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Etre aidée
pendant ma grossesse > Témoignages parus dans
la presse

MA MERE M'A GARDE
"Ma mère
avait déjà élevé treize enfants"
Céline Dion, in Paris Match, 2000
JE SUIS PAPA !
"Je n'aurais
jamais cru qu'être papa, ça pouvait rendre aussi
heureux"
Thierry, Maxi, 2000
JE L'AI GARDE
"Etre maman, c'est de
l'amour pour toute la vie"
Laura, 19 ans, "Jour après
jour ", 2004
"Au fond de moi,
je pouvais pas avorter"
Bénédicte, "Jour après
jour", 2004
" Sa réaction
ne correspondait pas à mes rêves, mais je l’ai
gardé"
Vanina, "Comme on s’aime",
France 2, juillet 2002
" Pour moi, c’est
une vie, j’ai refusé mordicus de l’interrompre"
Tatiana, "Ça se discute",
janvier 2002
"J’étais
tétanisée de garder cet enfant, mais aujourd’hui
je suis ravie"
Marie-José, "Ça se
discute", janvier 2002
"Juste avant
mon départ, j’ai vu Mindy"
Loana, extrait de " Miettes ", éd.
Pauvert, 2001
"Le regard
des autres, il ne faut pas en tenir compte"
Marie, La Croix, 1990
"Jai
changé davis, je le garde"
Alice, Elle, 2000
"Aucune maladie
ne sera jamais plus forte que mon amour pour lui
"
Fabienne, Maxi, 2000
"Tout était
contre moi (
) jai fait le choix déraisonnable
!"
Blandine, Questions de Femmes, 2000
" En
dépit d’un cancer, j’ai décidé
de garder mon enfant"
Claudia, Zenit.org, 1999
JE L'AI GARDE ET JE SUIS MINEURE
"Je ne regrette rien,
mais c'est pas facile tous les jours" Nouveau
!
Iris, Lolie, janvier 2005
"Quand
le bébé est là, c'est que du bonheur"
Cindy, "Jour après
jour", 2004
"Tout le monde voulait que j'avorte "
Lynda, Libération, 2003
" En sentant les coups
de pied dans mon ventre, j’ai compris que je la garderai"
Florence, Le Figaro, 2002
"Etre
mère m’a fait mûrir et aidée à
devenir responsable"
Anouk, La Croix, 2001
"Adrienne ma
donné une raison de vivre"
Carole, France Soir, 2000
"Aujourdhui,
je sais pourquoi je suis là"
Amélie, Nouvel Observateur, 2000
"Le père
de son enfant ne reviendra jamais"
Cyrielle, Maxi, 2000
"Si je continue
mes études, c'est pour lui"
Claire, Le Monde, 2000
"Je voulais
un enfant depuis lâge de 14 ans"
Laure, Nouvel Observateur, 2000
"A 13 ans et
demi, lenfant on laime autant !"
Virginie, 18 ans, 3 enfants, "C'est mon choix",
2000
"Avorter ?
C'était hors de question !"
Morgane, Maxi, 2000

MA MERE M'A GARDE
"Ma
mère avait déjà élevé treize
enfants"
Céline Dion, in Paris Match, décembre 2000
« Le
destin est en effet parfois troublant. Ma mère avait
déjà élevé treize enfants. (
)
Et voilà qu'elle était à nouveau enceinte.
Elle était tellement effondrée qu'elle est allée
voir le curé de la paroisse pour lui demander s'il
pouvait ''empêcher la famille''. (
)
Il lui fit la leçon, lui dit qu'elle
n'avait pas le droit de contrarier la nature. Il me faut admettre
que d'une certaine façon je dois la vie à ce
curé. La déception passée, ma mère
ne s'est pas longtemps apitoyée sur son sort, elle
m'a aimée passionnément, comme on aime la petite
dernière. »
JE SUIS PAPA !
"Je n'aurais jamais cru qu'être papa,
ça pouvait rendre aussi heureux"
Thierry, Maxi, juillet 2000
« Toute
ma vie, je me souviendrai de ce soir où Morgane est
arrivée chez moi, où elle m'a pris la main et
a lâché tout doucement : "J'attends un enfant
".
L'après-midi, j'avais reçu une lettre de convocation
pour le service militaire, et là, elle m'apprenait
que j'allais être papa ! C'en était trop pour
un seul homme ! Je ne savais plus du tout où j'en étais
Et d'abord, depuis quand savait-elle ? Trois mois ! Pourquoi
ne me l'avoir pas dit plus tôt ? Ce manque de confiance
aurait pu me mettre en colère, mais je l'aimais et
je pouvais me mettre à sa place, regarder les choses
avec ses yeux. Son secret devenait notre secret, et je me
tairais moi aussi
A l'armée, je lui téléphonais
tous les jours et je venais la rejoindre un week-end sur deux
Je ne voyais pas comment on allait s'en sortir avec ma solde
de 678 francs par mois, mais je ne pensais qu'à notre
bébé, lui seul comptait ! On avait décidé
de l'appeler Clémence si c'était une fille,
et Tanguy si c'était un garçon. Et Tanguy est
arrivé
(
) Quand j'ai vu ce petit bout de
chou qui dormait dans son berceau, j'ai fondu en larmes. Je
n'aurais jamais cru qu'être papa, ça pouvait
rendre aussi heureux. »
JE L'AI GARDE
"Etre maman, c'est de l'amour
pour toute la vie"
Laura, 19 ans, "C'est mon choix", janvier 2004,
"Quand l'amour est plus fort que la famille"
«
Laura a 19 ans, et Cédric
24. Leur petite Lucie est née il y a deux semaines.
Laura a arrêté ses études à 16
ans et fait des petits boulots. Lui travaille dans la musique.
Aujourd'hui, ils vivent tous les trois dans un studio de 30
m2 (…). Quand Lucie a été conçue,
ses parents étaient ensemble depuis un mois seulement.
- Laura
: "Je suis tombée enceinte mi-décembre
et on était ensemble depuis novembre, donc vraiment
un mois, 1 mois 1/2 quoi. J'ai su très vite que j'étais
enceinte."
- Cédric
: "C'était pas tellement une surprise, on s'en
doutait plus ou moins, parce que c'est quand même un
peu de notre faute !"
- Laura : "J'ai
fait un test un soir (…), et comme on n'était
pas étonnés, on n'était ni contents,
ni pas contents, et puis voilà, quoi…"
- Cédric
: "Inconsciemment, je pense que j'en voulais un, parce
que je me sentais prêt à transmettre certaines
valeurs à ma fille ou à mon fils. Donc, j'étais
plutôt heureux en fait."
- Laura : "De
mon côté, j'avais l'impression que je faisais
une connerie, donc je devais pas trop l'annoncer, parce que
j'avais l'impression que toutes les réactions que je
pourrais avoir, c'est "tu te rends pas compte, un enfant
à ton âge"."
- Cédric
: "C'est vrai qu'on a tendance à penser qu'autour
de 20 ans, on n'est pas encore prêt… mais je ne
me sentais pas moins prêt qu'une personne qui a 5 ans
de plus que moi. On me disait "tu verras, quand il faudra
changer les couches"… En fait, ça se fait
vraiment en deux minutes, et c'est vraiment pas compliqué.
(…)
Le jour de l'accouchement, c'était grandiose, le moment
le plus fort émotionnellement de ma vie, parce que
moi, j'étais super à l'aise ce jour-là.
Je l'ai regardée arriver doucement, on a tous participé
(…)."
Cédric et Laura se trouvent un peu livrés
à eux-mêmes, depuis que Lucie est arrivée
à la maison (…).
Il y a peu de temps encore, Laura était une adolescente
plutôt perturbée et jamais sa mère n'aurait
pensé être grand-mère si tôt…
- La maman de Laura :
"ça a été un peu difficile quand
Laura m'a annoncé qu'elle allait être maman.
Je l'avais vue adolescente à problèmes et donc
je trouvais que c'était un peu tôt et que c'était
un choix grave. J'ai trouvé que c'était trop
rapide, elle connaissait son copain depuis 3 mois… Elle
avait des arguments style "toi, tu m'as eue à
40 ans, c'est trop tard, moi je veux pas faire comme toi.""
Jusqu'à la naissance de sa fille, Laura
ne s'était jamais occupée de nouveau-nés,
mais les gestes sont venus naturellement.
- La maman de Laura
: "Très vite, j'ai vu qu'elle était très
à l'aise, et très patiente. La maternité
l'a changée, elle a plus de douceur, a perdu son côté
révolté. C'est un bon changement."
- Laura :
"Ce que ça représente pour moi d'être
maman ? De l'amour pour toute sa vie. On aime un enfant toute
sa vie, et en retour on a de l'amour. Moi, je vois ça
comme une garantie d'amour pour toute la vie…»

"Au fond de moi, je
pouvais pas avorter"
Bénédicte, "C'est mon choix", janvier
2004, "Quand l'amour est plus fort que la famille".
«
1er volet : Reportage intitulé
"Bénédicte, 19 ans, enceinte de 4 mois,
se bat pour faire accepter sa grossesse".
L'enfant n'était pas désiré,
mais Bénédicte a décidé de garder
le bébé contre l'avis de Denis, son petit ami.
La jeune femme redoute désormais que Denis refuse d'assumer
l'enfant. Son père tente de la réconforter :
"Denis a besoin de grandir jour après jour, prendre
conscience qu'il se passe quelque chose. L'échographie
va lui permettre de voir une réalité qu'il ne
voit pas encore extérieurement… (…). Mais
l'amour, c'est ça. L'amour fait son œuvre. Il
t'a aimé sans l'enfant, il t'aimera avec l'enfant,
il aimera l'enfant. Je crois que c'est un tout."
Denis, 19 ans lui aussi, n'était absolument
pas disposé à devenir père. Placé
devant le fait accompli et un peu dépassé par
ce qui lui arrive, il tente d'assumer au mieux sa paternité
(…). Le futur papa a du mal à cacher ses appréhensions.
Le jour de la première échographie arrive.
- Denis : "Content
? Content de le voir à l'écran, oui… Mais
qu'est-ce qu'on va faire après quand il va naître
? Je sais pas."
Ce soir, Bénédicte est venue apporter
les clichés de l'échographie à Denis
: un moyen pour elle d'impliquer un peu plus son amoureux
dans sa grossesse (…). Bénédicte lui rend
visite lorsque sa mère est absente : la jeune femme
n'est plus la bienvenue à la maison depuis qu'elle
a décidé de garder l'enfant.
- Bénédicte
à Denis : "Je préfèrerais
qu'elle soit moins sèche, moins froide. (…) De
toutes façons, j'aurais jamais changé d'avis.
Je pouvais pas. Et maintenant, je peux encore moins, là
c'est clair. (…). C'est pas que je ne voulais pas écouter
ton avis, mon cœur, c'est que c'est pas toi qui allais
à l'hôpital (…)."
- Denis : "T'avais
dit qu'il n'y avait que ta décision qui comptait, parce
que c'est toi qui le portais."
- Bénédicte
: "Moi, je vais t'emmener à l'hosto te faire charcuter
et t'enlever le gosse que t'as (…). Vous le portez pas
aussi, vous les hommes. Vous savez pas."
- Denis : "Ton
père, il t'a soutenue aussi dans ta décision.
Moi, ma mère, elle m'a pas soutenu."
- Bénédicte
: "Je sais très bien qu'il y aura des difficultés
après, je sais que ce ne sera pas facile, mais moi,
je préfère ça plutôt que d'aller
me faire avorter, voilà. Je trouve que l'avortement,
c'est un truc trop facile "ah ben, j'suis enceinte, j'vais
me faire avorter". Non mais attends, y'a pas une carte
de fidélité avec l'hôpital… Avoue
que si ta mère t'avait dit "t'inquiètes
pas, on va t'aider, ça va aller", t'aurais pas
paniqué comme ça…"
- Denis : "ben
ça, c'est sûr…"
- Bénédicte,
au journaliste : "faut garder espoir. De toutes
façons, ça peut pas aller en s'empirant. A la
limite, moi, c'est mon choix, il faut que je l'assume, quoi.
Mais c'est pour Denis, je pense à lui, c'est lui qui
le vit pas très très bien. (…) Je suis
quand même assez fragile, et même si j'encaisse
relativement bien, il y a des fois où c'est pas évident,
donc j'espère que les clichés de l'échographie
vont détendre un peu l'atmosphère. Parce que
c'est pas super facile." (…)
- Denis : "J'étais
vachement ému, quand même, de voir ça.
(…) J'ai vu que j'allais être papa, quoi."
(On les voit discuter vivement tous les deux,
quelque temps après).
- Bénédicte
au journaliste : "J'ai tout le temps peur que petit à
petit, il foute le camp."
- Denis : "je
suis à bout…"
- Bénédicte
à Denis : "Tu fais très bébé,
je vais me retrouver avec deux bébés."
Bénédicte et Denis sont désemparés…
2ème volet : Bénédicte,
enceinte de 4 mois 1/2 et Denis en direct, sur le plateau.
- Bénédicte :
"J'aurais préféré que ça
arrive plus tard, parce que ce n'est pas le moment idéal,
je suis dans mes études. Mais au fond de moi, je pouvais
pas avorter. Je me voyais pas aller à l'hôpital…
(…) Pour moi, c'est un enfant de l'amour, même
si c'était pas voulu. On va finir nos études.
Moi, je passe mon bac après avoir accouché.
Puis, je ferai peut-être un BTS par alternance. »
"Sa
réaction ne correspondait pas à mes rêves,
mais je l’ai gardé"
Vanina
Michel, chanteuse et musicienne, égérie du groupe
"Hair" dans les années 70.
"
Comme on s’aime", sur France 2, du 11 juillet 2002
«
Comme toute jeune femme, vous êtes
élevée avec l’image que, le jour où
vous annoncez à l’homme que vous aimez que vous
avez un enfant, vous attendez qu’il vous prenne dans
ses bras, qu’il vous fasse virevolter, comme on le voit
dans les contes de fée, en disant "c’est
le plus beau jour de ma vie".
Et bien, moi, je lui ai annoncé ça sur un quai
de gare : il ne m’a pas pris dans ses bras, il ne m’a
pas fait virevolter…
J’ai tout de suite dit : "attends, c’est
pas grave, moi je suis ravie d’avoir un enfant avec
toi, je ne te demande rien, je ne demande même pas de
reconnaissance paternelle, je m’en occuperai, et au
fil de la vie, vous trouverez votre relation, vous vous rencontrerez…
Mais je ne veux rien demander, je ne veux rien abîmer
de ta vie à toi… C’est un beau cadeau de
la vie, il va être magnifique cet enfant…"
Et voilà, ça s’est passé comme
ça… »

"Pour
moi, c’est une vie, j’ai refusé mordicus
de l’interrompre"
Tatiana,
" Ça se discute", "Peut-on sortir indemne
d’un avortement ?", France 2, 30 janvier 2002
Tatiana, 27 ans, enceinte de 6 mois ½,
a décidé de garder son enfant, en dépit
d’une situation peu propice, et de fortes pressions
pour qu’elle interrompe cette grossesse…
«
Ma mère voulait que j’avorte. Des amis à
elle m’ont même écrit pour essayer de me
faire fléchir, parce que j’étais seule
pour élever l’enfant.
J’ai résisté, parce que j’ai pensé
à mon enfant, je sentais la vie en moi, il était
hors de question que j’avorte. C’était
pas prévu pourtant…. Le papa est marié,
a déjà deux enfants. Je ne lui demanderai rien.
Dès le départ, je ne pouvais pas imaginer l’avortement.
On a l’appendicite, c’est un mal. On va se faire
soigner une dent, parce qu’on a mal. Mais pour l’avortement,
c’est la vie qui est en nous, et c’est pour ça
que pour moi, tout de suite, c’était une vie.
Je suis amoureuse de cet homme, alors
se faire avorter de l’enfant d’un homme qu’on
aime… Je suis pas contre les femmes qui avortent, mais
je le conçois pas pour moi. Dès le début,
ça a été une grande joie, c’est
un enfant de l’amour…
La vie n’est de toutes façons pas simple…»

"J’étais
tétanisée de garder cet enfant, mais aujourd’hui
je suis ravie"
Marie-José,
" Ça se discute", "Peut-on sortir indemne
d’un avortement ?", France 2,
30
janvier 2002
Marie-José, 45 ans, mariée,
mère de 4 enfants (24, 17, 11 et 2 ans) est tombée
enceinte de sa dernière à 43 ans, et n’a
pu avorter. Soulagée et paniquée tout à
la fois, elle a gardé ce "bébé-surprise",
et en est bien contente.
«
- Marie-José
: J’ai pensé à l’IVG, parce qu’au
niveau financier, c’était pas possible d’avoir
un 4ème, mais en fait, je voulais pas trop. Mon mari,
lui, était pour l’IVG.
Je me suis rendue compte que j’étais enceinte
à environ deux mois de grossesse. Mais entre les examens,
les échographies, etc., le gynécologue n’a
confirmé ma grossesse qu’un mois après.
Là, je me suis effondrée dans son cabinet. J’ai
essayé d’avorter à Paris, mais le médecin
n’a pas voulu.
Mon mari a été très en colère,
m’a menacée de divorcer, me soupçonnant
d’avoir fait exprès. Impossible d’aller
à l’étranger, c’était trop
cher. Du coup, à la fin, j’ai décidé
de le garder. Mais j’étais paniquée, j’ai
même songé à me suicider.
Maintenant, c’est une belle petite fille.
Elle a 2 ans, elle s’appelle Stéphanie. Je pense
qu’elle a senti la tension à l’intérieur
de mon ventre. Ma fille de 19 ans me disait : "mais tu
te rends compte, tu tues un bébé, ça
vit déjà dans ton ventre, tu lui parles…"
A chaque fois, c’étaient des crises de larmes
avec elle. Finalement, je suis bien contente d’avoir
cette petite fille.
- Le
mari de Marie-José : oui,
c’est une petite fille formidable. J’accepte tout
maintenant, mais à ce moment-là, on n’avait
pas de sous, alors… »

"Juste avant mon départ, j’ai vu Mindy"
Loana, extrait de "Miette ", éd. Pauvert,
2001
« Sans
argent, rien n’est facile. J’ai pu quand même trouver
l’argent, et j’ai pris l’avion pour Madrid. Mais, juste avant
mon départ, j’ai vu Mindy. A l’échographie.
Une minuscule petite fille en moi. Une autre Loana. Elle et
moi, c’était pareil. (…)
J’ai fini par aller en Espagne. La veille du
départ, juste la veille, comme un signe, j’avais senti
bouger mon bébé en moi. Un coup minuscule, pour
la première fois, une sorte de choc sous-marin, tout
au fond de mon ventre. La surprise m’a assise sur le lit,
et je suis restée longtemps, une main posée
contre ma peau, là où elle avait bougé.
J’étais en train d’aimer Mindy. De l’aimer de toutes
mes forces.
Je suis arrivée à Madrid, j’arpente
les rues, mais je ne vois que la petite image bleue de Mindy.
Les heures passent, je marche, j’ai rendez-vous dans une clinique.
Je n’ai pas pu. J’ai repris l’avion, avec Mindy.
Trop tard, elle est là, c’est ma fille. Elle va venir
au monde, je vais me débrouiller. »
"Le regard des autres, il ne faut pas en
tenir compte"
Marie, La Croix, 12 décembre 1990
« Quand
la gynécologue m'a dit " vous êtes enceinte
", j'ai ressenti un moment de bonheur. Le quart d'heure
suivant, j'étais toute flagada, en train de me dire
qu'il fallait planifier l'avortement. " Marie est professeur
de philosophie ; elle avait, alors, 34 ans. " C'est l'âge
auquel ma mère m'a eue ", précise-t-elle
aujourd'hui, consciente du désir d'enfant intense qui
l'habitait à ce moment.
Seule, sortant à, peine d'une longue
histoire d'amour, elle avait eu une aventure. Un soir du Nouvel
An. " Pour combler un sentiment d'abandon. "
Une histoire sans lendemain, croyait-elle
" Aussi, quand j'ai su, j'ai éprouvé un
terrible sentiment de culpabilité, raconte-t-elle.
Avais-je le droit de mettre au monde un enfant sans lui donner
de père ? " et puis les parents prennent cette
grossesse comme un drame. " Tu es irresponsable, on te
paie le voyage aux Etats-Unis pour avorter ! " assènent-ils
à Marie.
Rendez-vous est pris dans un hôpital parisien.
Mais l'amie qui devait accompagner Marie renonce pour ne pas
réveiller un souvenir personnel douloureux. "
Si elle était venue, j'aurais avorté, reconnaît
Marie, mais là, je me suis retrouvée face à
moi-même, sans caution, et j'ai eu soudain envie de
parler. "
Avec une psychothérapeute d'abord qui
lui dit : " Si vous pensez que vous allez aimer cet enfant,
vous pouvez le garder. " Puis avec l'association Grossesse
Secours, qui ajoute : " Le regard des autres, il ne faut
pas en tenir compte. " " Ca a fait tilt, raconte
Marie, j'ai pu formuler mon désir, me détacher
du reste. "
L'enfant est né, il y a un peu plus d'un
an. Marie a déménagé. Et la vie va. Plutôt
bien. »
"Jai changé davis, je
le garde"
Alice, Elle, 10 avril 2000
« Je
ne veux pas de cet enfant ". Lorsque mon gynéco
m'annonce que je vais être maman pour la seconde fois,
je ne peux m'empêcher de réagir violemment. Il
n'est pas question qu'un nouveau-né vienne troubler
mon existence. J'ai un job dans l'immobilier qui me passionne,
une jolie maison, un mari, ma Clara que j'adore, et nous faisons
des voyages aux quatre coins du monde plusieurs fois par an.
L'idée de replonger dans les petits pots et les couche-culottes
me révulse. Je veux garder ma liberté, nos week-ends
en amoureux et les grasses matinées qui vont avec.
(
)
Une fois le rendez-vous pris à la clinique,
je demande une journée de congé à mon
employeur, une femme d'une cinquantaine d'années à
qui je ressens le besoin de dire la vérité.
(
) Après avoir écouté mes aveux,
elle referme la porte derrière elle, et demande à
la secrétaire de ne lui passer aucun appel. Pendant
trois heures, nous allons parler de mon IVG, de la vie, de
nos maris, des enfants (elle en a cinq). Nos relations étaient
jusque là professionnelles, nous parlions éventuellement
de nos vacances, de nos virées shopping, rien de plus.
Là, je me laisse aller à plus de confidences
sur ce que je pense être un manque d'instinct maternel.
(
)
" Mon petit dernier a pointé son
nez l'année de mes 40 ans. Alors vous, à 36
ans, il n'y a vraiment pas de quoi vous inquiéter ",
conclut mon interlocutrice, tout en me rassurant sur mon avenir
professionnel et en me proposant de prendre mon mercredi pour
m'occuper des enfants. A ses yeux, la boucle est bouclée,
je garde le bébé. Cette intrusion dans mon intimité
est tempérée, je dois l'admettre, par beaucoup
de chaleur, d'ouverture d'esprit et de compréhension.
Cette conversation m'a-t'elle bouleversée ? Certainement
plus que l'entretien psychologique obligatoire avant une IVG.
Il aura duré à peine cinq minutes juste le temps
de remplir un questionnaire.
La veille de l'avortement, impossible de trouver
le sommeil, je ne pense qu'à ça. Inconsciemment,
quelque chose me gêne, le doute s'installe légèrement.
Est-ce de voir mon mari malheureux depuis que je lui ai annoncé
que je ne mènerai pas cette grossesse à terme
? (
).
A 8h30, je me rends à la clinique. L'atmosphère
est glaciale. Une infirmière aimable comme une porte
de prison me dirige vers une chambre où deux femmes
attendent leur tour. La panique me gagne, des frissons me
parcourent le corps. On me demande de me déshabiller,
de mettre une blouse, et de donner mon échographie.
" Je ne l'ai pas sur moi, elle est à la maison.
" Comment ai-je pu faire cet oubli ? " Allez la
chercher, le médecin en a absolument besoin ",
lâche l'infirmière. Par chance, j'habite juste
en face de la clinique. En traversant la rue, je revois le
visage de mon mari ; je pense à ma petite fille, qui
ne se doute de rien. Maintenant, j'ai beau me creuser la tête
pour trouver une vraie bonne raison de ne pas garder ce bébé,
rien ne me vient à l'esprit. (
)
Sitôt le pas de notre maison franchie,
je fonds en larmes et me rue sur le téléphone
pour appeler Patrick : " J'ai changé d'avis, je
le garde. " Je sens sa joie, je vois son sourire : "
Chérie, c'est le plus beau cadeau que tu puisses me
faire. En quittant la maison ce matin, je ne pouvais pas m'empêcher
de pleurer. J'ai tellement espéré que tu changes
d'avis ! " Le lendemain, au bureau, ma chef se dirige
vers moi. " Alors ?" Je souris. " J'ai fait
demi-tour. " Elle, triomphante : " J'en étais
sûre. "
Aujourd'hui, le petit Jean a quatre mois. C'est,
bien sûr, le plus beau bébé du monde et
je suis la maman la plus heureuse. Je n'ai absolument aucun
regret. (
) Et, une aventure en entraînant une
autre, nous envisageons de nous installer en Amérique
du Sud. »
"Aucune maladie ne sera jamais plus forte
que mon amour pour lui
"
Fabienne, MAXI, février 2000
« Je
n'avais rien vu d'aussi merveilleux
Sur l'échographie,
la forme de son corps, de sa tête, ses petits mains
serrées comme des poings fermés, et les battements
de son cur que j'entendais aussi nettement que s'il
avait été tout contre moi, me faisaient monter
les larmes aux yeux. J'étais enceinte de quatre mois,
enceinte pour la première fois et, en découvrant
mon fils sur l'écran de contrôle- nous avons
appris ce jour-là que c'était un garçon-,
je me suis sentie submergée par une immense vague d'amour.
Près de moi, Olivier, mon mari, ne disait rien. Il
fixait l'écran, bouche bée. J'ai cherché
son regard, il m'a pris la main et nous nous sommes souris.
Nous n'avions jamais été aussi heureux.
Les jours suivants, j'étais sur un nuage.
A la maison, à la parfumerie où je travaillais
comme vendeuse ou chez mes parents, tout me semblait un rêve,
tout me paraissait beau. Jusqu'à ce que la semaine
suivante, je sente une petite boule au niveau du sein droit.
Par acquis de conscience, je suis allée
voir mon médecin. Il m'a auscultée, palpée,
questionnée. " C'est sans doute un kyste, a-t-il
diagnostiqué, rien de très grave. Vous devrez
subir une petite opération ".
Tout de suite, j'ai pensé à mon
enfant. J'étais inquiète pour lui, à
cause de l'anesthésie : " Ne vous faites pas de
soucis, m'a-t-il rassuré. Il s'endormira et se réveillera
avec vous
". Cependant, pour plus de précautions,
il a tenu à ce que l'on me fasse une ponction pour
analyses complémentaires. Puis, nous avons fixé
ensemble la date de l'opération, au début du
mois suivant.
Mais, entre-temps, il m'a téléphoné.
Il voulait nous voir au plus vite, mon mari et moi. Il nous
a reçus avec un air embarrassé et j'ai eu un
mauvais pressentiment. Assis derrière son bureau, il
n'y est pas allé par quatre chemins : l'analyse avait
révélé la présence de cellules
" malignes". En d'autres termes, je ne souffrais
pas d'un kyste comme il l'avait tout d'abord pensé.
Non, c'était beaucoup plus grave : j'avais un cancer,
un cancer du sein droit
Bizarrement, à l'instant
même où il nous a annoncé cette nouvelle,
j'ai senti mon enfant bouger dans mon ventre
"
Vous êtes enceinte de combien de mois ? " m'a demandé
le médecin. " Bientôt cinq ", ai-je
répondu en posant ma main sur mon ventre. Le regard
du médecin s'est assombri : " Pour vous soigner,
il va falloir songer à une interruption de grossesse,
c'est indispensable
".
Chaque fois qu'il bougeait, je me sentais
plus forte
J'ai mis un temps pour comprendre. Puis, je
me suis entendue répondre, presque machinalement :
" Non, je refuse. Je veux garder mon enfant
".
Et sa voix, de nouveau, a retenti : " Comprenez
vous
allez subir un traitement éprouvant. Une chimiothérapie.
Des rayons. Tout ça provoque des dérèglements
hormonaux, des risques de malformation pour votre bébé.
Je vous assure, le mieux, pour vous, c'est l'interruption
de grossesse
".
Ce soir-là, à la maison, Olivier
a fait tout ce qu'il pouvait pour me réconforter. Lui,
tout ce qu'il voyait, c'était qu'il ne voulait pas
me perdre, qu'entre moi et l'enfant, il n'hésiterait
pas une seconde. Moi, je ne savais pas quoi lui répondre.
J'ai revu l'image de mon fils sur l'échographie, cette
silhouette toute frémissante qui ne demandait qu'à
voir le jour, et je me suis mise à pleurer. "
Tu sais, nous pourrons toujours avoir d'autres enfants
" m'a-t-il murmuré en me serrant fort dans ses
bras. Moi, même si je le comprenais, je n'ai pas pu
m'empêcher de sangloter : " J'en veux pas d'autres,
moi, c'est lui que je veux ! ".
Le lendemain , Olivier m'a appelée de
son bureau. Un de ses amis lui avait parlé d'un cancérologue
réputé. Pourquoi ne pas aller le voir ? Nous
n'avions rien à perdre ! J'avais le ventre noué
quand je me suis installée avec Olivier dans son bureau,
mais, tout de suite, son sourire, la douceur de sa voix m'ont
rassurée. Il était spécialiste du cancer
du sein. Mon dossier médical lui avait été
transmis. " Il va falloir commencer votre traitement
au plus vite. "Ma question a fusé : " Et
mon bébé ? " Il m'a adressé un sourire.
" Rien n'interdit que vous le gardiez pour l'instant
" Je lui ai répété ce que m'avait
dit mon médecin. " Nous pourrons nous contenter
pour l'instant de la chimiothérapie, a-t-il expliqué,
pendant encore un mois et demi
Le temps que votre enfant
se développe suffisamment et soit viable. C'est à
ce moment-là que nous commencerons le traitement aux
rayons
"
Je n'en croyais pas mes oreilles ! Ainsi, il
y avait une chance
Je lui aurais sauté au cou
pour l'embrasser ! Et je n'ai presque plus accordé
d'importance à ce qu'il a ajouté : que je devrais
peut-être subir une ablation du sein droit
La semaine suivante, j'ai commencé la
chimio. Les séances étaient longues, éprouvantes.
Mais Olivier m'accompagnait le plus souvent. Et puis, il y
avait mon fils. A chaque fois que je le sentais bouger dans
mon ventre, je me sentais un peu plus forte. Quelques temps
après la deuxième séance, j'ai commencé
à perdre mes cheveux. Bien sûr, ça a été
un choc, mais je supportais le traitement assez bien. La tumeur
se réduisait peu à peu et mon médecin
avait beaucoup d'espoir.
Seulement, au bout d'un mois, il m'a annoncée
que la chimio ne faisait plus d'effet sur moi. Il fallait
passer à l'étape suivante
J'en étais
à sept mois de grossesse. L'accouchement devenait inévitable,
et le médecin m'a informé que, hélas,
j'allais devoir subir ensuite une ablation du sein droit.
J'ai accouché par césarienne, avec anesthésie
totale : la naissance de mon enfant, je n'ai pas pu la vivre.
Mais Adrien est né
Ma première question a été
pour la sage-femme : " Il va comment ? (
) "
Elle m'a souri : " Il se porte le mieux du monde ! "
C'était tout ce que je voulais entendre. Maintenant,
je pouvais subir cette mammectomie le cur tranquille
Voilà un an qu'Adrien est né,
et c'est le plus beau des bébés
Je suis
actuellement en rémission et j'ai confiance, même
si une rechute est toujours possible. Le soir, quand je prends
Adrien dans mes bras, je lui parle : " Tu ne peux pas
savoir comme je suis heureuse que tu sois là, bien
portant
Comme tu me donnes du courage et l'envie de
me battre ! " Et il suffit que je le regarde, que je
le sente tout contre moi, pour avoir la certitude absolue
que rien ne pourra m'arriver. Non, aucune maladie ne sera
jamais plus forte que mon amour pour lui
»
"Tout était contre moi (
) jai
fait le choix déraisonnable !"
Blandine, Questions de Femmes, mars 2000
Blandine avait trente-cinq ans quand elle
s'est retrouvée enceinte de Claude.
« Quand
on me l'a annoncé, j'ai éclaté de rire.
Enceinte, moi ? Impossible ! Médicalement incorrect
: les médecins avaient été formels, j'avais
un problème de trompes (
).
La grossesse confirmée, Blandine doit
décider vite car les délais pour l'IVG sont
presque atteints. "Tout était contre moi. Je vivais
seule, je venais d'être licenciée de mon travail,
mes parents habitaient à l'étranger et je menais
une vie déréglée : sortie, copains, nuits
blanches
C'est d'ailleurs au cours d'une nuit torride
et particulièrement arrosée que Claude a été
conçu. Eh bien, j'ai fait le choix déraisonnable
!" Du coup, elle se retrouve dans une situation embarrassante.
(
)
En mettant fin à l'angoisse de la stérilité,
cette grossesse impromptue termine aussi un rythme de vie
échevelé et destructeur. "Je sentais que
Claude allait donner un sens à ma vie. Je n'ai pas
été déçue." (
)
Aujourd'hui, je réalise que j'ai fait
quelque chose de fou ! Mais ça m'a donné l'énergie
de ma battre. J'ai trouvé un travail à mi-temps,
je mène une vie structurée, même si je
continue à sortir de temps en temps, et mes voisines
m'aident pour garder Claude. Au lieu de végéter
dans mon coin, j'ai recréé une vie communautaire.
»
" En
dépit d’un cancer, j’ai décidé
de garder mon enfant"
Claudia
Cardinali, Monte San Vito (Italie), Zenit.org, 7 octobre 1999
« Enceinte
de trois mois, j’ai appris que j’étais
atteinte d’un cancer du placenta. Un cas sur 100 000.
J’avais le choix entre me faire opérer immédiatement
et perdre l’enfant ou poursuivre la grossesse au péril
de ma vie. En accord avec mon mari, j’ai décidé
de donner à l’enfant l’opportunité
de vivre.
Le petit Diego est né au bout de sept
mois de grossesse. Il est certes prématuré,
mais en bonne santé. Nous avons vécu avec les
médecins jour après jour jusqu’à
la 28ème semaine. Je n’ai jamais pensé
interrompre la grossesse. Je voulais sauver l’enfant
et nous avons réussi. Les médecins ont expliqué
qu’il était extrêmement rare qu’un
fœtus survive dans le cas d’une tumeur au placenta
car des complications graves surviennent en général.
Or, non seulement, il est vivant, mais l’opération
s’est très bien passée et je pourrai avoir
d’autres enfants. »
JE L'AI GARDE ET JE SUIS MINEURE
"Je ne regrette rien, mais c'est pas facile tous les
jours"
Iris,
17 ans, Lolie, janvier 2005
«
C'est à l'occasion d'une banale prise de sang que l'on
m'a dit que j'étais enceinte de trois mois. J'avais
16 ans. J'ai cru que le ciel me tombait dessus. Ma mère
était présente et m'a regardée avec un
air horrifié. Je prenais la pilule, mais il m'arrivait
souvent de l'oublier. Et puis, comme j'avais encore quelques
pertes, je ne me suis pas posé de questions. J'ai d'abord
pensé aller en Angleterre me faire avorter car j'avais
dépassé le délai légal en France.
J'ai pesé le pour et le contre, discuté avec
mes parents et mon petit copain et, finalement, décidé
de le garder.
Quand Théo est né, c'était
à la fois merveilleux et terrifiant. Son père
m'avait quittée, je venais d'avoir 17 ans et je voulais
rester une adolescente comme les autres. Pas vraiment compatible
avec un nourrisson ! Entre les couches, les biberons, les
réveils en pleine nuit, je me suis vite rendu compte
que ma vie avait définitivement changé. Et moi
aussi ! Ma mère ne travaillant pas, elle gardait mon
fils pendant mes cours. Mais pour mes sorties entre copines,
niet ! Je devais me débrouiller et trouver une baby-sitter.
Depuis trois ans, j'essaie de mener de front
ma vie de mère et mes études. Ce n'est pas évident
tous les jours, j'ai parfois envie de décompresser,
de redevenir la jeune fille d'autrefois, mais je ne regrette
rien. »

"Quand
le bébé est là, c'est que du bonheur"
Cindy,
15 ans, "C'est mon choix", janvier 2004, "Quand
l'amour est plus fort que la famille"
«
Cindy s'est
retrouvée enceinte à 15 ans. Coco, le papa,
avec qui elle sortait depuis 3 mois, a insisté pour
qu'elle le garde, mais quand le bébé est arrivé,
il assumait nettement moins, sortant beaucoup, faisant la
fête, s'occupant peu de son enfant.
- Cindy : A ce
moment-là, j'aurais voulu pouvoir compter plus sur
Coco. Maintenant, Jordane a 16 mois, ça se passe bien.
Ca se passe très bien. On habite ensemble. C'est bien
réglé, il n'y a pas de problème.
- Coco : Je ne
sors plus tout seul, c'est fini tout ça.
- Cindy : On sort
ensemble maintenant, Coco a changé ses fréquentations.
- Coco :
Quand le bébé est là, c'est que du bonheur,
c'est pas à regretter.
»
"Tout
le monde voulait que j'avorte"
Lynda,
Libération, 24 juillet 2003
«
(…) On avait
16 ans, c'est [Sébastien] qui a parlé en premier
d'un bébé. Il voulait vivre sa vie avec moi,
on pensait qu'on serait plus heureux en faisant une famille.
Ma mère ne l'aimait pas, ils s'insultaient. (…)
Je suis tombée enceinte, je l'ai dit en premier à
Sébastien, il m'a serrée dans ses bras, on était
heureux, on n'a jamais été aussi heureux que
ce jour-là.
Pression dingue
Pour le début de ma grossesse, lui, il était
en prison. Tout le monde était contre moi, le gynécologue
qui m'a engueulée, ma mère, mes tantes, tout
le monde voulait que j'avorte, elles étaient tout le
temps sur moi, une pression dingue, je faisais des crises
de nerfs. J'ai fait l'inscription pour l'IVG et je ne suis
pas allée au rendez-vous, je voulais assumer cet enfant
et l'avortement c'était tuer quelqu'un en moi, ça
m'aurait détruite.
La vie avec ma mère n'était plus possible mais
je n'arrivais pas à la quitter, c'est le juge qui m'a
obligée à venir [dans un centre d’hébergement,
à Brest] : il m'a dit que, si je ne faisais pas des
efforts, on allait me retirer mon bébé, qu'avec
le père on avait intérêt à arrêter
nos conneries. Ici, je me suis posée, j'ai pris du
recul. J'ai compris que ma mère vivait mal que je lui
échappe, elle pensait que j'allais lui laisser mon
enfant et qu'il allait confondre maman et mamy.
La mère de Sébastien a accouché quelques
semaines avant moi.
A la naissance, tous ceux qui m'avaient tourné le dos
sont revenus (…). J'ai eu besoin de fermer les portes,
de vivre l'histoire avec ma fille. A la fin de la grossesse,
je lui parlais beaucoup, je continue, je lui fais l'album
de photos de sa vie. (…)
Dur et magique à la fois
Dans la rue, les gens me regardent de travers, (…) je
leur dis juste : " Oui, c'est mon enfant et c'est ma
vie." C'est dur d'être maman, il faut tout le temps
être prête pour elle, quand elle pleure pour rien
et que je suis fatiguée, alors là je souffre,
je craque mais je le cache, il faut rester calme parce que
l'enfant ressent tout. Mais le matin, tu la vois, elle te
fait un grand sourire, tu oublies tout. Pour moi, le meilleur
moment c'est le bain, tous les soirs à 19 heures, c'est
un moment magique.
Je ferai tout pour que ma fille ne fasse pas les conneries
que j'ai faites, je ferai très attention à ses
fréquentations, je serai beaucoup plus sévère
que ma mère : quand c'est non, c'est non. (…)
Je ne vois plus mes copines du collège, on n'a plus
les mêmes centres d'intérêt, sortir en
boîte, ça m'a intéressée, mais
là ça ne m'intéresse plus.
Ce qui est dur ce n'est pas d'être adolescente et maman,
c'est de ne pas être avec le père. J'étais
trop jeune quand j'ai choisi le père, je ne suis pas
tombée sur le bon. Si j'avais réfléchi
à toute la longue vie qui nous attendait tous les trois,
j'en aurais choisi un autre. Là, il va bientôt
repartir en prison. Mais en même temps, si le père
n'était pas Sébastien, Soraya serait une autre
personne et c'est Soraya que j'aime.
».
"En sentant
les coups de pied dans mon ventre, j’ai compris que
je la garderai"
Florence,
Le Figaro, 20 décembre 2002
«
"Vers cinq
mois de grossesse, j’ai senti les coups de pied dans
mon ventre… J’ai compris que je la garderai."
A 17 ans à peine, Florence, au physique d’adolescente,
tient la main sur son ventre rond : "Quand je suis arrivée
au foyer, je voulais accoucher sous X. Mais aujourd’hui,
c’est fini, je suis heureuse : ma fille doit arriver
dans trois semaines…"
Dans sa chambre, au premier étage du
foyer Anjorrant, à Nantes, la sono est à fond,
façon discothèque : une manière, selon
la jeune future maman, de partager avec sa fille ses musiques
préférées. Elle vient de réaménager
sa chambre de fond en comble, déplaçant les
placards -déjà remplis de vêtements d’enfants-
et le bureau pour pouvoir mieux disposer le berceau à
côté de son propre lit. Aujourd’hui, Amélie,
le bébé à venir, est bien attendue. Même
si l’histoire de sa mère n’est pas si simple…
Florence n’a connu sa propre mère
que de loin en loin – "Elle m’a eue très
jeune, elle aussi, mais ne voulait pas de moi : elle est partie
avec un autre à la sortie de la maternité"
– et a grandi entre foyers et familles d’accueil.
(…)
Elle s’est aperçue qu’elle était
enceinte quelques semaines après s’être
séparée de son copain. "Il était
violent, c’est ça son problème, et moi,
on ne me bat pas", raconte-t-elle.
Mère à 17 ans ? "Je ne voulais pas d’enfant",
assure-t-elle. Mais d’IVG, encore moins : "Tomber
enceinte, c’est quand même un cadeau du ciel,
non ?" Alors, au fil des semaines, au centre pour mineures
Anjorrant, elle apprivoise cette grossesse imprévue.
(…) "En tout cas, cette petite, on va la fêter
!" se promet-elle. »
"Etre
mère m’a fait mûrir et aidée à
devenir responsable"
Anouk,
23 ans, La Croix, 21 février 2001
«
Je me suis très vite aperçue
que j’étais enceinte. Au départ, j’ai
eu très peur. Mais je n’ai pas voulu refuser
cet enfant : c’était une vie en moi. (…)
Le père de l’enfant ? Je le connaissais depuis
trois mois et c’était un peu le coup de foudre.
Je l’ai juste appelé pour lui dire que j’étais
enceinte et j’ai rompu tout de suite avec lui (…),
il n’avait que 16 ans, je ne voulais pas le perturber…
De son côté, il n’a pas cherché
à me rappeler (…).
J’en ai parlé d’abord à ma meilleure
amie, et j’ai attendu trois mois avant d’en parler
à ma sœur aînée, qui a prévenu
mes parents, pensant me rendre service. J’aurais préféré
les prévenir moi-même. Eux aussi ont eu très
peur. (…)
Finalement, ma mère s’est consacrée
à nous : elle s’est même arrêtée
de travailler pendant trois mois pour s’occuper du bébé,
le temps que je passe le bac. Mes frères et sœurs
vivaient encore à la maison. C’était un
peu l’enfant de toute la famille : c’est à
la fois génial et trop. Je m’aperçois
maintenant que mes parents se sont trop investis dans ma vie.
Certes, ils ne m’ont pas mise à la porte, ils
m’ont aidée financièrement. Mais (…)
au début ma mère s’occupait plus que moi
de mon enfant. (…)
J’étais un peu tiraillée
entre mes examens et mon enfant. J’ai écourté
mes études –même si je le regrette maintenant.
Car vivre sous le même toit, c’était malsain
et je ne voulais plus me sentir financièrement redevable.
(…)
Etre mère m’a remis les pieds
sur terre, m’a fait mûrir, m’a aidée
à devenir responsable. Enfin, je pouvais faire quelque
chose de bien et à fond. »
"Adrienne ma donné une raison
de vivre"
Carole,
France Soir, janvier 2000
« J'ai
rencontré mon futur mari, François, quand j'avais
15 ans. Nous sommes toujours ensemble. A 17 ans, je suis tombée
enceinte. Lui voulait des enfants depuis toujours.
Moi, je n'aimais pas ça. Mais quand c'est
arrivé, je l'ai accepté comme une fusion de
l'amour. Il n'a jamais été question d'IVG.(
)
A trois mois de grossesse, j'ai attendu que
ma grand-mère soit à la maison pour l'annoncer
à ma mère, qui m'a eue à 17 ans.
Elle pensait que j'avais fait la même
erreur et voulait que je me fasse avorter. J'ai refusé.
Quand Adrienne est née, avec François, on a
tout stoppé, sorties et autres. On se suffisait l'un
à l'autre. Avant, j'avais une vie assez morose et je
n'en attendais pas grand chose. Adrienne m'a donné
une raison de vivre.
J'ai eu mon deuxième enfant, Mathias,
à 19 ans. Six mois plus tard, j'ai repris mes études
Ce sont mes enfants qui m'ont donné envie de m'y remettre.
Aujourd'hui, Adrienne a 16 ans.
J'ai, avec elle, les rapports excellents que
je n'ai pas eus avec ma mère. Et, quand ses copines
ont peur d'être enceintes, c'est moi qui les aide. Elles
sont trop mal informées. Moi, personne ne m'avait aidée
non plus. (
) »
"Aujourdhui, je sais pourquoi je suis
là"
Amélie, Nouvel Observateur, janvier 2000
« Quand
j'ai annoncé à ma petite sur que j'attendais
un enfant, elle m'a répondu : " Une gamine de
16 ans, ça peut pas avoir de bébé ".
Moi non plus, je n'y croyais pas, jusqu'au jour où
j'ai senti quelque chose bouger dans mon ventre.
J'ai découvert que j'étais enceinte
de 5 mois. Je n'ai rien vu venir, parce que j'avais encore
des saignements. J'avais fait l'amour une seule fois sans
précaution.
Le plus dur a été d'en parler
à ma mère, j'avais l'impression de la trahir.
Mon copain m'a quittée. J'ai dû assumer seule,
mais je me sentais forte.
Avant, je ne m'aimais pas, je ne me trouvais
pas jolie. Aujourd'hui, je sais pourquoi je suis là.
J'ai repris les cours par correspondance, j'ai rencontré
un homme un mois après la naissance de mon fils, c'est
le père idéal. C'est incroyable le chemin que
j'ai parcouru (
). »
"Le père de son enfant ne reviendra
jamais"
Cyrielle, MAXI, mars 2000
«
" Maman, tu m'as toujours
dit que je pouvais te parler
Hé bien, j'ai un
problème
Je crois que je suis enceinte ! "
Suzy accuse le coup
Certes, avec six
enfants, elle s'attendait bien à devenir grand-mère
un jour, mais quand même pas si vite, et surtout pas
avec Cyrielle, sa petite dernière (16 ans) ! Mais elle
reprend vite ses esprits : depuis toujours, elle s'est jurée
d'épauler ses enfants en toutes circonstances et, plus
que jamais, c'est le moment de tenir sa promesse.
Alors, Suzy sourit et, très doucement,
dit à sa fille : " Réfléchis bien,
ma chérie
Un enfant, c'est une responsabilité
à vie
Mais si tu choisis de le garder, je serai
là pour t'aider ! ". Suzy n'a pas besoin d'attendre
la réponse de Cyrielle pour savoir : elle la connaît,
sa petite. Et à la flamme qu'elle voit briller dans
ses yeux, elle sait qu'elle sera bientôt grand-mère.
Presque huit mois ont passé. Cyrielle
sait que le père de son enfant ne reviendra jamais.
Il le lui a dit : elle n'était pour lui qu'une aventure
de passage. Les voisins ne se sont pas gênés
pour lui faire alors une réputation de fille facile
Mais Cyrielle s'en moque. Bientôt, elle sera maman !
(
)
[Après la naissance]
Suzy apprend à sa Cyrielle tout ce que
doit savoir une bonne mère : " Elle avait fait
beaucoup de baby sitting mais, j'en sais quelque chose, avoir
un bébé à temps plein, c'est un autre
travail ! Alors, jour après jour, je lui ai montré
comment changer les couches, comment préparer le lait
" premier âge ", ou comment tenir la tête
de Sandy pendant le bain
" Et Cyrielle apprend
vite ! Malgré son jeune âge, elle se lève
la nuit pour consoler sa fille, lui donne le biberon et l'emmène
en promenade tous les jours
(
)
A sept mois, à gazouiller toute la journée
et faire des sourires à tout le monde, Sandy est le
soleil qui illumine toute la maison ! Et qu'importe s'il a
fallu trouver un appartement plus grand pour qu'elle ait sa
chambre
Au moins, Susy a la chance de voir grandir sa
petite fille ! Bien sûr, elle sait aussi qu'un jour
elle quittera la maison, parce qu'il faudra bien que Cyrielle
mène sa propre vie. »
"Si je continue mes études, c'est
pour lui"
Claire, Le Monde, décembre 2000
« Stéphanie,
17 ans, Marie, 1 an : les photos de sa fille ont envahi son
cahier de textes de lycéenne. Interne, Stéphanie
ne voit Marie que les week-ends, lorsqu'elle rentre chez sa
mère. Elles dorment dans la même chambre, et
pendant les siestes de Marie, Stéphanie fait ses devoirs.
" Le lundi matin, elle ne veut jamais me regarder partir.
C'est dur d'en être séparée la semaine.
Je l'appelle tous les deux jours. Au lycée, mes copines
me demandent toujours de ses nouvelles". Elève
en première SMS (sciences médico-sociales),
Stéphanie se dit "heureuse". Dès qu'elle
parle de sa fille, son visage rayonne. "L'arrivée
de Marie m'a apporté beaucoup de bonheur. L'amour que
je n'ai pas eu, je vais lui donner. "
Ballottée entre sa belle-mère
et sa mère, Stéphanie garde un souvenir assez
douloureux de son enfance. Sa grossesse, "c'est un accident",
assure-t-elle. "J'étais en seconde. C'était
mon premier petit ami sérieux. Je prenais la pilule,
je devais faire renouveler mon ordonnance, mais je n'y suis
pas allée tout de suite. Mes règles ne sont
pas revenues. Alors je me suis rendue au Planning Familial.
J'étais enceinte de 7 semaines. J'ai fondu en larmes.
Je l'ai dit à ma belle-mère, ça a été
un choc. Mon père, lui, m'a dit : "Si tu veux
le garder, tu le gardes, on s'en occupera, l'important, c'est
d'éviter les regrets". Ma mère, elle, ne
voulait pas que je le garde et m'a donné une claque.
Moi, je ne voulais pas faire partir le bébé"
raconte-t-elle.
"Pendant ma grossesse, les gens me regardaient
bizarrement, être enceinte à 15 ans et demi,
ça choque. Mais je m'en moquais." Stéphanie
aurait voulu que sa mère soit présente à
l'accouchement, mais finalement, celle-ci n'a accepté
de voir l'enfant que dix mois plus tard.
L'arrivée de Marie a perturbé
la vie familiale. "Ma belle-mère était
jalouse de Marie. Elle a fini par se séparer de mon
père. Finalement, ma mère m'a dit : Reviens,
mais va à l'école. Mon père, je ne le
vois plus. Désormais, je suis proche de ma mère.
Son comportement a changé. Avant, on s'entendait pas
du tout, maintenant on est copines" se réjouit-elle.
Son copain, qui ne se sentait "pas prêt"
pour assumer son rôle de père, est finalement
"content". A 19 ans, il prépare un baccalauréat
professionnel et aimerait bien se marier avec Stéphanie.
"L'arrivée de Marie nous a rapprochés.
On a des responsabilités, on parle tout le temps de
notre fille. On se dit que quand elle ira à l'école,
ses parents seront encore à l'école ! "
Stéphanie voudrait devenir infirmière.
En classe, elle est "plus sérieuse qu'avant, plus
motivée". "C'est pour élever ma fille
que je fais des études. Je me sens plus mature, plus
adulte que les autres élèves. Je n'aurais jamais
imaginé être maman à mon âge, mais
je ne regrette rien, je trouve que c'est une bonne expérience.
Et puis, je me sens mieux dans ma peau". »
"Je voulais un enfant depuis lâge
de 14 ans"
Laure, Nouvel Observateur, janvier 2000 (Retrouvez
Laure en ligne)
« Je
voulais un enfant depuis l'âge de 14 ans. J'ai rencontré
Christophe à l'hôpital. Il était là
pour la même raison que moi : une tentative de suicide.
On a fait l'amour et je suis tombée enceinte à
17 ans.
Quand je l'ai su, je me suis demandé
un quart de seconde comment j'allais assumer ce bébé,
mais j'étais folle de joie. Lui m'a dit : "Bon,
on va se débrouiller". Puis, il a flippé.
Sa mère et lui m'ont demandé d'avorter. Pas
question. Moi qui n'avais plus envie de vivre, je me suis
mise à péter la forme du jour au lendemain.
Mon fils Enzo m'a donné la foi pour m'accrocher
et reprendre les études. Ce que je ne supporte plus,
c'est le regard des passants dans la rue. On vit dans une
société qui n'accepte pas les différences,
comme si on n'avait pas le droit de donner la vie sous prétexte
qu'on est jeune. Moi, je suis fière d'avoir un enfant
(
) »
"A 13 ans et demi, lenfant on laime
autant !"
Virginie, 18 ans, 3 enfants, "C'est mon choix",
novembre 2000
« - Catherine
: Je veux bien que ça se passe bien mais je pense que,
à 13 ans, ça doit pas être quand même
tout rose, très facile et je pense qu'à 13 ans
et demi, on n'appréhende pas l'arrivée d'un
enfant comme on pourrait l'appréhender à 20,
25 ans.
- Virginie : Si, l'enfant on l'aime autant !
- Catherine : Ah, oui, au point de vue amour,
bien sûr ! Mais, bon, sauf cas vraiment extrême,
on n'a quand même pas la maturité à 13
ans, qu'on peut avoir à 25 ans ou même à
20 ans.
- Virginie : Vous savez, il y a des femmes de
25 ans, des fois, je les vois, elles ne sont pas très
mûres non plus ! (
)
Il y a des femmes de 25 ans qui ne seraient
pas capables de s'occuper d'enfants, comme moi je m'occupe
des miens. (
)
- Personne du public : Pour vous, personnellement,
c'est dommage de ne pas vous construire vous-même, de
ne pas vivre que pour vous. Vous avez déjà la
charge, la responsabilité de petits bonshommes. C'est
trop dur, enfin, je pense que c'est beaucoup trop de responsabilités
quand on est jeune.
- Virginie: Je ne sais pas. Je les aime tellement,
j'ai tellement l'habitude de m'en occuper que si je m'occupais
que de moi, je me sentirais égoïste !
- Personne du public : C'est merveilleux, bravo
! (
)
- Présentatrice : Virginie, vous, vous
êtes enceinte de 4 mois, c'est ça ? Quel message
vous auriez envie d'adresser au petit troisième
ou à la petite troisième, on ne sait pas !
- Virginie : Que je vais l'aimer autant que
les premiers et lui donner tout mon amour ! »
"Avorter
? C'était hors de question !"
Morgane,
Maxi n°715, juillet 2000 : "Grossesse pas avouée,
pardonnée !"
«
Comment annoncer une chose pareille ? Comment
dire la vérité à mes parents, ou même
à Thierry, mon petit copain ? Il l'aurait fallu, pourtant,
mais c'était tellement compliqué, tellement
difficile, tellement impossible
Alors j'ai choisi de
taire à tous ces gens que j'aimais ce qui m'arrivait
: j'étais enceinte ! (
) J'avais à peine
18 ans ; j'étais en classe de seconde ; j'avais peur
Avorter ? C'était hors de question ! Cet enfant, maintenant
qu'il était dans mon ventre, je voulais le garder,
à ma façon, en secret
Souvent, je me suis dit : "allez, cette fois,
j'en parle à Thierry" ; mais, à chaque
fois que je me trouvais en face de lui, je remettais toujours
au lendemain
Et de lendemain en lendemain, trois mois
ont passé
Jusqu'à ce soir de décembre
où je me suis jetée à l'eau. La semaine
suivante, Thierry devait partir au service militaire, il fallait
qu'il sache qu'il allait être papa ! Sa réaction
m'a fait chaud au cur : "Je ne te laisserai pas
tomber" m'a-t-il répondu.
J'étais heureuse, très heureuse, et, il faut
bien le dire, un peu rassurée aussi. Pourtant, en parler
à mes parents me semblait toujours trop difficile,
impossible. (
)
Alors, pendant [des] mois, j'ai utilisé
toutes les ruses imaginables pour cacher mon état :
viser l'entrée de la salle de bains au moment précis
où tout le monde serait au lit, ne plus venir prendre
le petit-déjeuner en chemise de nuit, troquer mes éternels
jeans et tee-shirts pour des vêtements amples
(
)
Et puis il y a eu ce soir, vers 23 heures. Mes
parents étaient couchés ; moi, je regardais
la télévision dans le salon. De violentes douleurs
ont commencé à me tenailler le ventre : les
premières contractions ! Ma mère a dû
avoir un pressentiment, car elle s'est relevée pour
venir me voir. Elle m'a regardée, s'est accroupie près
de moi et m'a demandé : "Ca ne va pas ? Tu es
enceinte, c'est ça ?" J'ai fait oui de la tête
(
)
Quelques heures plus tard, Tanguy venait au monde.
Durant tout l'accouchement, ma mère est restée
à mon côté. Quant à Thierry, il
a eu une permission et il est arrivé à la maternité
dans l'après-midi, un énorme bouquet de fleurs
dans la main gauche et une tétine dans la main droite
! Il a regardé Tanguy, puis il s'est assis sur mon
lit. Nous nous sommes pris la main et avons pleuré.
Aujourd'hui, Tanguy a un an et demi, Thierry travaille
dans une agence immobilière et moi, je vais me réinscrire
au lycée pour passer mon bac
Je crois pouvoir
dire que nous sommes heureux tous les trois, et ça,
c'est impossible de le cacher
»
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