
Puis, je n'ai plus voulu mais c’est lui qui s’y
est mis : "comment allons nous faire, nous sommes jeunes,
faut qu'on profite etc." (il avait 23 ans quand même).
Et voilà qu’un soir j’ai fait un cauchemar,
je voyais des mains toucher mon ventre. Le lendemain, j'ai
téléphoné à mon ami et je lui
ai dit en pleurant que je ne pouvais pas faire cette IVG,
que c'était à lui de choisir "moi et mon
bébé ou rien".
Heureusement, il m'a compris, et nous avons
eu un petit garçon, qui a aujourd’hui 1 an et
ressemble énormément à son papa. Je suis
la plus heureuse du monde ! Je vous souhaite donc beaucoup
de courage dans votre vie. Et n'oubliez pas : tout le monde
a le droit au bonheur. Bonne chance à toutes... »

"Mon ami a finalement
décidé de rester"
Séverine
«
Mon ami et moi, nous sommes ensembles depuis février
2003, donc depuis peu. Cependant, le 9 octobre, j’ai
appris que j’étais enceinte de 3 mois. La terre
s’écroulait sous mes pieds. J’étais
perdue. Il a seulement 21 ans. C’était trop tôt…
Alors nous en avons parlé pendant tout un week-end
et avons décidé de ne pas le garder. La seule
solution : avorter en Espagne.
Seulement, plus les jours passaient et s’approchaient
du rendez-vous, et plus je pleurais, plus je me rendais malade.
Je ne pouvais pas le tuer. J’avais vu son cœur
battre.
Finalement, j’ai annoncé
à mon ami que je ne pouvais pas faire ce geste. Et
il l’a mal pris. Pendant 2 semaines, cela a été
difficile, car lui ne savait pas s’il devait rester
ou nous quitter. Mais moi je suis restée sur mes positions,
je devais le garder.
Aujourd’hui, mon ami a décidé de rester,
après avoir vu son enfant lors d’une échographie.
Et nous préparons ensemble sa naissance : c’est
un bonheur inégalable. A ce jour, il me regarde comme
la 7ème merveille du monde.
Alors à toutes celles qui liront ce message d’espoir
et qui doutent : gardez votre enfant, s’il a été
conçu dans l’amour et même si c’est
un accident. Bon courage à toutes, merci pour ce site.
»

"Je l’ai gardé,
malgré mon cancer "
Yvonne
«
Tout a commencé il y a douze ans. Un coup de massue.
Abasourdie, j’apprends que je suis atteinte d’un
cancer de la thyroïde. Moi, 24 ans, sans antécédent
! J’assume difficilement.
Commencent alors les examens. Prise de sang afin de déterminer
si je suis enceinte. Pas de raison de s’inquiéter,
depuis deux ans nous n’y arrivons pas. 2ème coup
de massue : je suis enceinte de trois semaines. J’en
rêvais tellement… Et là, un médecin
-être suprême- me dit sans hésitation "
il faut avorter ". Des larmes à n’en plus
finir. Moi qui rêvais de cette grossesse, il faut maintenant
que je l’arrache de mon ventre.
Alors là, je réfléchis. Pourrais-je accepter
cette décision et risquer de ne jamais avoir d’enfant
suite au traitement ? Je prends la décision sans aucun
avis extérieur de garder ce bébé et grâce
à ma gynécologue, j’arrive à persuader
un 2ème médecin. Opération à 5
mois de grossesse pour ne pas risquer une fausse couche et
que ma maladie ne s’aggrave trop. Quelques jours d’angoisse
mais finalement mon bébé s’accroche.
Aujourd’hui, mon garçon a 11 ans. Il se porte
bien et nous sommes heureux qu’il soit là. Le
bonheur, c’est qu’il a une petite sœur de
9 mois, après quelques années d’attente.
La morale est qu’il ne faut jamais désespérer,
même si la grossesse se fait attendre ou que la maladie
vous prend par surprise. Ma devise est que dans toute chose
négative il y a quelque chose de positif. On accepte
mieux les coups du sort.»
"J’allais avorter,
mais ma mère m’a ouvert les yeux"
Nadège
«
J'ai appris ma grossesse, le 24
décembre au soir : ce qui aurait dû être
un merveilleux cadeau de Noël a été pour
moi une désolation. Je me sentais trop jeune (20 ans
tout juste) et pas assez engagée avec mon ami (cela
faisait 4 mois que nous étions ensemble).
Lorsque je lui ai annoncé, il n'a pas hésité
une seule seconde : il fallait que j'avorte. Il ne se sentait
pas d’assumer si tôt son rôle de père,
étant encore lui-même très jeune (22 ans).
Nous avions donc décidé de pratiquer une IVG.
J'ai voulu qu'il m'accompagne chez le médecin. Il est
venu. Une échographie et un test de grossesse m’ont
été prescrits. J'ai ramené les papiers
chez moi et les ai laissés sur mon bureau. Puis, nous
sommes allés réveillonner. Pendant mon absence,
ma mère est tombée sur les papiers, les a lus,
et a tout deviné.
A mon retour, quand elle m'a demandé
si je n'avais rien à lui annoncer, j'ai tout de suite
compris et lui ai assuré qu’elle n’avait
pas d’inquiétude à se faire, puisque j’allais
avorter. C'est alors qu'elle a arrêté la voiture,
m'a regardée dans les yeux, et m'a demandé si
c'était vraiment ce que je voulais... Elle m'a rassurée
sur le fait que je pouvais compter sur son soutien et celui
de mon père, m'a rappelé qu'il existait des
aides financières pour les mères célibataires
démunies (ce que j'allais devenir) et que j'avais terminé
mes études avec succès (j'avais mon diplôme
depuis 6 mois, et effectuais des petit boulots ou des remplacements).
Bref, elle m'a ouvert les yeux.
J'ai pris m'a décision définitive
sans l'avis du papa. Je lui ai dit dès le lendemain.
Je n’aurais pas le cran de supporter tout le reste de
ma vie d'avoir tuer mon enfant. En tout cas, c'est comme ça
que je le ressentais.
Il a été catégorique : il n'était
pas question pour lui d'assumer un enfant maintenant, d'autant
qu'il démarrait une formation de 2 ans, à 200
kms de là. Pour lui, l'enfant n'était encore
qu'un "amas de cellules".
Il m'a fallu 2 mois et demi pour le convaincre qu'il ferait
un bon père, qu'il avait quelques mois pour se préparer
à cette idée, que s'il m'obligeait à
avorter, je n'arriverais plus à l'aimer, que pour moi,
c'était un enfant à part entière, et
qu'on ferait face financièrement grâce à
l’allocation de parent isolé et à sa demi
paye.
Le problème, c’est que ses parents n'étaient
pas au courant de notre relation et que mon ami n'était
pas encore prêt à la leur révéler,
surtout vu la situation. Finalement ils l'ont su en février,
et, bien qu'un peu angoissés par cette grossesse trop
précoce, ils ont été heureux d'apprendre
qu'ils allaient devenir grand parents.
Au cours de ma grossesse, j'ai vécu
chez mes parents. Le papa venait les week-ends. En septembre
2001, Benjamin est né, pour le bonheur de tous. Mais
il restait la question du logement : pas question de vivre
chez papa-maman en tant que maman ! J'ai donc loué
un appartement près de l'endroit où travaillait
mon ami, toujours en tant que mère isolée. Ensuite
ce dernier a été embauché chez EDF et
m'a accueillie avec le bébé. Aujourd’hui,
je suis soulagée et heureuse. Notre famille est merveilleuse,
nous parlons mariage et petite sœur… »
N.B : Nadège nous écrit, en
septembre 2004, pour nous donner de ses nouvelles : elle s'est
mariée avec le papa de Benjamin, en juillet 2003, et
attend une petite Justine ! Nous lui présentons tous
nos voeux de bonheur...

"Mon fils a 3 ans aujourd’hui"
Laure
«
Je suis Laure, celle du témoignage
paru dans "le Nouvel Observateur"... J’ai
maintenant 21 ans, et mon fils en a 3. Je me suis mariée
avec quelqu’un qui a accepté mon pitchoune...
Pourtant, on me regarde toujours autant dans la rue... Les
gens doivent s’imaginer des tas de choses, ça
se voit dans leur regards posés sur nous quand je suis
seule avec Enzo…
J’aimerais aider des jeunes mamans comme moi qui sont
seules, ou en tout cas qui ont envie de dialoguer ou d’échanger
des idées...
Je souhaite aussi remercier publiquement du plus profond de
mon cœur le centre maternel Anjorrant qui m’a accueillie
avec mon fils pendant 2 ans et demi et qui m’a permis
à la fois de me reconstruire sur le plan familial mais
aussi de résoudre les problèmes du quotidien,
et de faire face à tous ces obstacles qui nous barrent
la route quand on a une allure de gamine qui porte la vie...
Un grand merci et un grand bravo à tous ces gens :
éducatrices, puéricultrices qui passent beaucoup
de temps à nous écouter et nous conseiller...
Malheureusement il n'y a pas assez de place pour répondre
à toutes les demandes... N’hésitez pas
à me contacter.
»

JE L'AI GARDE ET JE SUIS MINEURE
"Je suis tombée enceinte à 15 ans ½ , si c'était à refaire, je le referais sans les erreurs..."
Cynthia
«Je suis
tombée enceinte à 15 ans et demi. Le garçon avec qui j'étais
depuis un an m'a quittée, mais ne savait pas que j'étais enceinte.
Les premiers mois, j'ai été réglé, pas toujours régulièrement
car les règles ne sont jamais très régulières à cet âge, mais
je ne pensais pas être enceinte. Mes règles se sont tout de
même arrêtées et j'ai commencé à paniquer. Quelques temps
plus tard, mes seins prenaient beaucoup de volume, plus que
mon ventre je dois dire ; de mon 75 A, j'ai terminé ma grossesse
avec un 105 D ! Mes proches se disaient que je grandissais,
car avec mes 38 kg et mon mètre 45, il était temps que je
grandisse disaient-ils sans se douter... J'ai commencé à sentir
ce petit bout bouger en moi, j'étais alors sûre !
J'ai, comme toute, pensé a l'avortement. Chez
moi, en Belgique, le Planning familial peut nous aider mais,
à cette époque, il nous fallait 200 euros et l'accord d'un
membre majeur de ma famille, ce qui était inconcevable pour
moi ! Je vivais seule avec mon papa depuis le départ de maman
et j'étais encore sa petite fille pour lui. Lui dire était
trop dur ! Le soir dans mon lit, je me répétais le discours
que j'allais lui faire le lendemain pour le lui annoncer,
mais les journées commençaient toujours sans que j'arrive
à le lui dire et ensuite je me disais que je n'allais pas
lui gâcher sa journée ; alors je me taisais. Mon ventre s'arrondissait
très peu et j'ai continué à vivre sans y penser. J'ai pensé
au suicide et me disais chaque jour que ça ne servait a rien
de se tracasser puisque ce bébé, je ne l'aurai jamais, j'allais
mourir avant, mais ça non plus je n'en ai jamais eu le courage.
A mon école, on commençait à me charrier avec
ma poitrine et j'étais très mal à l'aise. Ma meilleure amie
était enceinte elle aussi, mais c'étais une grossesse désirée
avec son ami bien plus âgé qu'elle. Je ne lui avais pas fait
part de mon état et elle était bien trop occupée par son ventre
rond pour voir mon petit bidou à moi. Je n'avais pas envie
qu'on dise que j'avais voulu faire comme elle car ce n'était
vraiment pas le cas, alors je n'ai jamais rien dit ! J'ai
changé d'école quand mon amie a accouché, prétextant à mon
papa que je n'aimais plus cette école et que sans mon amie
je ne voulais plus y aller. Je suis allée dans une école ou
personne ne me connaissait, je passais mes récréations toute
seule dans les couloirs et je ne parlais à personne. Au cours
de gym, la prof me poussait toujours car je n'allais pas aussi
vite que les autres, mais j'avais dur... Pour finir, j'ai
bossé les cours préférant aller chez une amie de mon papa
qui n'habitait pas loin de l'école.
Je prenais des cours du soir d'anglais et ce
soir-là, du 13 novembre, j'ai senti des douleurs, elles ont
continuées toute la nuit, j'avais mal et je pleurais, je n'osais
pas aller réveiller mon papa. Le lendemain, j'avais toujours
mal mais j'ai pris le bus pour me rendre à l'école, je suis
allée chez l'amie de mon papa. Les douleurs étaient de plus
en plus forte et je criais de douleur, je lui ai demandé d'appeler
une ambulance, ce qu'elle à fait, leur disant que j'avais
très mal au ventre. Quand le médecin est arrivé, je lui ai
hurlé que j'allais accoucher, j'avais peur, je pleurais, mon
amie ne comprenait pas, les médecins ont dit : « il est la,
c'est trop tard pour l'emmener ». Ils m'ont demandé de pousser,
j'avais si peur... Mon petit garçon est né comme ça, dans
le salon... Ils l'ont emballé dans un drap de lit pour retourner
à l'hôpital, je l'ai appelé Joachim, prénom qui m'avait interpellée
durant ma grossesse. Ma maman est venue me voir et a pleuré
de ne pas avoir été là, mon papa n'est pas venu pendant trois
jours...
A l'hôpital, j'étais un peu perdue, certaines
infirmières ne voulaient pas que je lave mon bébé en me disant
que je ne saurais pas... Je me suis sentie misérable. Mon
papa est venu et après avoir beaucoup pleuré, il m'a pris
dans ses bras et m'a dit que si ma décision était de le garder,
il allait falloir que je sois forte et que je me donne corps
et âme pour cet enfant car j'étais tout ce qu'il avait pour
le diriger dans la vie. Le gynécologue est arrivé dans la
chambre et a insulté mon père en lui disant que ce n'était
pas possible de faire aussi peu attention à son enfant. Je
l'avais si bien caché, jamais il n'aurait pu le voir ! Ce
qui me fait rire, c'est que la fille de ce gyné est tombée
enceinte quelques années après... à 16ans, comme quoi, il
savait de quoi il parlait ! Quand je suis rentrée à la maison
avec Joachim, mon papa avait fait une magnifique chambre pour
lui. Les années qui ont suivies n'ont pas toujours été facile
et je me suis sentie souvent dévisagée, aujourd'hui encore
d'ailleurs.
Mon petit garçon a presque 12 ans et devient
un jeune homme, son papa a pris contact quelques fois mais
n'a jamais pris part dans sa vie. Joachim sait tout de ses
origines et de sa venue au monde, il travaille très bien à
l'école et a trois frères et sœurs. Je me suis mariée il y
a deux ans avec son beau père et nous construisons notre foyer.
Tout ce que je peux dire, c'est que si c'était
à refaire, je le referais mais sans les erreurs... Je ne le
cacherai plus car j'ai eu de la chance que tout se soit bien
passé, j'aurais pu accoucher seule chez moi ! Je ne laisserai
plus ces infirmières me prendre mon bébé comme si je ne pouvais
pas le toucher, je ne laisserai plus ce gyné me dicter ma
conduite. Je ne laisserai plus les voisines venir sonner chez
moi pour "voir" la petite fille qui a eu un bébé... Il faut
être forte pour avoir un enfant et cela à n'importe quel âge
mais, quand on est jeune, on doit en plus prouver aux autres
qu'on en est capable ! Bon courage à toutes les filles mères,
ne baissez pas les bras et ne vous laissez pas humilier.»
"Si votre décision vous
pousse à ne pas avorter, battez-vous !"
Sophie,
17 ans et demi
«
Moi, je suis tombée enceinte
à l’âge de 17 ans et demi. Je vivais encore
chez mes parents. Mon père est très affectueux
mais aussi très très sévère. Je
suis issue d'une famille de 6 enfants, 4 filles et 2 garçons.
Je suis la dernière.
A ce moment-là, je suivais ma première
année de bac. Je trouvais que j'avais un comportement
un peu bizarre, je dormais énormément, j'avais
envie de manger des choses que je n'aime pas beaucoup d'habitude.
Puis, il y a un mois, j'ai vu que mes règles ne sont
pas arrivées. Ca m'a inquiétée mais j'ai
dit : bon, la semaine prochaine si elles ne sont toujours
pas là, je fais un test de grossesse. Mais dans
ma tête pour moi ça allait être négatif.
Et ce vendredi, ensuite, j'ai fait le test qui s'est révélé
positif, j'étais vraiment heureuse sur le coup, mais
la réalité m'a vite rattrapée. Comment
dire ça à mes parents ?
Le soir, en rentrant à la maison,
j'avais vraiment très peur, je tournais en rond, je
ne parlais pas, ce qui n'était pas mon habitude. Puis
j'ai attendu que ma mère soit seule et je lui ai tout
avoué. Ce n'était pas facile pour moi car je
ressentais un peu de culpabilité car ils m'accordaient
toute leur confiance, je pouvais sortir librement. Ensuite,
ma mère n'a pas pleuré mais j'ai vu l'expression
de son visage qui s'était tout à coup assombri
et j'ai vu qu'elle n'était pas tout à fait d'accord.
En fait, elle avait peur pour moi. Alors deux jours après,
elle a pris l'initiative de le dire à mon père.
Alors là, c'était la catastrophe, il ne voulait
pas que je sois enceinte. Ils m'ont
emmené voir des gynécologues, puis un anesthésiste
afin de procéder rapidement à un avortement.
Mais moi je hurlais au fond de moi. Je
ne voulais pas enlever mon bébé. Il est à
moi et à mon copain, qui lui était tout a fait
d'accord avec moi. Je me suis battue pour garder mon bébé,
je ne pouvais plus regarder mon père en face, je me
suis dit que si j'arrivais à l'avortement, jamais plus
de ma vie je voudrais revoir mes parents.
Puis arrivée deux jours avant l'avortement,
j’étais chez ma sœur lorsque mon père
et ma mère m'ont pris dans leurs bras et m'ont dit
: nous voulons que tu gardes ton bébé.
Mon père a déchiré le papier qui était
destiné à l'avortement. Ce fut un jour inoubliable
pour moi.
Aujourd'hui, mon fils a 2 ans et 2 mois,
et son père et moi nous sommes fiers de lui, ainsi
que ses grands-parents. Alors je voudrais éclairer
un peu les femmes qui pensent à l'avortement. Moi aussi
j'y ai pensé pour pouvoir avoir la paix, mais en fait
ça n'arrange rien. Pour votre entourage, surtout quand
vous êtes jeune, cette nouvelle est vraiment une mauvaise
nouvelle.
Une petite astuce que j'ai utilisée
pour vraiment savoir si je voulais me battre contre cet avortement,
c'est à la première échographie lorsque
vous entendez son petit cœur qui bat à l'intérieur
de vous...
Moi je dis que la décision n'appartient
qu'à vous seule et au père de l'enfant. Mais
si votre décision vous pousse à ne pas avorter,
eh bien battez-vous pour ce petit être innocent qui
ne vous demande qu’à voir le jour.
»

"Le plus dur a été
de l’annoncer"
Marie,
16 ans
«
Je m'appelle Marie, j'ai 16 ans
et, en mai 2004, j'apprends que je suis enceinte. Ma première
réaction était l'étonnement car, bien
sûr, je ne m'y attendais pas et le doute car je ne voulais
pas un enfant si jeune. Dès la nouvelle apprise, le
courageux papa a pris la fuite, je ne l'ai jamais revu. J'ai
dû me débrouiller toute seule, ce qui n'a pas
été toujours facile.
Les 4 premiers mois, je me cachais, personne ne le savait.
Au début, je détestais cet enfant, je n'en voulais
pas, j'ai pensé à tout (avortement, suicide,
etc.)
Mais, peu à peu, mon ventre a commencé à
grossir, j'ai dû prendre une décision : soit
tout avouer, soit continuer à me cacher. Cela a pris
plusieurs semaines. Pour être à l'aise dans mes
fringues, j'allais faire du shopping dans les centres de bébé
(Bébé 9, Aubert, etc.). Au début, j'y
allais pour moi, pour trouver des pantalons à ma taille
(spécial femme enceinte) mais peu à peu, en
traversant les rayons avec des biberons, sucettes, petits
vêtements… cela m'a fait très envie ! Je
suis alors venue sur Internet pour trouver quelqu'un pour
m'aider et je suis tombée sur le site de sosbébé.
J'ai alors envoyé un mail et on m'a gentiment répondu.
Grâce à l'équipe, je suis une jeune maman
très heureuse !
Le plus dur a été de l'annoncer. Au début,
j'avais l'impression que tout le monde me détestait
mais au fur et à mesure, mes amies sont revenues vers
moi ainsi que ma mère. Mais avec mon père, c'est
plus compliqué, il ne m'a plus supportée, ne
me parlait plus... Mais j'ai su résister car je faisais
ça pour mon bébé, je n'allais pas le
perdre pour lui, je ne voulais pas être égoïste.
A présent, je vis chez mes parents avec ma petite fille,
les rapports sont encore tendus avec mon père mais
je fais face !
Sachez que vous portez un être humain et qu'il ne faut
pas en faire n'importe quoi. Prenez du recul. Vous n'oublierez
jamais des moments inoubliables : le premier coup dans le
ventre, la naissance, la première tétée.
Cette petite frimousse qui vous dévisage avec de grands
yeux ! Ce sont des moments uniques qui sont très précieux.
Aujourd'hui, je suis maman d'une petite fille qui est vraiment
adorable ! Je sais que si vous êtes dans la même
situation que moi, c'est sûrement la décision
la plus difficile que vous avez à prendre, mais je
vous en prie, ne soyez pas égoïste ! Pensez au
bébé !
»

"Là
vraiment, je ne regrette pas mon choix"
Alexia,
16 ans
«
Bonjour, moi je suis tombée enceinte il y a un an,
j'avais 16 ans !! Au départ, je ne voulais pas de lui
car le père a renié ma grossesse en me disant
que c’était de ma faute, qu'il était trop
jeune pour en assumer la responsabilité !!
Et j’ai donc dû assumer ma grossesse toute seule
puisque pour moi, il était hors de question d’avorter
!!!
J’ai donc eu une petite fille qui s’appelle Candyce
!!
Dès que je l'ai vue, j’ai eu tout de suite le
sourire et je me suis dit "là vraiment, je ne
regrette pas mon choix" !!!
En plus, aujourd'hui, j’ai retrouvé l’amour
avec un mec qui a 19 ans !! »
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