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Etre aidée pendant ma grossesse > Témoignages parus dans la presse

 


MA MERE M'A GARDE

"Ma mère avait déjà élevé treize enfants"
Céline Dion, in Paris Match, 2000


JE SUIS PAPA !

"Je n'aurais jamais cru qu'être papa, ça pouvait rendre aussi heureux"
Thierry, Maxi, 2000


JE L'AI GARDE

"Etre maman, c'est de l'amour pour toute la vie"
Laura, 19 ans, "Jour après jour ", 2004

"Au fond de moi, je pouvais pas avorter"
Bénédicte, "Jour après jour", 2004

" Sa réaction ne correspondait pas à mes rêves, mais je l’ai gardé"
Vanina, "Comme on s’aime", France 2, juillet 2002

" Pour moi, c’est une vie, j’ai refusé mordicus de l’interrompre"
Tatiana, "Ça se discute", janvier 2002

"J’étais tétanisée de garder cet enfant, mais aujourd’hui je suis ravie"
Marie-José, "Ça se discute", janvier 2002

"Juste avant mon départ, j’ai vu Mindy"
Loana, extrait de " Miettes ", éd. Pauvert, 2001

"Le regard des autres, il ne faut pas en tenir compte"
Marie, La Croix, 1990

"J’ai changé d’avis, je le garde"
Alice, Elle, 2000

"Aucune maladie ne sera jamais plus forte que mon amour pour lui…"
Fabienne, Maxi, 2000

"Tout était contre moi (…) j’ai fait le choix déraisonnable !"
Blandine, Questions de Femmes, 2000

" En dépit d’un cancer, j’ai décidé de garder mon enfant"
Claudia, Zenit.org, 1999


JE L'AI GARDE ET JE SUIS MINEURE

"Je ne regrette rien, mais c'est pas facile tous les jours"Nouveau !
Iris, Lolie, janvier 2005

"Quand le bébé est là, c'est que du bonheur"
Cindy, "Jour après jour", 2004

"Tout le monde voulait que j'avorte "

Lynda, Libération, 2003

" En sentant les coups de pied dans mon ventre, j’ai compris que je la garderai"
Florence, Le Figaro, 2002

"Etre mère m’a fait mûrir et aidée à devenir responsable"
Anouk, La Croix, 2001

"Adrienne m’a donné une raison de vivre"
Carole, France Soir, 2000

"Aujourd’hui, je sais pourquoi je suis là"
Amélie, Nouvel Observateur, 2000

"Le père de son enfant ne reviendra jamais"
Cyrielle, Maxi, 2000

"Si je continue mes études, c'est pour lui"
Claire, Le Monde, 2000

"Je voulais un enfant depuis l’âge de 14 ans"
Laure, Nouvel Observateur, 2000

"A 13 ans et demi, l’enfant on l’aime autant !"
Virginie, 18 ans, 3 enfants, "C'est mon choix", 2000

"Avorter ? C'était hors de question !"
Morgane, Maxi, 2000

 

MA MERE M'A GARDE

"Ma mère avait déjà élevé treize enfants"

Céline Dion, in Paris Match, décembre 2000

« Le destin est en effet parfois troublant. Ma mère avait déjà élevé treize enfants. (…) Et voilà qu'elle était à nouveau enceinte. Elle était tellement effondrée qu'elle est allée voir le curé de la paroisse pour lui demander s'il pouvait ''empêcher la famille''. (…)

Il lui fit la leçon, lui dit qu'elle n'avait pas le droit de contrarier la nature. Il me faut admettre que d'une certaine façon je dois la vie à ce curé. La déception passée, ma mère ne s'est pas longtemps apitoyée sur son sort, elle m'a aimée passionnément, comme on aime la petite dernière. »

 


JE SUIS PAPA !

"Je n'aurais jamais cru qu'être papa, ça pouvait rendre aussi heureux"

Thierry, Maxi, juillet 2000

« Toute ma vie, je me souviendrai de ce soir où Morgane est arrivée chez moi, où elle m'a pris la main et a lâché tout doucement : "J'attends un enfant…". L'après-midi, j'avais reçu une lettre de convocation pour le service militaire, et là, elle m'apprenait que j'allais être papa ! C'en était trop pour un seul homme ! Je ne savais plus du tout où j'en étais… Et d'abord, depuis quand savait-elle ? Trois mois ! Pourquoi ne me l'avoir pas dit plus tôt ? Ce manque de confiance aurait pu me mettre en colère, mais je l'aimais et je pouvais me mettre à sa place, regarder les choses avec ses yeux. Son secret devenait notre secret, et je me tairais moi aussi…

A l'armée, je lui téléphonais tous les jours et je venais la rejoindre un week-end sur deux… Je ne voyais pas comment on allait s'en sortir avec ma solde de 678 francs par mois, mais je ne pensais qu'à notre bébé, lui seul comptait ! On avait décidé de l'appeler Clémence si c'était une fille, et Tanguy si c'était un garçon. Et Tanguy est arrivé…(…) Quand j'ai vu ce petit bout de chou qui dormait dans son berceau, j'ai fondu en larmes. Je n'aurais jamais cru qu'être papa, ça pouvait rendre aussi heureux. »


 

JE L'AI GARDE

"Etre maman, c'est de l'amour pour toute la vie"

Laura, 19 ans, "C'est mon choix", janvier 2004, "Quand l'amour est plus fort que la famille"

« Laura a 19 ans, et Cédric 24. Leur petite Lucie est née il y a deux semaines. Laura a arrêté ses études à 16 ans et fait des petits boulots. Lui travaille dans la musique.
Aujourd'hui, ils vivent tous les trois dans un studio de 30 m2 (…). Quand Lucie a été conçue, ses parents étaient ensemble depuis un mois seulement.

- Laura : "Je suis tombée enceinte mi-décembre et on était ensemble depuis novembre, donc vraiment un mois, 1 mois 1/2 quoi. J'ai su très vite que j'étais enceinte."

- Cédric : "C'était pas tellement une surprise, on s'en doutait plus ou moins, parce que c'est quand même un peu de notre faute !"

- Laura : "J'ai fait un test un soir (…), et comme on n'était pas étonnés, on n'était ni contents, ni pas contents, et puis voilà, quoi…"

- Cédric : "Inconsciemment, je pense que j'en voulais un, parce que je me sentais prêt à transmettre certaines valeurs à ma fille ou à mon fils. Donc, j'étais plutôt heureux en fait."

- Laura : "De mon côté, j'avais l'impression que je faisais une connerie, donc je devais pas trop l'annoncer, parce que j'avais l'impression que toutes les réactions que je pourrais avoir, c'est "tu te rends pas compte, un enfant à ton âge"."

- Cédric : "C'est vrai qu'on a tendance à penser qu'autour de 20 ans, on n'est pas encore prêt… mais je ne me sentais pas moins prêt qu'une personne qui a 5 ans de plus que moi. On me disait "tu verras, quand il faudra changer les couches"… En fait, ça se fait vraiment en deux minutes, et c'est vraiment pas compliqué. (…)
Le jour de l'accouchement, c'était grandiose, le moment le plus fort émotionnellement de ma vie, parce que moi, j'étais super à l'aise ce jour-là. Je l'ai regardée arriver doucement, on a tous participé (…)."

Cédric et Laura se trouvent un peu livrés à eux-mêmes, depuis que Lucie est arrivée à la maison (…).
Il y a peu de temps encore, Laura était une adolescente plutôt perturbée et jamais sa mère n'aurait pensé être grand-mère si tôt…

- La maman de Laura : "ça a été un peu difficile quand Laura m'a annoncé qu'elle allait être maman. Je l'avais vue adolescente à problèmes et donc je trouvais que c'était un peu tôt et que c'était un choix grave. J'ai trouvé que c'était trop rapide, elle connaissait son copain depuis 3 mois… Elle avait des arguments style "toi, tu m'as eue à 40 ans, c'est trop tard, moi je veux pas faire comme toi.""

Jusqu'à la naissance de sa fille, Laura ne s'était jamais occupée de nouveau-nés, mais les gestes sont venus naturellement.

- La maman de Laura : "Très vite, j'ai vu qu'elle était très à l'aise, et très patiente. La maternité l'a changée, elle a plus de douceur, a perdu son côté révolté. C'est un bon changement."

- Laura : "Ce que ça représente pour moi d'être maman ? De l'amour pour toute sa vie. On aime un enfant toute sa vie, et en retour on a de l'amour. Moi, je vois ça comme une garantie d'amour pour toute la vie…»


"Au fond de moi, je pouvais pas avorter"

Bénédicte, "C'est mon choix", janvier 2004, "Quand l'amour est plus fort que la famille".

« 1er volet : Reportage intitulé "Bénédicte, 19 ans, enceinte de 4 mois, se bat pour faire accepter sa grossesse".

L'enfant n'était pas désiré, mais Bénédicte a décidé de garder le bébé contre l'avis de Denis, son petit ami. La jeune femme redoute désormais que Denis refuse d'assumer l'enfant. Son père tente de la réconforter : "Denis a besoin de grandir jour après jour, prendre conscience qu'il se passe quelque chose. L'échographie va lui permettre de voir une réalité qu'il ne voit pas encore extérieurement… (…). Mais l'amour, c'est ça. L'amour fait son œuvre. Il t'a aimé sans l'enfant, il t'aimera avec l'enfant, il aimera l'enfant. Je crois que c'est un tout."

Denis, 19 ans lui aussi, n'était absolument pas disposé à devenir père. Placé devant le fait accompli et un peu dépassé par ce qui lui arrive, il tente d'assumer au mieux sa paternité (…). Le futur papa a du mal à cacher ses appréhensions.
Le jour de la première échographie arrive.

- Denis : "Content ? Content de le voir à l'écran, oui… Mais qu'est-ce qu'on va faire après quand il va naître ? Je sais pas."

Ce soir, Bénédicte est venue apporter les clichés de l'échographie à Denis : un moyen pour elle d'impliquer un peu plus son amoureux dans sa grossesse (…). Bénédicte lui rend visite lorsque sa mère est absente : la jeune femme n'est plus la bienvenue à la maison depuis qu'elle a décidé de garder l'enfant.

- Bénédicte à Denis : "Je préfèrerais qu'elle soit moins sèche, moins froide. (…) De toutes façons, j'aurais jamais changé d'avis. Je pouvais pas. Et maintenant, je peux encore moins, là c'est clair. (…). C'est pas que je ne voulais pas écouter ton avis, mon cœur, c'est que c'est pas toi qui allais à l'hôpital (…)."

- Denis : "T'avais dit qu'il n'y avait que ta décision qui comptait, parce que c'est toi qui le portais."

- Bénédicte : "Moi, je vais t'emmener à l'hosto te faire charcuter et t'enlever le gosse que t'as (…). Vous le portez pas aussi, vous les hommes. Vous savez pas."

- Denis : "Ton père, il t'a soutenue aussi dans ta décision. Moi, ma mère, elle m'a pas soutenu."

- Bénédicte : "Je sais très bien qu'il y aura des difficultés après, je sais que ce ne sera pas facile, mais moi, je préfère ça plutôt que d'aller me faire avorter, voilà. Je trouve que l'avortement, c'est un truc trop facile "ah ben, j'suis enceinte, j'vais me faire avorter". Non mais attends, y'a pas une carte de fidélité avec l'hôpital… Avoue que si ta mère t'avait dit "t'inquiètes pas, on va t'aider, ça va aller", t'aurais pas paniqué comme ça…"

- Denis : "ben ça, c'est sûr…"

- Bénédicte, au journaliste : "faut garder espoir. De toutes façons, ça peut pas aller en s'empirant. A la limite, moi, c'est mon choix, il faut que je l'assume, quoi. Mais c'est pour Denis, je pense à lui, c'est lui qui le vit pas très très bien. (…) Je suis quand même assez fragile, et même si j'encaisse relativement bien, il y a des fois où c'est pas évident, donc j'espère que les clichés de l'échographie vont détendre un peu l'atmosphère. Parce que c'est pas super facile." (…)

- Denis : "J'étais vachement ému, quand même, de voir ça. (…) J'ai vu que j'allais être papa, quoi."

(On les voit discuter vivement tous les deux, quelque temps après).

- Bénédicte au journaliste : "J'ai tout le temps peur que petit à petit, il foute le camp."

- Denis : "je suis à bout…"

- Bénédicte à Denis : "Tu fais très bébé, je vais me retrouver avec deux bébés."

Bénédicte et Denis sont désemparés…

2ème volet : Bénédicte, enceinte de 4 mois 1/2 et Denis en direct, sur le plateau.

- Bénédicte : "J'aurais préféré que ça arrive plus tard, parce que ce n'est pas le moment idéal, je suis dans mes études. Mais au fond de moi, je pouvais pas avorter. Je me voyais pas aller à l'hôpital… (…) Pour moi, c'est un enfant de l'amour, même si c'était pas voulu. On va finir nos études. Moi, je passe mon bac après avoir accouché. Puis, je ferai peut-être un BTS par alternance. »

 



"Sa réaction ne correspondait pas à mes rêves, mais je l’ai gardé"

Vanina Michel, chanteuse et musicienne, égérie du groupe "Hair" dans les années 70.
" Comme on s’aime", sur France 2, du 11 juillet 2002

« Comme toute jeune femme, vous êtes élevée avec l’image que, le jour où vous annoncez à l’homme que vous aimez que vous avez un enfant, vous attendez qu’il vous prenne dans ses bras, qu’il vous fasse virevolter, comme on le voit dans les contes de fée, en disant "c’est le plus beau jour de ma vie".
Et bien, moi, je lui ai annoncé ça sur un quai de gare : il ne m’a pas pris dans ses bras, il ne m’a pas fait virevolter…
J’ai tout de suite dit : "attends, c’est pas grave, moi je suis ravie d’avoir un enfant avec toi, je ne te demande rien, je ne demande même pas de reconnaissance paternelle, je m’en occuperai, et au fil de la vie, vous trouverez votre relation, vous vous rencontrerez… Mais je ne veux rien demander, je ne veux rien abîmer de ta vie à toi… C’est un beau cadeau de la vie, il va être magnifique cet enfant…"
Et voilà, ça s’est passé comme ça…
»

 


 

 


"Pour moi, c’est une vie, j’ai refusé mordicus de l’interrompre"

Tatiana, " Ça se discute", "Peut-on sortir indemne d’un avortement ?", France 2, 30 janvier 2002

Tatiana, 27 ans, enceinte de 6 mois ½, a décidé de garder son enfant, en dépit d’une situation peu propice, et de fortes pressions pour qu’elle interrompe cette grossesse…

« Ma mère voulait que j’avorte. Des amis à elle m’ont même écrit pour essayer de me faire fléchir, parce que j’étais seule pour élever l’enfant.
J’ai résisté, parce que j’ai pensé à mon enfant, je sentais la vie en moi, il était hors de question que j’avorte. C’était pas prévu pourtant…. Le papa est marié, a déjà deux enfants. Je ne lui demanderai rien.
Dès le départ, je ne pouvais pas imaginer l’avortement. On a l’appendicite, c’est un mal. On va se faire soigner une dent, parce qu’on a mal. Mais pour l’avortement, c’est la vie qui est en nous, et c’est pour ça que pour moi, tout de suite, c’était une vie.

Je suis amoureuse de cet homme, alors se faire avorter de l’enfant d’un homme qu’on aime… Je suis pas contre les femmes qui avortent, mais je le conçois pas pour moi. Dès le début, ça a été une grande joie, c’est un enfant de l’amour…
La vie n’est de toutes façons pas simple…»

 


"J’étais tétanisée de garder cet enfant, mais aujourd’hui je suis ravie"

Marie-José, " Ça se discute", "Peut-on sortir indemne d’un avortement ?", France 2,
30 janvier 2002

Marie-José, 45 ans, mariée, mère de 4 enfants (24, 17, 11 et 2 ans) est tombée enceinte de sa dernière à 43 ans, et n’a pu avorter. Soulagée et paniquée tout à la fois, elle a gardé ce "bébé-surprise", et en est bien contente.

« - Marie-José : J’ai pensé à l’IVG, parce qu’au niveau financier, c’était pas possible d’avoir un 4ème, mais en fait, je voulais pas trop. Mon mari, lui, était pour l’IVG.
Je me suis rendue compte que j’étais enceinte à environ deux mois de grossesse. Mais entre les examens, les échographies, etc., le gynécologue n’a confirmé ma grossesse qu’un mois après. Là, je me suis effondrée dans son cabinet. J’ai essayé d’avorter à Paris, mais le médecin n’a pas voulu.
Mon mari a été très en colère, m’a menacée de divorcer, me soupçonnant d’avoir fait exprès. Impossible d’aller à l’étranger, c’était trop cher. Du coup, à la fin, j’ai décidé de le garder. Mais j’étais paniquée, j’ai même songé à me suicider.

Maintenant, c’est une belle petite fille. Elle a 2 ans, elle s’appelle Stéphanie. Je pense qu’elle a senti la tension à l’intérieur de mon ventre. Ma fille de 19 ans me disait : "mais tu te rends compte, tu tues un bébé, ça vit déjà dans ton ventre, tu lui parles…" A chaque fois, c’étaient des crises de larmes avec elle. Finalement, je suis bien contente d’avoir cette petite fille.

- Le mari de Marie-José : oui, c’est une petite fille formidable. J’accepte tout maintenant, mais à ce moment-là, on n’avait pas de sous, alors… »


"Juste avant mon départ, j’ai vu Mindy"

Loana, extrait de "Miette ", éd. Pauvert, 2001

« Sans argent, rien n’est facile. J’ai pu quand même trouver l’argent, et j’ai pris l’avion pour Madrid. Mais, juste avant mon départ, j’ai vu Mindy. A l’échographie. Une minuscule petite fille en moi. Une autre Loana. Elle et moi, c’était pareil. (…)

J’ai fini par aller en Espagne. La veille du départ, juste la veille, comme un signe, j’avais senti bouger mon bébé en moi. Un coup minuscule, pour la première fois, une sorte de choc sous-marin, tout au fond de mon ventre. La surprise m’a assise sur le lit, et je suis restée longtemps, une main posée contre ma peau, là où elle avait bougé. J’étais en train d’aimer Mindy. De l’aimer de toutes mes forces.

Je suis arrivée à Madrid, j’arpente les rues, mais je ne vois que la petite image bleue de Mindy. Les heures passent, je marche, j’ai rendez-vous dans une clinique.

Je n’ai pas pu. J’ai repris l’avion, avec Mindy. Trop tard, elle est là, c’est ma fille. Elle va venir au monde, je vais me débrouiller. »


"Le regard des autres, il ne faut pas en tenir compte"

Marie, La Croix, 12 décembre 1990

« Quand la gynécologue m'a dit " vous êtes enceinte ", j'ai ressenti un moment de bonheur. Le quart d'heure suivant, j'étais toute flagada, en train de me dire qu'il fallait planifier l'avortement. " Marie est professeur de philosophie ; elle avait, alors, 34 ans. " C'est l'âge auquel ma mère m'a eue ", précise-t-elle aujourd'hui, consciente du désir d'enfant intense qui l'habitait à ce moment.

Seule, sortant à, peine d'une longue histoire d'amour, elle avait eu une aventure. Un soir du Nouvel An. " Pour combler un sentiment d'abandon. "

Une histoire sans lendemain, croyait-elle… " Aussi, quand j'ai su, j'ai éprouvé un terrible sentiment de culpabilité, raconte-t-elle. Avais-je le droit de mettre au monde un enfant sans lui donner de père ? " et puis les parents prennent cette grossesse comme un drame. " Tu es irresponsable, on te paie le voyage aux Etats-Unis pour avorter ! " assènent-ils à Marie.

Rendez-vous est pris dans un hôpital parisien. Mais l'amie qui devait accompagner Marie renonce pour ne pas réveiller un souvenir personnel douloureux. " Si elle était venue, j'aurais avorté, reconnaît Marie, mais là, je me suis retrouvée face à moi-même, sans caution, et j'ai eu soudain envie de parler. "

Avec une psychothérapeute d'abord qui lui dit : " Si vous pensez que vous allez aimer cet enfant, vous pouvez le garder. " Puis avec l'association Grossesse Secours, qui ajoute : " Le regard des autres, il ne faut pas en tenir compte. " " Ca a fait tilt, raconte Marie, j'ai pu formuler mon désir, me détacher du reste. "

L'enfant est né, il y a un peu plus d'un an. Marie a déménagé. Et la vie va. Plutôt bien. »


"J’ai changé d’avis, je le garde"

Alice, Elle, 10 avril 2000

« Je ne veux pas de cet enfant ". Lorsque mon gynéco m'annonce que je vais être maman pour la seconde fois, je ne peux m'empêcher de réagir violemment. Il n'est pas question qu'un nouveau-né vienne troubler mon existence. J'ai un job dans l'immobilier qui me passionne, une jolie maison, un mari, ma Clara que j'adore, et nous faisons des voyages aux quatre coins du monde plusieurs fois par an. L'idée de replonger dans les petits pots et les couche-culottes me révulse. Je veux garder ma liberté, nos week-ends en amoureux et les grasses matinées qui vont avec. (…)

Une fois le rendez-vous pris à la clinique, je demande une journée de congé à mon employeur, une femme d'une cinquantaine d'années à qui je ressens le besoin de dire la vérité. (…) Après avoir écouté mes aveux, elle referme la porte derrière elle, et demande à la secrétaire de ne lui passer aucun appel. Pendant trois heures, nous allons parler de mon IVG, de la vie, de nos maris, des enfants (elle en a cinq). Nos relations étaient jusque là professionnelles, nous parlions éventuellement de nos vacances, de nos virées shopping, rien de plus. Là, je me laisse aller à plus de confidences sur ce que je pense être un manque d'instinct maternel. (…)

" Mon petit dernier a pointé son nez l'année de mes 40 ans. Alors vous, à 36 ans, il n'y a vraiment pas de quoi vous inquiéter ", conclut mon interlocutrice, tout en me rassurant sur mon avenir professionnel et en me proposant de prendre mon mercredi pour m'occuper des enfants. A ses yeux, la boucle est bouclée, je garde le bébé. Cette intrusion dans mon intimité est tempérée, je dois l'admettre, par beaucoup de chaleur, d'ouverture d'esprit et de compréhension. Cette conversation m'a-t'elle bouleversée ? Certainement plus que l'entretien psychologique obligatoire avant une IVG. Il aura duré à peine cinq minutes juste le temps de remplir un questionnaire.

La veille de l'avortement, impossible de trouver le sommeil, je ne pense qu'à ça. Inconsciemment, quelque chose me gêne, le doute s'installe légèrement. Est-ce de voir mon mari malheureux depuis que je lui ai annoncé que je ne mènerai pas cette grossesse à terme ? (…).

A 8h30, je me rends à la clinique. L'atmosphère est glaciale. Une infirmière aimable comme une porte de prison me dirige vers une chambre où deux femmes attendent leur tour. La panique me gagne, des frissons me parcourent le corps. On me demande de me déshabiller, de mettre une blouse, et de donner mon échographie. " Je ne l'ai pas sur moi, elle est à la maison. " Comment ai-je pu faire cet oubli ? " Allez la chercher, le médecin en a absolument besoin ", lâche l'infirmière. Par chance, j'habite juste en face de la clinique. En traversant la rue, je revois le visage de mon mari ; je pense à ma petite fille, qui ne se doute de rien. Maintenant, j'ai beau me creuser la tête pour trouver une vraie bonne raison de ne pas garder ce bébé, rien ne me vient à l'esprit. (…)

Sitôt le pas de notre maison franchie, je fonds en larmes et me rue sur le téléphone pour appeler Patrick : " J'ai changé d'avis, je le garde. " Je sens sa joie, je vois son sourire : " Chérie, c'est le plus beau cadeau que tu puisses me faire. En quittant la maison ce matin, je ne pouvais pas m'empêcher de pleurer. J'ai tellement espéré que tu changes d'avis ! " Le lendemain, au bureau, ma chef se dirige vers moi. " Alors ?" Je souris. " J'ai fait demi-tour. " Elle, triomphante : " J'en étais sûre. "

Aujourd'hui, le petit Jean a quatre mois. C'est, bien sûr, le plus beau bébé du monde et je suis la maman la plus heureuse. Je n'ai absolument aucun regret. (…) Et, une aventure en entraînant une autre, nous envisageons de nous installer en Amérique du Sud. »


"Aucune maladie ne sera jamais plus forte que mon amour pour lui…"

Fabienne, MAXI, février 2000

« Je n'avais rien vu d'aussi merveilleux…Sur l'échographie, la forme de son corps, de sa tête, ses petits mains serrées comme des poings fermés, et les battements de son cœur que j'entendais aussi nettement que s'il avait été tout contre moi, me faisaient monter les larmes aux yeux. J'étais enceinte de quatre mois, enceinte pour la première fois et, en découvrant mon fils sur l'écran de contrôle- nous avons appris ce jour-là que c'était un garçon-, je me suis sentie submergée par une immense vague d'amour. Près de moi, Olivier, mon mari, ne disait rien. Il fixait l'écran, bouche bée. J'ai cherché son regard, il m'a pris la main et nous nous sommes souris. Nous n'avions jamais été aussi heureux.

Les jours suivants, j'étais sur un nuage. A la maison, à la parfumerie où je travaillais comme vendeuse ou chez mes parents, tout me semblait un rêve, tout me paraissait beau. Jusqu'à ce que la semaine suivante, je sente une petite boule au niveau du sein droit.

Par acquis de conscience, je suis allée voir mon médecin. Il m'a auscultée, palpée, questionnée. " C'est sans doute un kyste, a-t-il diagnostiqué, rien de très grave. Vous devrez subir une petite opération ".

Tout de suite, j'ai pensé à mon enfant. J'étais inquiète pour lui, à cause de l'anesthésie : " Ne vous faites pas de soucis, m'a-t-il rassuré. Il s'endormira et se réveillera avec vous… ". Cependant, pour plus de précautions, il a tenu à ce que l'on me fasse une ponction pour analyses complémentaires. Puis, nous avons fixé ensemble la date de l'opération, au début du mois suivant.

Mais, entre-temps, il m'a téléphoné. Il voulait nous voir au plus vite, mon mari et moi. Il nous a reçus avec un air embarrassé et j'ai eu un mauvais pressentiment. Assis derrière son bureau, il n'y est pas allé par quatre chemins : l'analyse avait révélé la présence de cellules " malignes". En d'autres termes, je ne souffrais pas d'un kyste comme il l'avait tout d'abord pensé. Non, c'était beaucoup plus grave : j'avais un cancer, un cancer du sein droit… Bizarrement, à l'instant même où il nous a annoncé cette nouvelle, j'ai senti mon enfant bouger dans mon ventre… " Vous êtes enceinte de combien de mois ? " m'a demandé le médecin. " Bientôt cinq ", ai-je répondu en posant ma main sur mon ventre. Le regard du médecin s'est assombri : " Pour vous soigner, il va falloir songer à une interruption de grossesse, c'est indispensable… ".

Chaque fois qu'il bougeait, je me sentais plus forte

J'ai mis un temps pour comprendre. Puis, je me suis entendue répondre, presque machinalement : " Non, je refuse. Je veux garder mon enfant… ". Et sa voix, de nouveau, a retenti : " Comprenez…vous allez subir un traitement éprouvant. Une chimiothérapie. Des rayons. Tout ça provoque des dérèglements hormonaux, des risques de malformation pour votre bébé. Je vous assure, le mieux, pour vous, c'est l'interruption de grossesse… ".

Ce soir-là, à la maison, Olivier a fait tout ce qu'il pouvait pour me réconforter. Lui, tout ce qu'il voyait, c'était qu'il ne voulait pas me perdre, qu'entre moi et l'enfant, il n'hésiterait pas une seconde. Moi, je ne savais pas quoi lui répondre. J'ai revu l'image de mon fils sur l'échographie, cette silhouette toute frémissante qui ne demandait qu'à voir le jour, et je me suis mise à pleurer. " Tu sais, nous pourrons toujours avoir d'autres enfants… " m'a-t-il murmuré en me serrant fort dans ses bras. Moi, même si je le comprenais, je n'ai pas pu m'empêcher de sangloter : " J'en veux pas d'autres, moi, c'est lui que je veux ! ".

Le lendemain , Olivier m'a appelée de son bureau. Un de ses amis lui avait parlé d'un cancérologue réputé. Pourquoi ne pas aller le voir ? Nous n'avions rien à perdre ! J'avais le ventre noué quand je me suis installée avec Olivier dans son bureau, mais, tout de suite, son sourire, la douceur de sa voix m'ont rassurée. Il était spécialiste du cancer du sein. Mon dossier médical lui avait été transmis. " Il va falloir commencer votre traitement au plus vite. "Ma question a fusé : " Et mon bébé ? " Il m'a adressé un sourire. " Rien n'interdit que vous le gardiez pour l'instant… " Je lui ai répété ce que m'avait dit mon médecin. " Nous pourrons nous contenter pour l'instant de la chimiothérapie, a-t-il expliqué, pendant encore un mois et demi… Le temps que votre enfant se développe suffisamment et soit viable. C'est à ce moment-là que nous commencerons le traitement aux rayons… "

Je n'en croyais pas mes oreilles ! Ainsi, il y avait une chance… Je lui aurais sauté au cou pour l'embrasser ! Et je n'ai presque plus accordé d'importance à ce qu'il a ajouté : que je devrais peut-être subir une ablation du sein droit…

La semaine suivante, j'ai commencé la chimio. Les séances étaient longues, éprouvantes. Mais Olivier m'accompagnait le plus souvent. Et puis, il y avait mon fils. A chaque fois que je le sentais bouger dans mon ventre, je me sentais un peu plus forte. Quelques temps après la deuxième séance, j'ai commencé à perdre mes cheveux. Bien sûr, ça a été un choc, mais je supportais le traitement assez bien. La tumeur se réduisait peu à peu et mon médecin avait beaucoup d'espoir.

Seulement, au bout d'un mois, il m'a annoncée que la chimio ne faisait plus d'effet sur moi. Il fallait passer à l'étape suivante… J'en étais à sept mois de grossesse. L'accouchement devenait inévitable, et le médecin m'a informé que, hélas, j'allais devoir subir ensuite une ablation du sein droit. J'ai accouché par césarienne, avec anesthésie totale : la naissance de mon enfant, je n'ai pas pu la vivre. Mais Adrien est né…

Ma première question a été pour la sage-femme : " Il va comment ? (…) " Elle m'a souri : " Il se porte le mieux du monde ! " C'était tout ce que je voulais entendre. Maintenant, je pouvais subir cette mammectomie le cœur tranquille…

Voilà un an qu'Adrien est né, et c'est le plus beau des bébés…Je suis actuellement en rémission et j'ai confiance, même si une rechute est toujours possible. Le soir, quand je prends Adrien dans mes bras, je lui parle : " Tu ne peux pas savoir comme je suis heureuse que tu sois là, bien portant… Comme tu me donnes du courage et l'envie de me battre ! " Et il suffit que je le regarde, que je le sente tout contre moi, pour avoir la certitude absolue que rien ne pourra m'arriver. Non, aucune maladie ne sera jamais plus forte que mon amour pour lui…»


"Tout était contre moi (…) j’ai fait le choix déraisonnable !"

Blandine, Questions de Femmes, mars 2000

Blandine avait trente-cinq ans quand elle s'est retrouvée enceinte de Claude.

« Quand on me l'a annoncé, j'ai éclaté de rire. Enceinte, moi ? Impossible ! Médicalement incorrect : les médecins avaient été formels, j'avais un problème de trompes (…).

La grossesse confirmée, Blandine doit décider vite car les délais pour l'IVG sont presque atteints. "Tout était contre moi. Je vivais seule, je venais d'être licenciée de mon travail, mes parents habitaient à l'étranger et je menais une vie déréglée : sortie, copains, nuits blanches…

C'est d'ailleurs au cours d'une nuit torride et particulièrement arrosée que Claude a été conçu. Eh bien, j'ai fait le choix déraisonnable !" Du coup, elle se retrouve dans une situation embarrassante. (…)

En mettant fin à l'angoisse de la stérilité, cette grossesse impromptue termine aussi un rythme de vie échevelé et destructeur. "Je sentais que Claude allait donner un sens à ma vie. Je n'ai pas été déçue." (…)

Aujourd'hui, je réalise que j'ai fait quelque chose de fou ! Mais ça m'a donné l'énergie de ma battre. J'ai trouvé un travail à mi-temps, je mène une vie structurée, même si je continue à sortir de temps en temps, et mes voisines m'aident pour garder Claude. Au lieu de végéter dans mon coin, j'ai recréé une vie communautaire. »

 

" En dépit d’un cancer, j’ai décidé de garder mon enfant"

Claudia Cardinali, Monte San Vito (Italie), Zenit.org, 7 octobre 1999

« Enceinte de trois mois, j’ai appris que j’étais atteinte d’un cancer du placenta. Un cas sur 100 000. J’avais le choix entre me faire opérer immédiatement et perdre l’enfant ou poursuivre la grossesse au péril de ma vie. En accord avec mon mari, j’ai décidé de donner à l’enfant l’opportunité de vivre.

Le petit Diego est né au bout de sept mois de grossesse. Il est certes prématuré, mais en bonne santé. Nous avons vécu avec les médecins jour après jour jusqu’à la 28ème semaine. Je n’ai jamais pensé interrompre la grossesse. Je voulais sauver l’enfant et nous avons réussi. Les médecins ont expliqué qu’il était extrêmement rare qu’un fœtus survive dans le cas d’une tumeur au placenta car des complications graves surviennent en général. Or, non seulement, il est vivant, mais l’opération s’est très bien passée et je pourrai avoir d’autres enfants. »

 


JE L'AI GARDE ET JE SUIS MINEURE

"Je ne regrette rien, mais c'est pas facile tous les jours"

Iris, 17 ans, Lolie, janvier 2005

« C'est à l'occasion d'une banale prise de sang que l'on m'a dit que j'étais enceinte de trois mois. J'avais 16 ans. J'ai cru que le ciel me tombait dessus. Ma mère était présente et m'a regardée avec un air horrifié. Je prenais la pilule, mais il m'arrivait souvent de l'oublier. Et puis, comme j'avais encore quelques pertes, je ne me suis pas posé de questions. J'ai d'abord pensé aller en Angleterre me faire avorter car j'avais dépassé le délai légal en France. J'ai pesé le pour et le contre, discuté avec mes parents et mon petit copain et, finalement, décidé de le garder.

Quand Théo est né, c'était à la fois merveilleux et terrifiant. Son père m'avait quittée, je venais d'avoir 17 ans et je voulais rester une adolescente comme les autres. Pas vraiment compatible avec un nourrisson ! Entre les couches, les biberons, les réveils en pleine nuit, je me suis vite rendu compte que ma vie avait définitivement changé. Et moi aussi ! Ma mère ne travaillant pas, elle gardait mon fils pendant mes cours. Mais pour mes sorties entre copines, niet ! Je devais me débrouiller et trouver une baby-sitter.

Depuis trois ans, j'essaie de mener de front ma vie de mère et mes études. Ce n'est pas évident tous les jours, j'ai parfois envie de décompresser, de redevenir la jeune fille d'autrefois, mais je ne regrette rien. »

 

"Quand le bébé est là, c'est que du bonheur"

Cindy, 15 ans, "C'est mon choix", janvier 2004, "Quand l'amour est plus fort que la famille"

« Cindy s'est retrouvée enceinte à 15 ans. Coco, le papa, avec qui elle sortait depuis 3 mois, a insisté pour qu'elle le garde, mais quand le bébé est arrivé, il assumait nettement moins, sortant beaucoup, faisant la fête, s'occupant peu de son enfant.

- Cindy : A ce moment-là, j'aurais voulu pouvoir compter plus sur Coco. Maintenant, Jordane a 16 mois, ça se passe bien. Ca se passe très bien. On habite ensemble. C'est bien réglé, il n'y a pas de problème.

- Coco : Je ne sors plus tout seul, c'est fini tout ça.

- Cindy : On sort ensemble maintenant, Coco a changé ses fréquentations.

- Coco : Quand le bébé est là, c'est que du bonheur, c'est pas à regretter. »


"Tout le monde voulait que j'avorte"

Lynda, Libération, 24 juillet 2003

« (…) On avait 16 ans, c'est [Sébastien] qui a parlé en premier d'un bébé. Il voulait vivre sa vie avec moi, on pensait qu'on serait plus heureux en faisant une famille. Ma mère ne l'aimait pas, ils s'insultaient. (…) Je suis tombée enceinte, je l'ai dit en premier à Sébastien, il m'a serrée dans ses bras, on était heureux, on n'a jamais été aussi heureux que ce jour-là.

Pression dingue
Pour le début de ma grossesse, lui, il était en prison. Tout le monde était contre moi, le gynécologue qui m'a engueulée, ma mère, mes tantes, tout le monde voulait que j'avorte, elles étaient tout le temps sur moi, une pression dingue, je faisais des crises de nerfs. J'ai fait l'inscription pour l'IVG et je ne suis pas allée au rendez-vous, je voulais assumer cet enfant et l'avortement c'était tuer quelqu'un en moi, ça m'aurait détruite.

La vie avec ma mère n'était plus possible mais je n'arrivais pas à la quitter, c'est le juge qui m'a obligée à venir [dans un centre d’hébergement, à Brest] : il m'a dit que, si je ne faisais pas des efforts, on allait me retirer mon bébé, qu'avec le père on avait intérêt à arrêter nos conneries. Ici, je me suis posée, j'ai pris du recul. J'ai compris que ma mère vivait mal que je lui échappe, elle pensait que j'allais lui laisser mon enfant et qu'il allait confondre maman et mamy.
La mère de Sébastien a accouché quelques semaines avant moi.
A la naissance, tous ceux qui m'avaient tourné le dos sont revenus (…). J'ai eu besoin de fermer les portes, de vivre l'histoire avec ma fille. A la fin de la grossesse, je lui parlais beaucoup, je continue, je lui fais l'album de photos de sa vie. (…)

Dur et magique à la fois
Dans la rue, les gens me regardent de travers, (…) je leur dis juste : " Oui, c'est mon enfant et c'est ma vie." C'est dur d'être maman, il faut tout le temps être prête pour elle, quand elle pleure pour rien et que je suis fatiguée, alors là je souffre, je craque mais je le cache, il faut rester calme parce que l'enfant ressent tout. Mais le matin, tu la vois, elle te fait un grand sourire, tu oublies tout. Pour moi, le meilleur moment c'est le bain, tous les soirs à 19 heures, c'est un moment magique.

Je ferai tout pour que ma fille ne fasse pas les conneries que j'ai faites, je ferai très attention à ses fréquentations, je serai beaucoup plus sévère que ma mère : quand c'est non, c'est non. (…)
Je ne vois plus mes copines du collège, on n'a plus les mêmes centres d'intérêt, sortir en boîte, ça m'a intéressée, mais là ça ne m'intéresse plus.

Ce qui est dur ce n'est pas d'être adolescente et maman, c'est de ne pas être avec le père. J'étais trop jeune quand j'ai choisi le père, je ne suis pas tombée sur le bon. Si j'avais réfléchi à toute la longue vie qui nous attendait tous les trois, j'en aurais choisi un autre. Là, il va bientôt repartir en prison. Mais en même temps, si le père n'était pas Sébastien, Soraya serait une autre personne et c'est Soraya que j'aime.
».


 

"En sentant les coups de pied dans mon ventre, j’ai compris que je la garderai"

Florence, Le Figaro, 20 décembre 2002

« "Vers cinq mois de grossesse, j’ai senti les coups de pied dans mon ventre… J’ai compris que je la garderai." A 17 ans à peine, Florence, au physique d’adolescente, tient la main sur son ventre rond : "Quand je suis arrivée au foyer, je voulais accoucher sous X. Mais aujourd’hui, c’est fini, je suis heureuse : ma fille doit arriver dans trois semaines…"

Dans sa chambre, au premier étage du foyer Anjorrant, à Nantes, la sono est à fond, façon discothèque : une manière, selon la jeune future maman, de partager avec sa fille ses musiques préférées. Elle vient de réaménager sa chambre de fond en comble, déplaçant les placards -déjà remplis de vêtements d’enfants- et le bureau pour pouvoir mieux disposer le berceau à côté de son propre lit. Aujourd’hui, Amélie, le bébé à venir, est bien attendue. Même si l’histoire de sa mère n’est pas si simple…

Florence n’a connu sa propre mère que de loin en loin – "Elle m’a eue très jeune, elle aussi, mais ne voulait pas de moi : elle est partie avec un autre à la sortie de la maternité" – et a grandi entre foyers et familles d’accueil. (…)
Elle s’est aperçue qu’elle était enceinte quelques semaines après s’être séparée de son copain. "Il était violent, c’est ça son problème, et moi, on ne me bat pas", raconte-t-elle.
Mère à 17 ans ? "Je ne voulais pas d’enfant", assure-t-elle. Mais d’IVG, encore moins : "Tomber enceinte, c’est quand même un cadeau du ciel, non ?" Alors, au fil des semaines, au centre pour mineures Anjorrant, elle apprivoise cette grossesse imprévue. (…) "En tout cas, cette petite, on va la fêter !" se promet-elle. »

"Etre mère m’a fait mûrir et aidée à devenir responsable"

Anouk, 23 ans, La Croix, 21 février 2001

« Je me suis très vite aperçue que j’étais enceinte. Au départ, j’ai eu très peur. Mais je n’ai pas voulu refuser cet enfant : c’était une vie en moi. (…)
Le père de l’enfant ? Je le connaissais depuis trois mois et c’était un peu le coup de foudre. Je l’ai juste appelé pour lui dire que j’étais enceinte et j’ai rompu tout de suite avec lui (…), il n’avait que 16 ans, je ne voulais pas le perturber… De son côté, il n’a pas cherché à me rappeler (…).
J’en ai parlé d’abord à ma meilleure amie, et j’ai attendu trois mois avant d’en parler à ma sœur aînée, qui a prévenu mes parents, pensant me rendre service. J’aurais préféré les prévenir moi-même. Eux aussi ont eu très peur. (…)

Finalement, ma mère s’est consacrée à nous : elle s’est même arrêtée de travailler pendant trois mois pour s’occuper du bébé, le temps que je passe le bac. Mes frères et sœurs vivaient encore à la maison. C’était un peu l’enfant de toute la famille : c’est à la fois génial et trop. Je m’aperçois maintenant que mes parents se sont trop investis dans ma vie. Certes, ils ne m’ont pas mise à la porte, ils m’ont aidée financièrement. Mais (…) au début ma mère s’occupait plus que moi de mon enfant. (…)

J’étais un peu tiraillée entre mes examens et mon enfant. J’ai écourté mes études –même si je le regrette maintenant. Car vivre sous le même toit, c’était malsain et je ne voulais plus me sentir financièrement redevable. (…)

Etre mère m’a remis les pieds sur terre, m’a fait mûrir, m’a aidée à devenir responsable. Enfin, je pouvais faire quelque chose de bien et à fond. »

 

"Adrienne m’a donné une raison de vivre"

Carole, France Soir, janvier 2000

« J'ai rencontré mon futur mari, François, quand j'avais 15 ans. Nous sommes toujours ensemble. A 17 ans, je suis tombée enceinte. Lui voulait des enfants depuis toujours.

Moi, je n'aimais pas ça. Mais quand c'est arrivé, je l'ai accepté comme une fusion de l'amour. Il n'a jamais été question d'IVG.(…)

A trois mois de grossesse, j'ai attendu que ma grand-mère soit à la maison pour l'annoncer à ma mère, qui m'a eue à 17 ans.

Elle pensait que j'avais fait la même erreur et voulait que je me fasse avorter. J'ai refusé. Quand Adrienne est née, avec François, on a tout stoppé, sorties et autres. On se suffisait l'un à l'autre. Avant, j'avais une vie assez morose et je n'en attendais pas grand chose. Adrienne m'a donné une raison de vivre.

J'ai eu mon deuxième enfant, Mathias, à 19 ans. Six mois plus tard, j'ai repris mes études… Ce sont mes enfants qui m'ont donné envie de m'y remettre. Aujourd'hui, Adrienne a 16 ans.

J'ai, avec elle, les rapports excellents que je n'ai pas eus avec ma mère. Et, quand ses copines ont peur d'être enceintes, c'est moi qui les aide. Elles sont trop mal informées. Moi, personne ne m'avait aidée non plus. (…) »


"Aujourd’hui, je sais pourquoi je suis là"

Amélie, Nouvel Observateur, janvier 2000

« Quand j'ai annoncé à ma petite sœur que j'attendais un enfant, elle m'a répondu : " Une gamine de 16 ans, ça peut pas avoir de bébé ". Moi non plus, je n'y croyais pas, jusqu'au jour où j'ai senti quelque chose bouger dans mon ventre.

J'ai découvert que j'étais enceinte de 5 mois. Je n'ai rien vu venir, parce que j'avais encore des saignements. J'avais fait l'amour une seule fois sans précaution.

Le plus dur a été d'en parler à ma mère, j'avais l'impression de la trahir. Mon copain m'a quittée. J'ai dû assumer seule, mais je me sentais forte.

Avant, je ne m'aimais pas, je ne me trouvais pas jolie. Aujourd'hui, je sais pourquoi je suis là. J'ai repris les cours par correspondance, j'ai rencontré un homme un mois après la naissance de mon fils, c'est le père idéal. C'est incroyable le chemin que j'ai parcouru (…). »


"Le père de son enfant ne reviendra jamais"

Cyrielle, MAXI, mars 2000

« " Maman, tu m'as toujours dit que je pouvais te parler… Hé bien, j'ai un problème… Je crois que je suis enceinte ! "

Suzy accuse le coup… Certes, avec six enfants, elle s'attendait bien à devenir grand-mère un jour, mais quand même pas si vite, et surtout pas avec Cyrielle, sa petite dernière (16 ans) ! Mais elle reprend vite ses esprits : depuis toujours, elle s'est jurée d'épauler ses enfants en toutes circonstances et, plus que jamais, c'est le moment de tenir sa promesse.

Alors, Suzy sourit et, très doucement, dit à sa fille : " Réfléchis bien, ma chérie… Un enfant, c'est une responsabilité à vie… Mais si tu choisis de le garder, je serai là pour t'aider ! ". Suzy n'a pas besoin d'attendre la réponse de Cyrielle pour savoir : elle la connaît, sa petite. Et à la flamme qu'elle voit briller dans ses yeux, elle sait qu'elle sera bientôt grand-mère.

Presque huit mois ont passé. Cyrielle sait que le père de son enfant ne reviendra jamais. Il le lui a dit : elle n'était pour lui qu'une aventure de passage. Les voisins ne se sont pas gênés pour lui faire alors une réputation de fille facile… Mais Cyrielle s'en moque. Bientôt, elle sera maman ! (…)

[Après la naissance]

Suzy apprend à sa Cyrielle tout ce que doit savoir une bonne mère : " Elle avait fait beaucoup de baby sitting mais, j'en sais quelque chose, avoir un bébé à temps plein, c'est un autre travail ! Alors, jour après jour, je lui ai montré comment changer les couches, comment préparer le lait " premier âge ", ou comment tenir la tête de Sandy pendant le bain… " Et Cyrielle apprend vite ! Malgré son jeune âge, elle se lève la nuit pour consoler sa fille, lui donne le biberon et l'emmène en promenade tous les jours…(…)

A sept mois, à gazouiller toute la journée et faire des sourires à tout le monde, Sandy est le soleil qui illumine toute la maison ! Et qu'importe s'il a fallu trouver un appartement plus grand pour qu'elle ait sa chambre… Au moins, Susy a la chance de voir grandir sa petite fille ! Bien sûr, elle sait aussi qu'un jour elle quittera la maison, parce qu'il faudra bien que Cyrielle mène sa propre vie. »


"Si je continue mes études, c'est pour lui"

Claire, Le Monde, décembre 2000

« Stéphanie, 17 ans, Marie, 1 an : les photos de sa fille ont envahi son cahier de textes de lycéenne. Interne, Stéphanie ne voit Marie que les week-ends, lorsqu'elle rentre chez sa mère. Elles dorment dans la même chambre, et pendant les siestes de Marie, Stéphanie fait ses devoirs. " Le lundi matin, elle ne veut jamais me regarder partir. C'est dur d'en être séparée la semaine. Je l'appelle tous les deux jours. Au lycée, mes copines me demandent toujours de ses nouvelles". Elève en première SMS (sciences médico-sociales), Stéphanie se dit "heureuse". Dès qu'elle parle de sa fille, son visage rayonne. "L'arrivée de Marie m'a apporté beaucoup de bonheur. L'amour que je n'ai pas eu, je vais lui donner. "

Ballottée entre sa belle-mère et sa mère, Stéphanie garde un souvenir assez douloureux de son enfance. Sa grossesse, "c'est un accident", assure-t-elle. "J'étais en seconde. C'était mon premier petit ami sérieux. Je prenais la pilule, je devais faire renouveler mon ordonnance, mais je n'y suis pas allée tout de suite. Mes règles ne sont pas revenues. Alors je me suis rendue au Planning Familial. J'étais enceinte de 7 semaines. J'ai fondu en larmes. Je l'ai dit à ma belle-mère, ça a été un choc. Mon père, lui, m'a dit : "Si tu veux le garder, tu le gardes, on s'en occupera, l'important, c'est d'éviter les regrets". Ma mère, elle, ne voulait pas que je le garde et m'a donné une claque. Moi, je ne voulais pas faire partir le bébé" raconte-t-elle.

"Pendant ma grossesse, les gens me regardaient bizarrement, être enceinte à 15 ans et demi, ça choque. Mais je m'en moquais." Stéphanie aurait voulu que sa mère soit présente à l'accouchement, mais finalement, celle-ci n'a accepté de voir l'enfant que dix mois plus tard.

L'arrivée de Marie a perturbé la vie familiale. "Ma belle-mère était jalouse de Marie. Elle a fini par se séparer de mon père. Finalement, ma mère m'a dit : Reviens, mais va à l'école. Mon père, je ne le vois plus. Désormais, je suis proche de ma mère. Son comportement a changé. Avant, on s'entendait pas du tout, maintenant on est copines" se réjouit-elle.

Son copain, qui ne se sentait "pas prêt" pour assumer son rôle de père, est finalement "content". A 19 ans, il prépare un baccalauréat professionnel et aimerait bien se marier avec Stéphanie. "L'arrivée de Marie nous a rapprochés. On a des responsabilités, on parle tout le temps de notre fille. On se dit que quand elle ira à l'école, ses parents seront encore à l'école ! "

Stéphanie voudrait devenir infirmière. En classe, elle est "plus sérieuse qu'avant, plus motivée". "C'est pour élever ma fille que je fais des études. Je me sens plus mature, plus adulte que les autres élèves. Je n'aurais jamais imaginé être maman à mon âge, mais je ne regrette rien, je trouve que c'est une bonne expérience. Et puis, je me sens mieux dans ma peau". »


"Je voulais un enfant depuis l’âge de 14 ans"

Laure, Nouvel Observateur, janvier 2000 (Retrouvez Laure en ligne)

« Je voulais un enfant depuis l'âge de 14 ans. J'ai rencontré Christophe à l'hôpital. Il était là pour la même raison que moi : une tentative de suicide. On a fait l'amour et je suis tombée enceinte à 17 ans.

Quand je l'ai su, je me suis demandé un quart de seconde comment j'allais assumer ce bébé, mais j'étais folle de joie. Lui m'a dit : "Bon, on va se débrouiller". Puis, il a flippé. Sa mère et lui m'ont demandé d'avorter. Pas question. Moi qui n'avais plus envie de vivre, je me suis mise à péter la forme du jour au lendemain.

Mon fils Enzo m'a donné la foi pour m'accrocher et reprendre les études. Ce que je ne supporte plus, c'est le regard des passants dans la rue. On vit dans une société qui n'accepte pas les différences, comme si on n'avait pas le droit de donner la vie sous prétexte qu'on est jeune. Moi, je suis fière d'avoir un enfant (…) »


"A 13 ans et demi, l’enfant on l’aime autant !"

Virginie, 18 ans, 3 enfants, "C'est mon choix", novembre 2000

« - Catherine : Je veux bien que ça se passe bien mais je pense que, à 13 ans, ça doit pas être quand même tout rose, très facile et je pense qu'à 13 ans et demi, on n'appréhende pas l'arrivée d'un enfant comme on pourrait l'appréhender à 20, 25 ans.

- Virginie : Si, l'enfant on l'aime autant !

- Catherine : Ah, oui, au point de vue amour, bien sûr ! Mais, bon, sauf cas vraiment extrême, on n'a quand même pas la maturité à 13 ans, qu'on peut avoir à 25 ans ou même à 20 ans.

- Virginie : Vous savez, il y a des femmes de 25 ans, des fois, je les vois, elles ne sont pas très mûres non plus ! (…)

Il y a des femmes de 25 ans qui ne seraient pas capables de s'occuper d'enfants, comme moi je m'occupe des miens. (…)

- Personne du public : Pour vous, personnellement, c'est dommage de ne pas vous construire vous-même, de ne pas vivre que pour vous. Vous avez déjà la charge, la responsabilité de petits bonshommes. C'est trop dur, enfin, je pense que c'est beaucoup trop de responsabilités quand on est jeune.

- Virginie: Je ne sais pas. Je les aime tellement, j'ai tellement l'habitude de m'en occuper que si je m'occupais que de moi, je me sentirais égoïste !

- Personne du public : C'est merveilleux, bravo ! (…)

- Présentatrice : Virginie, vous, vous êtes enceinte de 4 mois, c'est ça ? Quel message vous auriez envie d'adresser au petit troisième… ou à la petite troisième, on ne sait pas !

- Virginie : Que je vais l'aimer autant que les premiers et lui donner tout mon amour ! »

 

"Avorter ? C'était hors de question !"

Morgane, Maxi n°715, juillet 2000 : "Grossesse pas avouée, pardonnée !"

« Comment annoncer une chose pareille ? Comment dire la vérité à mes parents, ou même à Thierry, mon petit copain ? Il l'aurait fallu, pourtant, mais c'était tellement compliqué, tellement difficile, tellement impossible… Alors j'ai choisi de taire à tous ces gens que j'aimais ce qui m'arrivait : j'étais enceinte ! (…) J'avais à peine 18 ans ; j'étais en classe de seconde ; j'avais peur… Avorter ? C'était hors de question ! Cet enfant, maintenant qu'il était dans mon ventre, je voulais le garder, à ma façon, en secret…

Souvent, je me suis dit : "allez, cette fois, j'en parle à Thierry" ; mais, à chaque fois que je me trouvais en face de lui, je remettais toujours au lendemain… Et de lendemain en lendemain, trois mois ont passé… Jusqu'à ce soir de décembre où je me suis jetée à l'eau. La semaine suivante, Thierry devait partir au service militaire, il fallait qu'il sache qu'il allait être papa ! Sa réaction m'a fait chaud au cœur : "Je ne te laisserai pas tomber" m'a-t-il répondu.
J'étais heureuse, très heureuse, et, il faut bien le dire, un peu rassurée aussi. Pourtant, en parler à mes parents me semblait toujours trop difficile, impossible. (…)

Alors, pendant [des] mois, j'ai utilisé toutes les ruses imaginables pour cacher mon état : viser l'entrée de la salle de bains au moment précis où tout le monde serait au lit, ne plus venir prendre le petit-déjeuner en chemise de nuit, troquer mes éternels jeans et tee-shirts pour des vêtements amples… (…)

Et puis il y a eu ce soir, vers 23 heures. Mes parents étaient couchés ; moi, je regardais la télévision dans le salon. De violentes douleurs ont commencé à me tenailler le ventre : les premières contractions ! Ma mère a dû avoir un pressentiment, car elle s'est relevée pour venir me voir. Elle m'a regardée, s'est accroupie près de moi et m'a demandé : "Ca ne va pas ? Tu es enceinte, c'est ça ?" J'ai fait oui de la tête… (…)

Quelques heures plus tard, Tanguy venait au monde. Durant tout l'accouchement, ma mère est restée à mon côté. Quant à Thierry, il a eu une permission et il est arrivé à la maternité dans l'après-midi, un énorme bouquet de fleurs dans la main gauche et une tétine dans la main droite ! Il a regardé Tanguy, puis il s'est assis sur mon lit. Nous nous sommes pris la main et avons pleuré.

Aujourd'hui, Tanguy a un an et demi, Thierry travaille dans une agence immobilière et moi, je vais me réinscrire au lycée pour passer mon bac… Je crois pouvoir dire que nous sommes heureux tous les trois, et ça, c'est impossible de le cacher… »